vendredi 31 octobre 2014

Écrire juste pour rire



Tôt le matin, Gros Méo et moi arpentons les ruelles de la petite ville d’Amos. Premièrement pour soulager nos besoins (!). Gros Méo, vous l’aurez deviné, est un chien. Alors… En ce qui me concerne, je vise à soulager le besoin d’avoir à ramasser « le besoin » de Gros Méo en pleine rue. Vous comprenez?
 
Un peu incommodante cette vie citadine. Pour cela en tout cas. Grosse différence aussi de garder un chien à l’intérieur plutôt qu’à l’extérieur. Surtout l’automne. Surtout un Vieux Gros Méo à poils longs, de type vadrouille-vadrouillant-le-dehors-pour-mieux-me-faire-vadrouiller-le-dedans...



Adaptation à un nouveau milieu… Ça prend tout son sens…

Mais je ne déblatèrerai pas sur toute une page 8 ½ X 11 sur ces incontournables réalités de propriétaire de chien. Je veux plutôt vous écrire un peu de ce que j’entends, de ce que je vois, pendant ces marches matinales.

Intéressant!

« … Comme dans cette maison sur la 4ième Avenue où des notes jouées sur un orgue se faufilent parfois par les interstices de la vieille demeure jusqu’à nous, au moment même où on passe à côté…

… Comme ce Monsieur que nous surprenons parfois à quitter "le derrière" de la résidence des Petites Soeurs en avant-midi… Je ne juge rien… J’observe…

… Comme cette Dame qui me surveille sournoisement du coin de son rideau pour s’assurer que je ne dépose pas l’inélégant petit sac noir en plastique dans son élégant bac vert olive… Tout le contraire de cet Homme qui, du haut de sa maison orange, m’a autorisée, LUI, à utiliser son pratique bac vert… Gentil Messieu…»

Quand enfin nous nous décidons à quitter nos ruelles pour remonter la Première Avenue, il y a aussi tous ces gens rencontrés au fil des coins de rues avec qui nous nous arrêtons pour jaser, pour échanger un sourire ou simplement un salut. Parfois deux trois fois… Ça me rappelle... Quand mes Grands étaient Petits… Ils s’impatientaient… 

« On y vas-tu là? »

Gros Méo tant qu’à lui, demeure stoïque, attendant sagement la suite de notre balade… Une caresse et sa récompense… 

Ainsi va Sa vie…


« T’en viens-tu là?... », Amos, octobre 2014

mardi 28 octobre 2014

Ai-je à dire?...



Oui… J’ai entendu une cliente du « Signet » ce midi, clamer qu’il « mouillait depuis le printemps »! Le pire c’est que ça semble vrai…
 
Ouin… Encourageant…

Ah oui… Pis j’ai classé pour la première fois, des bouquins (des biographies plein-plein pour mon Jeune Frérot…), pis des histoires vécues, de A à Z. J’ai adoré. Je pense déjà à augmenter mes présences à deux fois par semaine. 

« Fitzsou, la petite libraire »… Ça sonne bien, non?...

Sous la pluie, j’ai récupéré à l’entrepôt, un autre bac de déco de Noël et un de souvenirs de « bébé »… Ciel que j’ai de la misère à jeter, donner, récupérer! Je termine mes tâches avec presque autant de trucs qu’avant de débuter le travail. 

« Concentre-toi Fitzsou, ne garde que l’ESSENTIEL… » que je me répète sans relâche…

Pour terminer, bien sûr, je n’ai pas oublié Papa Fitzsou. Lui non plus m’a-t-il semblé, ne m’avait pas oubliée! 

« Oh! Tu es revenue? »

J’ai failli fondre sur place…

Pour le reste, que bla-bla. Sauf que, sauf que… J’ai reçu un gratin de fruits de mer très tôt ce matin de Tendre So… Merci tellement! Et puis je suis passée rapidement embrasser ma Bonne Amie G au CLSC. Là-bas, je ne peux m’attarder, travail oblige. Alors ce ne sera que partie remise…

Me voilà l’esprit et l’estomac remplis pour le reste de la soirée… 

Chanceuse que je suis!
"Le Signet", Amos, octobre pluvieux, 2014


lundi 27 octobre 2014

Se contenter de peu



ou quand un rien nous contente… Leçon de vie…
 
«  J’étais là, assise devant Papa Fitzsou. Ce n’était pas une bonne journée pour lui. À mon arrivée, ses yeux étaient éteints, presque tristes. Son sourire semblait s’être envolé vers un ailleurs que lui seul connaissait. Allez savoir où, dans quels étranges et lointains méandres de son cerveau…

Il disait avoir mal à la gorge. Il faisait de drôles de bruits comme si la nausée allait le submerger. On fit quelques allers-retours, entre sa chambre et le salon, pour finir par nous poser dans « son » appartement pour le dîner. 

J’allai chercher son cabaret après qu’il m’eut affirmé qu’il filait mieux. Installé sur le bout de sa chaise, il plongea sa cuillère dans le bol de potage. 
« C’est à quoi Papa, ta soupe? »

« Crème de champignons. »

« C’est drôle, on dirait que ça ressemble plus à une crème de céleri. »

« Oui, une crème de céleri. Hey que c’est bon! »

« T’avais faim? »

« J’avais faim pis je l’savais pas. »

« Tant mieux… »

À la crème de champignons-céleri succédèrent des œufs brouillés et une crêpe mouillée. Même lente dégustation. Chaque bouchée était savourée comme si un Chef avait cuisiné spécialement pour lui. Arriva le moment du dessert : des pêches en morceaux dans le sirop. Je lui refilai la petite cuillère. Première bouchée : il ferma les yeux.

Deuxième bouchée : « Hum que c’est bon! »

Troisième bouchée : un large sourire étira ses lèvres, ses yeux se remirent à briller.

« Tu aimes ça? »

« Si j’aime ça?… C’est bon, c’est bon… Ça fait du bien… »

Et je suis restée là, à le regarder plonger sa cuillère parmi les pêches dissimulées dans ce petit bol de plastique gris qui ne payait pas de mine. Il était heureux, ça se voyait, ça se sentait.

Alors je me suis dit, comme dans la chanson*,  qu’il lui en fallait maintenant peu pour être heureux, vraiment très peu, et qu’il savait se satisfaire du nécessaire… 

Merci pour la leçon, Papa Fitzsou!... »

*Le livre de la jungle

Livre de la jungle (french) Il en faut peu pour être heureux

samedi 25 octobre 2014

Faire le premier pas



J’ai bien fait rire mon Tendre Neveu et mon Énergique Filleule lorsque j’ai fait allusion à mon désir de devenir nomade. 
 
« Être nomade c’est… »

« Je sais très bien ce que signifie le mot nomade » de me répondre du tac au tac mon ÉF du haut de ses dix ans.

« Ah oui, euh bon, bien sûr que tu sais… Alors, qu’en penses-tu? »

« C’est toi qui le sait… »

Oui, encore là, bien sûr que c’est moi qui DEVRAIT le savoir! Débuta alors un long palabre sur le comment je voyais ça et surtout, sur ce que j’aurais à faire pour y parvenir. J’expliquai comment je comptais alléger ma vie de tous ces trucs matériels qui l’encombraient, et qui de ce fait, congestionnaient également l’entrepôt qui avait grandement besoin de respirer un peu…

Pour finir de m’en convaincre, dès le lendemain, j’étais dans l’espace contenant ma vie antérieure et je remuais meubles et boîtes, d’un bord à l’autre, espérant du coup, que quelques-uns disparaîtraient comme par enchantement.

Ça a marché… En partie… Mais j’ai dû faire appel à mon Jeune Frérot pour avoir son aide. Deux voyages de Petit Escape plus tard, je pouvais entrevoir la profondeur de mon désir

J’extirpai entre autres, une bonne dizaine de boîtes de bouquins que j'apportai à une boutique de livres usagés ayant pignon sur la première avenue. « Le Signet » que ça s’appelle. J’y ai fait la connaissance de Mme Marie-Claire. Super sympathique. Je lui ai déballé la dernière partie de ma vie en même temps qu'elle triait les livres qu'elle voulait conserver. À la fin, comme je l’avais envisagé, je lui ai offert de venir faire du bénévolat une demi-journée par semaine.


« Quand vous voudrez. Sauf les lundis et les dimanches. À partir de dix heures. » me répondit-elle.


« À mardi alors! » lui dis-je d’emblée.

Et voilà! C’est comme ça! C’est vraiment ce que j’appelle « changer de livres …et non seulement, tourner la page… »  ;-)

"Faire le premier pas", Amos, octobre 2014

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