lundi 31 mars 2014

Le nez dedans…



Le ciel un peu maussade en début de journée, s’était ravisé et s’était éteint en toute bleuté. Au bureau, ça avait été. Correct, sans plus. Les tonnes de notes « à faire » parsemaient l’espace que j’avais envahi, le temps de prendre une pause de « bouchons », espèces de petits trucs en caoutchouc, qu’en temps de « guerre », je glisse subrepticement tous les matins, dans mes conduits auditifs pour me couper des éclats de voix ambiants.
 
Il faut ce qu’il faut pour s’isoler un brin!...

Lorsque seize heures arriva, sans me presser je revêtis le Quartz Nature marine qui me rappela que ça ne pouvait qu’être son dernier hiver. Il méritait une retraite. Après cinq ans, l’usure avait surpris le temps… 

Arrivée à la maison, je déroulai le tapis caoutchouté d’un beau rose fuchsia, et vêtue d’un pantalon extensible et d’un chandail MEC 100-%-recyclé-polyester-orangé, je débutai l’exorcisme des tensions de la journée. 

La musique allait bon train, les exercices se succédaient dans l’ordre et le désordre jusqu’à ce que je me retrouve dans la posture de l’enfant, le nez dans le tapis, sur les notes de « Rêverie » de Michaël Goldberg. 

… Je suis partie… Je me suis retrouvée le nez dans les fleurs du champ à Jolin, un vent d’été sifflant dans le sous-bois bordant la rivière Harricana. Le vieux bâtiment montait la garde au bout du chemin de terre battue, et l’unique bouleau, planté fier et droit, au beau milieu de la côte, veillait au grain... J’ai marché le long du bois, avec un Méo sautant comme une gazelle par-dessus les épis ployant sous le zéphyr…

L’atterrissage s’est fait tout en douceur. Je suis revenue à moi, et me suis posée sur le seul rayon de soleil qui sans gêne, pendant ce temps, avait pénétré dans mon salon...

"Le temps d'un soupir", St-Mathieu d'Harricana, juin 2009

dimanche 30 mars 2014

Me repends…



Le Nunavik est la plus déboussolante région ensoleillée que j’ai pu connaître à vie. Je ne sais pas ce qu’elle a mangé cet hiver, mais le beau temps ne nous lâche pas. Probablement qu’elle cherche ainsi à nous rallier, nous faire sentir les plus chanceux, les plus importants.

Ça marcheAlors ce matin j’ai le goût de lui écrire…

«… Ok, ok, ça va Nunavik. J’ai compris. Je vais délaisser mon petit nombril le temps de voir partir Mars, et vais me recentrer sur le tien, ton ventre au cœur de pierres précieuses, envié par tant de gens inconscients de ta véritable beauté. J’irai admirer la blancheur que tu as à offrir, me faire fouetter les sangs par ta froidure de printemps absent.

Je glisserai jusqu’à toi, mes sombres sentiments et laisserai voir le jour à cette lueur qui brille dans ton ciel, lui permettrai de toucher mon esprit, de bercer mes désirs inassouvis, d’ébranler mes rêves secrets qui tardent à se réaliser.

Je m’abandonnerai à ta rigueur. J’admirerai la grandiose étendue de ta rivière serpentine, exposerai mon visage ridé à ta chaleur vive et bien réelle que tu peux en ce temps, malgré tout, dégager.

Merci Nunavik d’être ce que tu es, fraîche et belle, transparente et hallucinante. 

Merci d’avoir permis un jour que je laisse mes traces sur ton corps pétrifié… »

"Traces de moi", Kuujjuaq, 30 mars 2014

samedi 29 mars 2014

Frapper le mur…



… du manque d’inspiration… Depuis des jours, ça me tourmente, me hante, me désenchante… et je me répète tout bas :
 
 « La compétence coûte cher, mais l’incompétence coûte encore plus cher! » Je ne crois pas déjà avoir utilisé cette maxime. Si oui, je ne me gêne pas pour la réutiliser. J’en ai bavé toute la semaine de celle-là… 

Tout s’enchaîne, se déchaîne. Si je déchante, je ne suis pas inspirée. Si je ne suis pas inspirée, je n’écris pas. Si je n’écris pas, je ne mets pas de lien sur FB. Si je ne mets pas de lien sur FB, je n’ai pas de commentaires… sur FB. Si je n’ai pas de commentaires sur FB, j’en ai encore moins dans ma boîte de messagerie. 

Ni de FB, ni du Factotum qui n’a pas à me corriger puisque je n’ai rien publié…

Et je recommence…

Je perds tranquillement le goût d’ouvrir ce gentil portable qui me tient compagnie depuis mon arrivée au Nunavik. Comme si j’avais déjà tout raconté, tout vu, tout dit. Comme si j’en étais arrivée à ce point où je n’ai plus la chanson du Nord qui coule dans mes veines mais bien un Nord qui me désillusionne...

Un Nord? Non, à bien y penser, il n’a rien à se reprocher ce Nord. C’est plutôt…

Ouin… c’est plutôt ça…

Peut-être qu’à force d’avoir trop longtemps le nez dedans, ça tourne, comme en politique, et on finit par trouver que ça ne sent pas trop bon… 


Mais bon…
« Quand tout nous paraît une montagne », Kangiqsujuaq, mars 2014

mardi 25 mars 2014

Indubitablement, ça aide!



J’ai eu une journée épouvantable! À la pause de l’après-midi, j’avais la vague impression d’avoir couru un demi-marathon tant j’avais dû travailler sous pression.
 
Pression d'un pair subissant la pression de pairs… Histoire sans fin…

Très tôt, j’avais conditionné mon cerveau que la journée se terminerait au gym. Loin de rechigner, je crois qu’il y fut avant moi. Il ressentait ce besoin pressant de sa dose d’hormones apaisantes pour clore une fois pour toutes, les dernières heures mardiques

Même routine : j’ai enfourché le vélo, celui tourné vers la fenêtre donnant sur le stationnement du forum, mais aussi orienté sur la foutue télé que je n’ai jamais réussi à mettre en marche… 

Comme de raison…

Puis je suis allée me secouer sur le tapis, d’la musique plein la tête, les pas cadencés, en équilibre extatique. Une fois rendue à la « maison »* de Phillip Phillips, je n’ai pu me résoudre à la couper en deux donc j’ai couru jusqu’au bout. Résultat : 23 minutes franches de jogging en ligne!!!

Je me surpasse surprend moi-même! Le pire, ce sont les 7 premières minutes. Après ça, je « fly » dans un autre monde. Je vous le dis, essayez-le pour voir. Vous m’en direz des nouvelles.

D’un coup après ça, je deviendrais votre ange de motivation à faire partie d’un même groupe s’entraînant à distance, sans jamais trop savoir qui fait quoi-quand ni qui s’habille comment-pourquoi**… 

Ça serait pas plaisant ça rien qu’un peu!!!...

* « Home », Phillip Phillips
** allusion sarcastique envers ceux qui s’entraînent « griffés », mec moi je ne suis pas comme ça...

"Ciel Nordique et pattes d'inukshuk", Kuujjuaq, mars 2014

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Angélique, perfectionniste- approximative, douce mais impatiente...

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