mercredi 8 janvier 2014

Les jours s'allongent

Les jours s’allongent

« … Quinze heures quinze (tiens, tiens, quelqu’un doit penser à moi!!!...) et le ciel est encore habillé de pourpre. Quelle beauté! L’extérieur semble figé comme sur une carte postale. Aucun souffle de vent ne vient dépeigner les brins de foin gelés. Même les épinettes rachitiques se montrent sous leur plus beau jour, entourées des mélèzes givrés.

Accalmie d’une fin de dimanche après-midi…

Il me semble toujours que l’hiver n’en finira plus de s’éprendre de nous et de nous garder captif dans son oisiveté… »

N’importe quoi…

En fait, au moment où je reprends ces lignes, la nuit de ce mardi est déjà parfaitement étendue sur Kuujjuaq. Il est 16 :16 (tiens, tiens, quelqu’un doit « encore » penser à moi!!!...). Si je traîne encore la patte au bureau, c’est que ce soir je serai en sevrage d’ordinateur. Quand vous lirez ces lignes, ma désintoxication en sera déjà à plus de quinze heures…

Je ne devrais plus trembler… (!)

Petit ordi fait des siennes depuis des semaines. Même un disque dur n’est pas venu à bout de sa tête dure. Faut le faire (ou le vivre !!!) Il boude tous ports USB. Sauf celui des billets de l’Ange.

Y aurait-il un sort jeté sur ce dernier?...

Bref, je lance ces lignes un peu trop rapidement à mon goût. Mais la dernière nuit d’insomnie (ciel que j’ai hâte de comprendre ce qui se passe dans mon cerveau pour se laisser ainsi malmener par des tourments pourtant inexistants) m’incite à retrouver mon chez-nous au plus vite.

Ce soir, ce sera tricot, lecture et peut-être, écoute d’un bon film.

L’écriture elle, attendra au lendemain…

mardi 7 janvier 2014

J’aurais aimé l’écrire



Lu dans LaPresse un moment donné, rubrique « Livres »:
 
« Le plus petit baiser jamais recensé » de MathiasMalzier.

Sans avoir lu ce livre, le titre m’inspire. Jusqu’à imaginer

« … C’était un beau dimanche matin d’un décembre frisquet. Elle vivait depuis longtemps, solitaire, dans un petit village éloigné d’un Nord ayant pris racine sur un vaste territoire.

Elle attendait, sans attendre, une visite impromptue qui couperait un court instant, cet isolement qu’elle pouvait parfois tailler au couteau. Son cœur battait au rythme régulier des jours de congé. 

Sans s’affoler. 

Elle respirait le moment présent, sans plus ni moins… Tout à coup, un gling-glang caractéristique de pas dans l’escalier de métal, la fit sursauter…

Arrivée de l’Étranger. Salutations d’usage. Accueil dans les règles. Invite à prendre un café. Noir, sans sucre… 

S’ensuivit une jase à bâtons rompus, décousus, à sens unique et sans but précis. Dans un court laps de temps, tout fut bouclé, et le silence chercha subrepticement à s’imposer dans les interstices laissés libres.

Il fallait effacer le moment, poursuivre de part et d’autre des routes divergentes, de toute façon. Depuis le début. Avec une foule de non-dits, dimanche repris sa route sans égard, sans regard devant ni derrière.

Il y eut un plein cartable de feuilles d’histoire éparses à tourner d’un seul et même coup. Ce qui fut fait, sans grâce ni aménité. Sans joie, avec un peu de peine…

Dans un dernier élan troublant, ressentant fortement l’absente tendresse et dans une supplique à peine mitigée, la femme quémanda à l’homme un baiser. Elle le reçut comme il fut donné, du bout des lèvres. Dénudé d’émotions…

Ça en était trop pour elle. Dans un dernier soubresaut, elle réclama un câlin, qu’elle récolta comme un adieu silencieux. 

Ainsi va la vie… »

Ouep! J’aurais vraiment aimé écrire quelque chose du genre…
 photo: "Snow Angel", Kuujjuaq, janvier 2014

lundi 6 janvier 2014

Cinq bouteilles à la rivière



Elles étaient Quatre, attendant patiemment « la » cinquième afin de pouvoir penser en finir avec ce défi lancé en l’air un beau matin de mars. Non qu’elles en pressaient, juste qu’elles s’ennuyaient… 

Un peu…
 
Elles avaient brûlé leur chandelle par les deux bouts, le temps que la dernière se pointe. Mais ce soir-là, un semblant d’ère de changement, se montrait le bout du nez, en même temps que la nouvelle année. 

L’espoir planait…

Les années n’avaient pas été que corvées. Elles avaient oscillé entre la fierté du devoir accompli et bien fait, et cette pénible impression d’interminable attente d’un « on-ne-savait-quoi » qui n’était finalement, jamais vraiment venu.

Ça, les « Quatre » le savaient…

En cette veille du Jour de l’An, elles avaient, cérémonieusement, pris place sur la table du salon. Le téléviseur diffusait la revue populaire de l’année, en même temps que l’Occupante des lieux, elle, mijotait celle à peine passée et l’autre à venir.

Dans ses yeux brillaient un semblant de p’tit bonheur. Une certaine zénitude semblait s’être installée en elle. Dans la quiétude des lieux, l’ambiance était feutrée et cosy. C’était la cinquième nouvelle année qu’elle soulignait à sa manière, seule.

Par choix...

Les Quatre veillèrent avec elle, lumineuses et silencieuses. Et quand à bout de penser, la Femme décida d’aller au lit, elle souffla les bougies lesquelles maintenant, seraient cinq, jusqu’au moment fatidique où sonnerait le grand départ. 

D’ici là, Elles auraient peut-être l’occasion d’aller au bout de leur charge : servir de bouteilles jetées à la rivière… 

dimanche 5 janvier 2014

Inspiration d’un moment



La nuit n’avait été que longue succession de mouvance et d’errance dans des rêves sans fin. Lorsqu’après je ne sais combien de temps d’accalmie, je me connectai enfin à la vie diurne, l’écran du petit cadran digital affichait déjà neuf heures. 
 
J’interpellai Wilson*,  lui disant qu’il était grand temps de débuter ce samedi où plein de bricolages nous attendaient. J’en déduisis qu’il acquiesçait… Sans rechigner et sans mot dire (comme à son habitude)

On s’extirpa du petit lit simple de la chambre d’amis, d'où, sans m’expliquer, je ne pouvais me résoudre à quitter pour réintégrer « ma » chambre, et ce, depuis le départ de mes « quatre » enfants (!), le 26 décembre dernier. Comme si je n’acceptais pas que ces journées aient eu une fin… 

« Je m’ennuie de vous… »
 
Je petit-déjeunai d’une rôtie beurre d’arachides-demi-banane sans vraiment prendre le temps de m’asseoir. Je me sentais fébrile de ramasser le peu de ce qui restait des Fêtes, incluant la mienne. Quand j’en arrivai à siroter mon café au lait, je repliai enfin mes ailes devant l’ordi pour ce qui devait être, un court instant. 

Mon oeil!...

Du salon me provenait une douce musique qui aurait pu me replonger illico dans un état végétatif quand subitement, je levai les yeux pour laisser errer mes pensées sur ces vallons s’étendant au loin jusqu’à toucher le ciel.

Je constatai que la neige saupoudrait le Nunavik de lents flocons blancs, descendant dans une danse lascive et virevoltante. Avec les notes s’égrenant, j’eus la brève impression d’Être dans un paradis perdu. 

Je devais en être à la pièce « Fluidité et pureté » à moins que ce ne fut « Matin calme » ou encore « Des nuages en coton »… Allez savoirMais après tout, qu’importait…

Je laissai tomber les suivis Facebook/Blogger pour me concentrer sur les mots que j’entendais gigoter dans ma coloquinte. 

Il était tôt pour jouer avec « Eux », mais c’était samedi et je me suis dit que c’était permis…

*Wilson est mon compagnon de vie de ces quatre dernières années…   ;-)...



samedi 4 janvier 2014

Rose bonbon



C’est le ciel de sa Majesté. Celui de l’autre matin, où peu pressée je me suis mise à nue devant lui.
 
Drôle de début!
 
La nature avait ce matin-là, déroulé son tapis rose par-dessus le Nunavik. L’air avait cette accalmie caractéristique des matins frileux. Ces matins où on préfèrerait demeurer caché sous un édredon duveteux plutôt que de se pointer le nez à l’aurore d’une nouvelle année.

Mais bon, faut bien gagner sa croûte!

Mes pas avaient crissé sur la neige durcie par les beaucoup plus que moins zéro. Mon capuchon bien enfoncé sur mon nassaq bleu royal à l’effigie d’un Kuujjuaq blanc de froid, j’avais traversé les deux stationnements sans reprendre mon souffle.

Trêve de bavardage…

Parce que c’est vendredi et que j’ai eu la frousse de ma vie, que je déblatère sans fin. Quand j’ai ouvert le portable, quelques minutes passées dix-huit heures, la clé USB contenant quatre années d'écriture, indiqua un dramatique « dossier vide ». Même sa minuscule lumière rouge, habituellement si joyeuse, n’illuminait maintenant plus qu'un nébuleux néant…

Sans réfléchir plus avant, j’appelai Collègue M au secours. En un rien de temps, par voie téléphonique, il put résoudre mon problème. Dieu fut loué! En un clic, je retrouvai tous les Fitzsou que je croyais avoir perdus.

Est-ce un hasard si à la poste aujourd’hui, quelque Ami avait eu la bonne idée de me faire parvenir en cadeau un disque dur portable?...

Hum… Pas certaine de ça moi!

Parce que dans le fond, Voltaire a dit un jour « qu’il n’y avait pas de hasard… »

Et Balzac lui a répondu bien des années plus tard « qu’il n’y avait rien de plus triste qu’une vie sans hasard »…

Bizarre… Et qui je dois croire moi?...

"Rose bonbon", Kuujjuaq, janvier 2014

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Angélique, perfectionniste- approximative, douce mais impatiente...

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