mardi 31 décembre 2013

« Pour une dernière fois… avant de m’en aller… » *




Ça me fait toujours un p’tit quelque chose de laisser partir l’année. 

Ça me fait toujours un p’tit quelque chose de penser à celle qui vient.
 
Je suis comme ça. Difficile de refermer mes ailes sur le moment présent, je me sens toujours en mouvement. Autant de corps que d’esprit…

Je rêve déjà à ce que 2014 me fera découvrir, sur moi et sur les autres.

J’imagine les voyages auxquels je serai invitée, les choix éclairés que je ferai, les nouveaux gens que je rencontrerai. 

Je pense aux grands changements, ces grands bouleversements, qui modifieront ma vie assurément.

J’anticipe une foule de bons moments avec ma famille, avec mon beau Méo, dans les Laurentides ou ailleurs…  

Je me vois vivoter sur le bord d’un lac, le temps d’un juillet, le temps de trouver ce petit havre de paix qui accueillera mes nouvelles aventures, mes nouveaux mots, mes nouvelles pensées…

Mais de tout cela, seule 2014 me le dévoilera!... 
Attache ta tuque 2014 : me voilà!...

*Gerry Boulet 

"Ange en liberté", Kuujjuaq, décembre 2013
 

lundi 30 décembre 2013

Terminée…



Pas la journée, ni l’année, mais bien l’histoire de Marie-Ludivine. Pour le moment…
 
J’ai profité du peu des mémoires de Papa Fitzsou que j’avais remodelées, pour vous l’offrir en amuse-yeux, le temps que je reçoive convenablement ma petite famille à Kuujjuaq. Peut-être lirez-vous la suite dans les années à venir…

Si vous saviez comme la journée de mes 56 ans et le Noël qui suivit, fut en ce qui me concerne, des plus réjouissants à vie. Ce fut un autre bel exercice dans ma vie, de non-matérialisme réussi à cent pourcent! Les seules décorations ornaient nos cœurs et nos esprits. Les seules lumières étaient celles brillant dans nos yeux.

Merveilleux!

À chaque jour, nous avons concentré nos énergies à simplement être ensemble, partager les moments de jase et de silence, les marches « on the land », le « Candy Drop » et le traditionnel repas de boulettes de porc à la sauce aigre-douce le 24 au soir.

Je me suis payée une dernière traite avec les Inuits en assistant, incognito à leur célébration de Noël à l’église Anglicane. 

Petit serrement au cœur et yeux humides à quelques occasions… Et un immense vide à mon retour dans le petit appartement après le départ des Petits Fitzsou et all, le 26 en fin de journée…

Les Fêtes sont à mi-chemin entre le passé et le futur. Pour moi, elles sont complètement trépassées, puisque dès le départ de mes ouailles, j’ai assuré une présence au programme diabète à temps régulier. Ce que je poursuivrai d’ailleurs « non-stop » jusqu’au 10 janvier, où je quitterai à mon tour le Nord pour une courte vacance dans… le Nord!!! 

Que voulez-vous : je n’ai pas froid aux yeux moi!!!...

"Petits Fitzsou et all", Kuujjuaq, 25 décembre 2013

dimanche 29 décembre 2013

Marie-Ludivine, Havre-aux-Anges (13)



Dès le lendemain de sa « fin de non-recevoir» par la mine de Timmins, Théo se fit engager comme chauffeur pour la compagnie "Taxi Brunet". En quatre jours, il dut apprendre à parcourir cette ville, qui à l’époque, comptait quelques 15 000 habitants.

Pas trop évident…

Il apprécia faire les raccompagnements du quart de jour mais en contrepartie, les nuits lui furent pénibles. Transportant régulièrement des clients ivres, il lui arrivait de se faire menacer ou encore les clients grisés par l’alcool, lui faisaient faussement accroire qu’ils avaient de quoi payer. Une fois à destination, devant leur manque de collaboration, Théo devait les ramener à la base de taxi, tenter de leur faire acquitter la course ou en dernier lieu, appeler le patron pour qu’il s’en mêle.

Faut dire que Théo était de petite taille et n’avait pas la corpulence pour s’imposer à ces récalcitrants enivrés. Quelques mois plus tard, sans regret, il tournait la page de son métier de chauffeur de taxi pour aller travailler comme livreur pour le « CNC », la plus grosse épicerie qu’on trouvait à Timmins… dans le temps!

Il y resta jusqu’au printemps de l’année suivante. Il revint en Abitibi, riche seulement, de ses expériences de vie. Il retrouva avec bonheur, la maison familiale remplie d'une grouillante marmaille . Son père était de retour, mais les revenus de la ferme demeuraient malheureusement, toujours aussi minces.

À son grand regret, il dut reprendre la route des mines pour finalement aboutir à la « Molybdenite » du village de La Corne.

La mémoire pouvant parfois jouer des tours (tout le monde sait ça), nous dirons simplement qu’on en était rendu presque à la moitié des années quarante… Et que déjà il avait oublié, qu’il avait un jour déclaré, qu’il ne travaillerait plus jamais dans les mines!

Ce que l’on peut retenir et dire, c’est qu’il avait du cœur au ventre le Théo. Et à travers ses mémoires, je crois enfin comprendre, ce qu’il nous a répété tout au long de son existence :

« Dans la vie on ne fait pas toujours ce que l’on aime, mais il faut apprendre à aimer ce que l’on fait. »

Cré Théo va!...

samedi 28 décembre 2013

Marie-Ludivine, Havre-aux-Anges (12)



À quinze ans, Théo trouva de l’ouvrage avec lequel il gagnait un maigre soixante-dix sous de l’heure. Avec ça, il devait payer la nourriture pour les chevaux.

Imaginez!

Il faisait le transport d’équipement minier d’Amos à Cadillac pour la Mine O’brien. Des allers-retours avec couchers à Rivière-Héva. Il transportait des rails pour les petits wagons utilisés sous terre.

Lorsqu’il en eut assez de cette laborieuse vie, il changea une fois de plus son fusil d’épaule et commença à travailler directement dans les mines. Il croyait bien que cette fois, ce serait pour de bon.

Mais…

Le premier emploi que lui dénicha son père, fut à la mine Lapa, à Cadillac. Il y resta presque trois ans, passant d’un poste sur le concasseur de pierres, à celui du « bowlmill » pour finir opérateur de pont roulant, poste qu’il occupa jusqu’en 1938.

Un beau jour, l’idée lui prit de s’exiler à Timmins. L’un de ses amis y travaillait à la mine avec un salaire bien supérieur au sien.

« Pourquoi pas moi? » se dit-il.

Il plia bagage après avoir remis sa démission à la direction de la Lapa et prit la route dans son Ford 1935. La voiture précédente, une Chevrolet 1925 n’aurait bien sûr, pas tenue le coup!

Après avoir roulé plusieurs heures, il retrouva avec plaisir son ami Ernest et l’épouse de ce dernier, une dénommée Colette. Il s’installa dans le campement de la mine et fut immédiatement appelé pour compléter son formulaire d’engagement et passer son examen médical.

Une mauvaise surprise l’attendait. Il fut recalé au médical à propos d’un « p’tit quelque chose » sur un poumon. Il ne sut jamais si c’était vrai ou non. Comme il n’en avait jamais entendu parler auparavant et qu’il ne ressentait aucun symptôme laissant supposer un quelconque problème, ça resterait un mystère sa vie durant…

Chose certaine, c’est ce qui le décida à abandonner pour de bon, l’idée de travailler dans une mine. Se disant que ça ne servirait à rien d’aller postuler à d’autres endroits, il comprit que son avenir se passerait sur terre plutôt que sous.

... Et il finira par passer sa vie en l’air plutôt que sur… Sa carrière de mineur se termina comme il entrait dans l’âge adulte.  Il était dû pour vivre autre chose. Enfin, c’est ce à quoi il croyait, mais les mines n’avaient pas dit leur dernier mot!...

(Sachez qu’en décembre 2013, Théo se dirige fièrement à petits pas glissés, vers ses quatre-vingt-treize ans… Alors que penser de ce problème « de poumon » à l’âge de dix-sept ans???…)


Énigme, jamais résolue…




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Ex-Kuujjuamiut, Abitibi, Canada
Angélique, perfectionniste- approximative, douce mais impatiente...

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