dimanche 30 juin 2013

Et si c’était ça l’été?…



J’avais ouï dire que nous aurions presque la plus belle et la plus chaude journée de tout le Québec. Mis à part peut-être quelques villages de la Baie-James, le Nord du Québec était la place à vivre en cet avant-dernier jour de juin. Il était grandement temps! Comme la source était fiable, j’ai joué le jeu. 
 
Il y avait à peine une once de vent quand je mis le nez dehors en début d’après-midi. J’avais revêtu une longue jupe à volants, le genre qui danse à chaque enjambée et j’avais osé un chemisier léger de soie grège. D’un pas allègre, je me suis dirigée vers le bas du village, cadençant mes pas sur la musique de Mr Phillips*…

Mais l’été ne pourra pas être que cela. J’ai besoin de beaucoup plus. Je veux sentir à nouveau ce souffle chaud sur ma peau. Fermer les yeux sous l’éclat de cette immense boule jaune suspendue entre le néant et la terre. Laisser ma chair se colorer d’un brun doré… 

Je veux que demain soit encore plus beau afin d’avoir l’audace de sortir mon vélo et de reprendre la route du lac Stewart. Aller voir si quelques oiseaux métalliques n’y auraient pas fait leur nid…

Je veux me laisser caresser encore et encore, par la chaleur, venue de si loin que ce serait un affront que de vouloir continuer à s’emmitoufler sous des mètres de tissu.
Aujourd’hui, j’étais comme une plante en manque, et j’ai eu le goût de me saouler de ce beau temps. 

J’espère juste que demain, je n’aurai pas la gueule de bois!!!


 

samedi 29 juin 2013

« The place beyond the pines »



J’avais ramassé l’affiche qui traînait sur le dessus du photocopieur et l’avait épinglée, comme d’habitude sur le tableau de liège dans la salle à café. C’était le film annoncé pour le cinéma du jeudi soir. 

Ce ne fut pas le fait d’y voir le nom de ma nouvelle idole Ryan Gosling en vedette qui fit que je me décidai, nonobstant le fait que peut-être j’aurais à me taper par après, la marche de quarante minutes pour gravir les montées menant jusque chez-moi. Non, c’est le titre… Parce que ça parlait d’arbres…

N’importe quoi…

La marche… Ça c’était si je manquais de toupet pour me quêter un aller sans retour avec quelqu’un d’autre que Collègue W qui avait habituellement la charge (!) de me ramener, aussi à bon port après les séances que moi je rapportais à la poubelle, les détritus de toutes sortes traînant entre les rangées de bancs abandonnés par des gens insouciants quittant trop rapidement les lieux post projection… 

M’enfin

J’ai adoré ce film. Il m’est apparu dans les premières minutes, comme un ébouriffant « film de gars », avec des bang-bang, des poursuites et des batailles à n’en plus finir. Mais finalement, les vicissitudes furent plus liées aux courants de prise en charge consentante de responsabilités ou de culpabilité latente, que ce soit de part ou d’autre…

Comme d’habitude, j’ai compris par le langage des signes, l’essence même du filon. Assez pour raconter le lendemain, le pourquoi du comment j’avais aimé. Assez pour dire que j’avais tellement aimé, que j’en étais ressortie le cœur un peu attristé, un peu lourd de peine… 

Si vous en avez l’occasion, allez le voir… Et on s’en reparle ok?...

vendredi 28 juin 2013

Nouvelles d’Alianartuq



… et de sa famille! Je vous raconte…
 
L’été avait soudain eu l’idée de se glisser jusqu’au Nunavik en ce jeudi matin. La température était clémente, le soleil, d’un jaune d’œuf radieux. J’avais invité Ingrid St-Pierre dans mes oreilles et des ailes aux pieds, je me retenais pour ne pas danser tout en m'en allant travailler. 

Arrivée aux « quatre coins », qu’elle ne fût pas ma surprise d’apercevoir, et cela après de longues journées d’absence, mes Amis les Chiots. Un, deux, trois!!!… Quatre!!!!… Cinq!!!!!... Et Chichi la P’tite Mère, amaigrie mais toujours aussi affectueuse… Quel bonheur de les voir tous ensemble! 

Je me penchai pour les caresser un à un. Alianartuq m’a semblé en pleine forme. Il se promène maintenant avec un petit collier, signe que quelqu’un l’a adopté. L’autre aux allures de Husky, avait tellement d’entregent, qu’il réussit même à me mordiller au-travers de mon manteau. À l’entendre japper, j’en conclus qu’il s’était nommé Chef de la meute, et qu’il avait été élu par acclamation sans aucune opposition…

Ici aussi, il y a de ce genre d’histoires…

Prodiguant mes gestes d’affection à la volée, mon attention se porta tout à coup sur le plus petit, qui semblait porter le lourd poids de sa timidité sur ses frêles épaules. Frêles épaules, que dis-je, sur son corps maigrichon. Pauvre Petit Lui! En le flattant, je devinais déjà son squelette. Un Petit Lui, si docile, trottinant à mes côtés, presque déjà dressé… 

Coup au cœur… Deuxième adoption d’office… 

Arrivée devant l’édifice abritant les bureaux de la Régie, je pris le temps de m’asseoir pour continuer à lui donner, partie d’amour emprisonné dans mon cœur de femme.  

Je crois qu’il l’a senti…


Il gravit bravement l’escalier avec moi, toujours en garde du corps, et lorsque je l’empêchai de me suivre à l’intérieur, il s’assit sagement près de la porte, tête penchée de côté, l’air de dire : « Ben quoi? Tu me laisses comme ça?... »

J’étais trop triste pour lui répondre quoi que ce soit…

 Alianartuq

                       Petit Mangeur de Femme







Petit Lui





jeudi 27 juin 2013

Question de bien-être



J’adore mes nouvelles soirées du mercredi. J’adore me rendre pour dix-huit heures trente, dans la petite maisonnette aux murs extérieurs blancs un brin défraîchis. J’adore tourner la poignée qui risque à chaque instant de nous rester dans les mains, et pousser la vieille porte à demi rongée par le temps. 

J’adore l’odeur un peu vieillotte qui nous attend, nous surprend amicalement. J’adore le cérémonial d’ouverture: faire la lumière au « département pour femmes », dans celui des « hommes, enfants et adolescents »; pivoter le chandail orange un peu fané sur lequel est écrit en grosses lettres noires, d’un côté « CLOSED », de l’autre « OPEN ».
 
J’adore l’importance que l’on donne à notre « petite caisse », la place de prédilection où on la dépose, tout simplement sur le dessus du gros congélateur dans la cuisine.

J’adore regarder ces Jeunes, venir sérieusement farfouiller dans les vêtements, se promener d’une pièce à l’autre, circulant avec des morceaux pour aller se mirer dans le miroir de la salle de bain où on pourrait s’imaginer entendre un « Miroir, miroir, dis-moi qui est la plus belle »…

J’adore cette illusion, celle de m’inventer un important magasin à rayons, le bonheur de trouver le Bonheur dans les yeux des Acheteuses (désolée, mais ici, le masculin n’est vraiment pas de mise…). 

J’adore le moment où le plus sérieusement du monde, je compte les achats avant d’annoncer un solennel « 3 boxes » pour une pile de vêtements ou d’articles divers…

J’adore ces mercredis de jasette avec l’Amie F et les autres visiteuses qui se pointent de façon impromptue, qui s’arrêtent, le temps de leur don…

Finalement, j’adore ce petit bout de Moi qui se laisse vivre pour une fois, librement, à l’unisson des gens de ce village d’adoption… 

photo: "L'Ange de l'Ami Ed", juin 2013


mercredi 26 juin 2013

Comme une tache…



J’étais à deux doigts de déclarer forfait. Il y avait plus de quatre-vingt-dix mille secondes que je poirotais devant l’écran, tentant par tous les moyens de me concentrer sur quelque chose, peu importe ce que ce serait… 

À court d’idée, désespérée comme une beauté en perdition dans un no where, sans boussole ni GPS, je décidai de débuter par mes exercices de concentration du programme « Lumosity ». Je verrais bien si ce serait efficace ou non…

Après de bien piètres résultats je revins, misérable, à cette Page Blanche, la suppliant de me souffler quelques idées, aussi saugrenues pourraient-elles être. C’est là que mon Génie me poussa vers ma banque de photos… 

Juste pour voir…

Après les avoir passées les unes après les autres (pas toutes… seulement celles de l’expé en hélico), mon regard s’attarda sur celle-ci. En fait, c’est elle qui m’a soufflée : « Hey! Par ici, regarde par ici… » J’ai alors remarqué cette grande tache blanche, couvrant une partie du rocher de l’île (je crois que c’est celle que l’on appelle « l’île aux chiens », je vous raconterai peut-être la légende un jour…). 

Je pensai qu’il y avait souvent dans nos vies, de ce genre de grande tache, malheureusement pas toujours blanche, ni toujours aussi éclatante, mais tache quand même. Continuant à l’examiner,  je me suis dit qu’elle semblait sur le point de glisser dans les flots bleus… Je me suis demandée, ce qu’elle était, par simple curiosité… Et simultanément, si la tache qui ternissait ma vie de ce temps-là, finirait elle aussi,  par se glisser un jour, par quelques secrets interstices, ailleurs que dans ma vie…

Juste pour voir…

… ce qu’elle pouvait un jour Être… 

Par simple curiosité…

Finalement… voilà ce qu’un Rien m’inspire… Un tout petit quelque chose encore vêtu pour l’instant, de blanc…


mardi 25 juin 2013

Le silence est dehors…



… la parole est en dedans! Jeu de mots lancés en l’air sans artifice, pour souligner une drôle de St-Jean, vécue bien tranquillement, sans abus ni chahut, sage comme une image…
 
La veille, la déjà-trop-longue-fin-de-semaine, m’avait inspirée une rentrée au bureau, au risque de me faire emprisonner…

« Ma Foi, juste un bout, pas un petit ni un grand, mais si possible, le même que d’habitude... » 

Question justement d’habitude… 

Nous y étions peu et peu jasant, mais pour un ou des instants, nous nous sommes laissés aller, le temps d’échapper un soupir ou de dérider un sourire. Quand on est peu, on peut… À un moment donné, j’ai décrété haut et fort, qu’il y avait absolument deux jours dans l’année où on devrait obligatoirement travailler : le 24 juin et le 25 décembre. Juste à la condition sine qua non de ne pas être plus de trois par département à honorer les lieux de notre présence…

Question d’équité…

Deux jours auréolés d’une énergique paix. À six mois d’intervalle, peut-on parler d’équilibre?...

Finalement, jusqu’à la mi-après-midi, le temps incertain obligea Dehors, à faire éloge à la lenteur. Ça allait de soi. Il tenta par tous les moyens de faire fuir les nuages. Il y parvint, juste à temps pour que je puisse monter les côtes, cheveux au vent, regardant droit devant espérant toujours qu’un jour, la chaleur du Sud remonterait elle aussi, jusqu’ici… 

photo:"Kuujjuaq", juin 2013

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Ex-Kuujjuamiut, Abitibi, Canada
Angélique, perfectionniste- approximative, douce mais impatiente...

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