vendredi 31 mai 2013

Série « fantasmes » (suite et fin)



Fantasmes d’activités récréatives…
 
 « … Le sentier s’étire en un long ruban de verdure, droit devant. Les pendants d’oreilles des arbres se couchent au-dessus du gravier jusqu’à le toucher. Le soleil se joue des trous laissés par les feuilles qui refusent un certain rapprochement. Le vent bruisse le tout et transporte de gauche à droite les senteurs parfumées de l’été. Je roule à vélo depuis déjà 50km. Je longe la Rouge qui déboule ses rapides sans jamais regarder derrière. Lorsque j’atteindrai mon point d’ancrage, je glisserai le kayak rose dans ses eaux claires et je pagayerai, toujours droit devant, le ruisseau qui se jette dedans.

Mes muscles suivent la cadence, aucune douleur à mes satanées jambes depuis que je…

… Je ne suis pas en vacances, je suis retraitée. Depuis six mois maintenant. Depuis six mois, mon corps ne revendique plus le droit de me faire souffrir. Je n’ai plus les articulations continuellement contractées, j’inspire en grand, j’expire le « méchant »… Chaque jour, sans jamais passer mon tour, je fais le circuit tracé.  Je ne m’en lasse pas. Je ne suis pas seule, mon Compagnon de Vie me suit, aussi bien entraîné que je puisse l’être. 

Ensemble nous visons parcourir le monde, rien de moins. Le plus drôle c’est que maintenant nous avons tout notre temps pour le faire. Nous prenons tout notre temps pour le faire… Nous prendrons tout notre temps pour le faire…

Ciel que j’ai hâte à « demain »!!!

(L’inspiration pour ces quatre derniers billets a été tirée du livre « Un instant, une pensée » de Shakti Gawain. Petit recueil de pensées quotidiennes, en date du 27 mai, le texte portait le titre de « La scène idéale », exercice pour la réalisation de nos rêves. 

Les miens se réalisent… Qu’en est-il des vôtres?...Y travaillez-vous?...)


photo : « Jadis publié : le P’tit train du Nord », Laurentides, septembre 2009

 

jeudi 30 mai 2013

Série « fantasmes » (suite)



Fantasme créatifs …
 
 « … Je pousse la porte du petit atelier situé tout juste derrière le chalet que j’habite maintenant depuis quelques mois. À l’intérieur, les murs sont tapissés de tablettes bondées d’objets hétéroclites. Des pots de verre de différents formats, gardent précieusement les minuscules objets ramassés ici et là. Dans l’air flotte de micro corpusculaires particules de poussière ainsi qu’une odeur de sciure fraîchement retombée. Je m’empresse de glisser une bûche dans le poêle. Dans une quinzaine de minutes la chaleur qu’il fournira fera fuir l’humidité de l’automne. 

Sur l’établi, les outils m’attendent dans un fouillis ordonné: la scie à chantourner, l’étau, la sableuse, la perceuse avec ses mèches si petites qu’on dirait des têtes d’épingles. Le marteau et ses clous nains, les pinces de tout acabit, les pots de colle, les restes de baguettes de bois…

Je m’installe sur le tabouret au siège de cuirette noire déchirée, après avoir retiré la toile recouvrant l’œuvre en devenir. Plusieurs années avant d’aller vivre au Nunavik, j’ai commencé à bâtir cette maison à l’échelle de mes rêves. Elle est miniature mais mon rêve, lui, est démesuré… C’est ce que j’aime, ce côté tout à la fois inspirant et utopique. Je me dis toujours qu’un jour…»

Rêve réalisable... 

Photo : « Du rêve à la réalité : pourquoi pas?... », St-Roch des Aulnaies, juillet 2009

   

mercredi 29 mai 2013

Série « fantasmes » (suite)



Fantasme de carrière…
 
« … Je suis assise (décidément, je me vois travaillant assise!!) derrière un grand bureau bondé d’outils… d’enseignement. À peine trente minutes depuis mon arrivée, que déjà j’accueille mon premier Client…  atteint de diabète de type 2! Il vient tout juste de recevoir son diagnostic. Dans ce milieu de travail (idéal), on ne niaise pas avec la prise en charge : aussitôt sorti du bureau du médecin, le Client nous apporte sa requête. Je suis donc en mesure de dédramatiser rapidement avant que l’affaire ne monte en graine… et prenne une ampleur monumentale. ;-)

Ce matin, juste pour Lui, je sors l’artillerie légère, mon plus beau sourire et ma voix doucette et je commence à lui parler de… la température. Surpris il me regarde sans comprendre. Au fil du Temps, tranquillement, je me rapproche de lui avec l’aide de mon Ami Prochaska… Par la fenêtre orientée plein sud, le soleil nous touche de ses rayons et illumine la noirceur du diagnostic. 

Une heure plus tard, l’Homme effleure de sa main… la mienne, avant de la serrer vigoureusement accompagné d’un grand merci… J’en ai des frissons. Je me dis : « Mission accomplie, avec Lui, pour aujourd’hui… Reste à venir… demain! » 

Trêve de souvenir : je crois que je fais mieux d’oublier la réalisation de ce rêve. J’ai bien peur d’être re-traitée avant d’y re-goûter… 

Photo : « Juste avant de tourner la page », Amos, octobre 2009

mardi 28 mai 2013

Série « fantasmes »



Tut, tut, tut… Je vous entends penser jusqu’au Nunavik!… Chuuutt! Ce n’est même pas de cela que je veux vous parler… Définissons tout d’abord le mot en tant que tel : « représentation imaginaire liée à des pulsions et à des désirs inconscients »*. Voilà ce que ce sera : une description au présent, les sensations éprouvées, les réactions corporelles, les souvenances, la réalisation du rêve… Vous me suivez?... Un simple exercice quoi!
 
Fantasme au travail… 

« … Je suis assise derrière une grande table de travail où sont sagement empilés tous mes dossiers, du moins au plus pressé. Sur le haut d’une pile se trouve la copie d’un tableau Excel remplie de couleurs et de chiffres. Devant, le Grand Livre dont je vérifie attentivement chaque entrée. C’est tellement silencieux dans la pièce qu’on y entendrait voler l’un des nonilliards** d’insectes piqueurs qui réussissent à survivre dans la fraîcheur Nunavimmiut. 

À ma gauche, la calculatrice attend son tour. Aujourd’hui le grand Jour, celui avec un grand J : je finalise la reddition de compte du budget de l’année financière qui s’éteint… Toutes les factures sont rentrées, les rapports classés et comble de bonheur, le tout balance. Je suis au septième ciel et j’y plane comme seul un Ange sait le faire… J’en frissonne d’extase… 

Je tente de capturer le moment pour en faire un souvenir… »

Rêve en devenir…

*dictionnaire Encarta
** 10 exposant 57
 
Photo : « Douloureux souvenir », Kuujjuaq, octobre 2010

lundi 27 mai 2013

Mots de l’au-delà



« … Écoute ces mots qui vibrent sur les murs du mois de mai. Ils veulent dire la certitude que tout peut changer un jour… 
 
… Viens, je suis là, je n’attends que Toi… Tout est possible, tout est permis... Sans projet et sans habitude… Nous prendrons le temps de vivre, d’être libres… Amoureux de la nuit qui renaît chaque jour… Nous dormirons ensemble dans un monde réinventé à notre image… Si tu veux le garder… 

… Le vent de l’histoire a tourné… C’est lui qui portait dans ses mains la fleur d’amour cueillie dans ton jardin… Savait offrir des fleurs… Tu me diras que j’ai tort de rêver… 

… Passe, passe le temps, il n’y en a plus pour très longtemps… C’est la neige qui fond, c’est le souffle du vent au sommet des collines… Il y avait un jardin, une maison, des arbres… et un petit ruisseau… Y découvrir des fleurs qui n’avaient pas de nom… J’appartiens à la famille des tournesols… 

Où est cette maison… que je cherche encore… J’ai les clés du futur… On peut ouvrir ma porte avec la clé de sol… Et les étrangers de passage, on n’en savait jamais assez… Quand pourrons-nous rentrer ensemble à la maison?… Quand pourrons-nous enfin marier nos saisons?… Tu es plus loin que la distance… qui nous sépare… On ne s’attend pas au bout d’une ligne droite… Je ne sais pas jusqu’où ira… 

... Un jour tu seras au bout de mes voyages… Nous pourrons rêver notre vie… Qui le premier pourra chanter la liberté?...

… Pour avoir si souvent dormi, avec ma solitude, je m’en suis fait presqu’une amie, une douce habitude… Près du lit encore défait, il y a… Des murs qui emprisonnent… Pendant que je dormais pendant que je rêvais… Mes lèvres vont se mêler, se mélanger à tes lèvres gourmandes… Je déclare l’état de bonheur permanent, et le droit de chacun à tous les privilèges…

… On voit dans le jour qui se lève… S’ouvrir tout un pays de rêve…Le tendre pays des amants… Tu m’as séduit (sic) comme jadis… On part avec le cœur qui tremble du bonheur de partir ensemble, sans savoir ce qui nous attend… Ainsi commence le voyage… Danse autant que tu peux danser sur les pavés, sur l’herbe… Elle est rebelle… Elle ne marche pas, Elle danse. Elle ne fait pas l’amour, Elle aime…

… Je ne savais pas que tant de musique pouvait laisser tant de mélancolie… Un bateau, un avion, un taxi… Voilà ce que c’est mon Vieux Joseph… 

… Et nous ferons de chaque jour toute une éternité d’amour que nous vivrons à en mourir… »

Angélique hommage à Georges Moustaki, à partir des paroles de ses cinquante plus belles chansons…

dimanche 26 mai 2013

Ça m’a été conté



J’avais adopté à l’aller, le pas d’une marcheuse chevronnée, faisant fi de la neige et du vent me fouettant le visage. J’atteignis ainsi rapidement la galerie d’art, ce qui me laissa amplement de temps pour secouer les tapis et sortir les rebuts avant que ne se pointe le premier client. Je réussis même à capturer une bonne partie de la poussière dès la première heure. La journée serait longue. 

Elle le fut...
 
En fait, elle défila comme à l’accoutumée, un peu tranquille, un peu entrecoupée. Clients et ménage en prirent soin. Je répondis à tous et chacun, avec le zèle d’une personne rouillée d’expérience en matière de vente. J’avais décidé de ne pas y mettre mon grain de sel… 

La paresse s’étant emparée de moi au cours du Temps, en fin d’après-midi j’osai quêter une occasion pour revenir chez-moi. J’entamai la conversation avec quelques incohérences anglophones avec mon Collègue ponctuel. J’avais un but : le cuisiner concernant une histoire s’étant déroulée le 1er juillet 1994, ici même à Kuujjuaq, et dont un Ami Abitibien m’avait mis la puce à l’oreille il y avait quelques jours de cela. 

Il put me raconter à sa façon, ce qui lui restait de souvenirs de cet évènement. Un homme, son Ami, ouvrant la porte d’un conteneur où était entreposé de la dynamite; l’explosion, la mort… Était-ce la même histoire? Il semblerait… 

À moins que ce ne soit… légende urbaine… 

Allez savoir…

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Ex-Kuujjuamiut, Abitibi, Canada
Angélique, perfectionniste- approximative, douce mais impatiente...

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