mardi 30 avril 2013

Avoir le Temps de prendre un peu de Temps



Parfois je me regarde aller et je me demande comment j’ai pu, à une certaine époque de ma vie, trouver suffisamment de Temps pour mener de front, mes rôles de mère, de fermière et d’infirmière dans un même vingt-quatre heures! Aujourd’hui, alors que je n’ai plus qu’à m’occuper de Moi-même, il me semble qu’irrémédiablement, le Temps me fuit. 
 
Mais ça, je crois vous l’avoir déjà dit… et comme je ne veux pas abuser de la redondance… 

Curieusement, c’est justement lorsque je ferme un peu les yeux sur le Temps que je finis par en retrouver. En grappillant quelques secondes ici et là, je cumule suffisamment de minutes en banque pour me lancer d’autres petits défis. Le dernier en liste? Faire du bénévolat une fois semaine au « Wellness Center », genre de friperie du village!

Mon implication n’a rien de méritoire. La « Community Liaison Wellness Worker », affectueusement dénommé la « CLWW », ouvrait déjà les portes deux jours par semaine. Voulant donner la chance à plus de gens possible de venir y fouiner,  elle décida d’augmenter l’accessibilité de deux soirs semaine. Pour ce faire, elle avait besoin de bras… de mains… de gens… Mes Amies, durant mon absence, s’étaient déjà portées volontaires…

Et pis moi alors? Pas en reste, j'étais prête à faire ma part!

Me voilà donc, à ajouter à mon horaire chargé de cinématographie bihebdomadaire, la soirée du mercredi où je me rendrai, avec l’Amie F et l’Amie J, dans cette maisonnette de quatre pièces, sur la rue « passée-le-pont-à-droite », pour y faire tris, rangements, présences et accueils pour d’éventuels peu nombreux clients.

Ben quoi? Qui a dit qu’il fallait absolument choisir un endroit avec achalandage "non-stop" pour que le bénévolat soit reconnu comme acte de civisme sociologique?...

Pas moi en tout cas!... L’important, c’est de participer, non?...

lundi 29 avril 2013

Fait inusité



C’était un jour (ou deux?) après mon retour du Sud. J’avais un urgent besoin de me rendre à l’épicerie du coin (!), un besoin évident de victuailles, car par de longs pleurs stridents, mon frigo me criait sa famine! 
 
J’avais dressé la liste tôt le matin. À la fin de mon quart de travail, je me dirigeai du pas « P’tit train va loin » vers le Newviq’vi. Prenant mon temps, j’empilai au fil des allées, les provisions les unes par-dessus les autres, sans égard d’ancienneté ni de fragilité. Elles s’entassèrent sans dire un mot, sans un seul regard de regret pour la tablette qui les avait accueillies...

C’est comme ça ici : on arrive et puis on quitte, sans faire de vague…

À la caisse, la file était longue. Pourtant, j’avais comme d’habitude, terminé bien avant l’heure où les principales organisations n’en finissent plus de vomir leurs travailleurs, qui en plus, se bousculent pour avoir le choix…

Quel choix?

Ici la règle rendu à la caisse, c’est celle de l’art : on « dépaquette » à un mètre de la caissière, et on « rempaquette » quinze centimètres passé le viseur, seuls, à suer, empêtrés dans des vêtements mésadaptés pour faire l’épicerie (mais adaptés cependant pour les vents crus et violents…). Que voulez-vous, je n’ai encore jamais osé arriver avec une valise de linge de rechange « exprès-épicerie »… 

Je suis bizarre comme ça moi!!!

Cette première fois d’après-retour-du-sud, laissant planer à la courroie, ma déshabitude maladroite, je vis tout à coup apparaître à mes côtés, appelons-le, Paulussie… Il me baragouina quelques mots d’anglais mâché. J’en compris que ça me prenait des boîtes plus grandes… 

Je voulais bien… Je lui en ramenai quelques unes, pas certaine encore de comprendre le but…

Puis il se mit en frais d’empaqueter mon épicerie.  « Non mais, je rêve ou quoi? » C’est que ce n’est vraiment pas la coutume ici, je vous assure…

En un rien de temps, il avait rangé mes vivres dans deux petites boîtes aux couleurs de Ben Deshaies grossiste* et souriant, me fit signe qu’il les porterait pour moi (une chance que j’avais l’auto de l’Amie F… Quelle figure il aurait fait si, une fois dehors, j’avais tout bonnement entrepris à pied, le chemin menant vers chez-moi, 35 minutes plus loin???...)

Nakurmik marialuk Paulussie! Tu fus pour moi ce jour-là, l’Ange que j’attendais!... 

Et Ciel que ça (me) fit du bien!...

dimanche 28 avril 2013

C’est la Vie!



… Normal… 

Toute bonne chose a une fin. C’est ici que se termine l’aventure d’avril 2013. Demain je reprendrai mes contes Nordiques, mes histoires à dormir debout, ou qui me gardent debout toute la nuit…
 
Il y a déjà plusieurs jours que j’ai réintégré mon village, me restait à réintégrer ma Vie de tous les jours, ma réalité d’ici. Vous en aurez pour votre argent puisqu’il est prévu que j’y resterai jusqu’à la troisième de juillet.

Qu’est-ce qu’il pourra s’en passer des choses d’ici là! Mais je retiens que le plus important c’est…

… que j’aille " jusqu’à demain"!...


samedi 27 avril 2013

Trouver sans chercher…



… Les vacances tiraient à leur fin. Les histoires aussi… Les jours avaient usé Son désir de promenade. Secrètement, Elle espérait que lorsque viendrait le Temps, sans chercher, Elle trouverait. Parce qu’à la visualisation, Elle croyait. 
 
Fortement… et depuis longtemps… (!)

Au tout début de sa quête de village d’adoption, Elle n’avait pas été surprise outre mesure, de se retrouver au détour d’un chemin, nez à nez avec… des « bébés »! Ce n’était pas les siens, mais Elle se sentait quasi prête à les adopter. L’un deux faisait tellement pitié, son ventre ouvert et exposé aux quatre vents... 

Désolant…

C’était de la faute à St-Donat : c’était lui qui l’avait entraînée sur le chemin de ces « bébés » un peu isolés.

La semaine vécue à St-Sau pouvait se résumer de déjeuner en déjeuner. Elle avait appris à connaître les Charmants Proprio du CozyCafé, rue Principale. On y vendait des « cup cake » à la vanille, chapeautés de tourbillons de glace rosée, les plus délicieux qu’Elle n’eut jamais dégustés. Vraiment... Et Elle succomba, bien trop de fois…

Elle y prépara chaque matin, son itinéraire de la journée (et finira immanquablement, par se perdre en chemin)… Non, jamais perdue. Juste à ne plus très bien savoir où Elle se trouvait. Et Elle s’obstina à n’utiliser que le petit atlas routier…

C’était sa façon de se prouver que peu importait où Elle se trouverait, Elle finirait immanquablement, par se retrouver… 


vendredi 26 avril 2013

« Road trip »



… Ce fut l’une des plus belles  journées ensoleillées pour prendre la route. La 364 vers l’ouest, puis la 329 vers le sud, s’offrirent à Elle sans résistance. Au passage, Morin-Heights lui sourit et lui piqua un clin d’œil… Elle se promit de se le rappeler…
 
Elle cherchait la « rivière » comme le chercheur d’or le filon, il y avait bien longtemps, du temps de la ruée du Klondike. Elle avait trouvé à St-Sau, déjà quelques trésors : une Dame blonde aux lunettes fleuries, rencontrée à la croisée des chemins, qui lui dévoila en deux coins de rue,  que sa maison serait à vendre l’été prochain… au double du prix qu’Elle voulait payer; un neurochirurgien retraité devenu fermier aux cheveux gris, attablé avec ses amis au Cozy, parlant un beau matin d’acheter une ferme de $700 000, si ses enfants le voulaient bien (!).  Trois déjeuners plus tard, il L’invitait à aller le visiter. La ferme qu’il possédait était à vendre. 


À lui, Elle n’osa jamais lui demander le prix… Allez savoir pourquoi!... 


Au hasard, la Vie lui donnait des signes, signes qu’Elle attrapait en vol. Elle les déposait dans le creux de son cœur, espérant qu’ils s’y feraient un nid et qu’un jour prochain, toute surprise devant, ils écloraient dans sa réalité…


Ce jour-là, Elle suivit la 329 jusqu’à n’en plus finir, jusqu’à Lachute, tourna juste à temps sur la 158-O pour jeter un œil sur sa Rivière du Nord qui lui baignait les pieds, juste assez… Lachute est grande, et belle. Elle lui présenta ses devantures aux regards vieillots, ses belles séculaires, tout simplement. Sa gare, d’une époque révolue, son église et son parvis...


Elle continua jusqu’à Argenteuil, décida qu’Elle avait suffisamment exploré la route du Nord. Elle rit intérieurement. « Route du Nord »… Comme s’il pouvait en exister d’autres que celle qui mène au vrai Nord, en fait celle qui n’existe pas, du moins pas encore. Mais on se doute bien qu’un jour, le prétendu « Nord pour tous » y veillera. 

Évidemment… bénéfice ou détriment???...



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Ex-Kuujjuamiut, Abitibi, Canada
Angélique, perfectionniste- approximative, douce mais impatiente...

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