vendredi 30 novembre 2012

« Dites…

… merci plus souvent. Merci pour la Vie, pour la formidable personne que vous êtes et tout ce qui vous entoure. Chaque soir au coucher, prenez le temps de remercier pour trois choses qui ont rendu votre journée plus agréable et vous ont permis de vous sentir heureux. » (C’est beau la vie)


Ce que j’ai fait hier soir avant de me glisser sous mon édredon…

Première chose : Je descendais la côte. Le matin était calme et silencieux, emmuré dans cette beauté éphémère Nordique. Une camionnette noire passa soudainement à mes côtés. Environ trois cent pieds plus loin, je le vis appliquer les freins et se mettre à reculer jusqu’à ma hauteur. « Voulez-vous embarquer? » 

« Oui, bien sûr… » lui répondis-je. J’étais en retard sur mon horaire habituel alors pourquoi ne pas en profiter…  

Merci...

Deuxième chose : En fin de journée, c’était le bazar de Noël à l’école Pitakallak. L’étroit gymnase était plein à craquer de tartes au sucre, cup cake, vêtements, livres et jeux de toutes sortes… Un monde fou, se bousculant presque… Puis, la faim aidant, Collèque Zo et moi nous mîmes en frais de suivre la timide odeur de bouffe flottant dans l’air jusqu’à ce que l’on se rive le nez… sur une longue file d’attente au p’tit resto du corridor!... Quand j’ai vu le menu : il y avait tellement longtemps que je n’avais mangé un « hot dog»! Il me fut servi dans une assiette de fibre de cellulose blanche, sur une tranche de pain blanc et la saucisse en plein centre… Mais vraiment là, en plein centre! Sur les longues tables longeant le corridor, attendaient un peu dégoulinantes, les bouteilles aux couleurs de Noël (vert-relish, rouge-ketchup, jaune-moutarde). Pas très gastronomique mais ça a fait l’affaire pour deux dollars…  

Merci...

Troisième chose : Comme c’était jeudi et que je souffre d’un léger TOC (trouble obsessif compulsif) je suis allée au cinéma voir « Hit and Run », film d’action avec « ne me demandez pas qui ». J’ai beaucoup aimé parce que…

… j’ai compris plus de la moitié des conversations… Yé!...

Serais-je enfin en train de finaliser l’un de mes Cinq Grands Rêves de Vie?... 

L’avenir me le dira et je vous ferai le suivi… 

Merci...

jeudi 29 novembre 2012

Entre les deux…



Hier matin…

… assise sur le rebord de la fenêtre qui fait à peine 30 cm de largeur, je laissais mon regard se poser au loin, là où les collines ont une fin terrestre pour effleurer timidement la voûte céleste. Sous un soleil aveuglant, je tentais de suivre la danse folle des particules d’argent virevoltant en tout sens. Les arbres dégarnis par Octobre, étaient couverts de diamants de glace. Partout ce n’était que calme brillance…

Les vents du lundi avaient laissé des monticules de neige entrecoupés par les traces des camionnettes circulant à l’arrière de l’édifice. À l’intérieur, par delà le corridor, j’entendais les voix étouffées de collègues entretenant conversations avec quelques invisibles personnes du Sud ou d’autres Nordistes…

C’était ma pause matinale et je tentais tant bien que mal, de faire fuir le malaise qui m’habitait. Je n’étais certaine que d’une chose : il me collerait encore à la peau quelque temps. Je l’avais reconnu : c’était celui de l’Automne qui se termine pour laisser place aux froidures de l’hiver. Avant de quitter pour de bon, il ne manquerait pas de m’étriver encore un peu

Hier soir…

Je voulais remercier à ma façon, les « garçons » venus à tour de rôle ces dernières semaines, me donner un coup de main à installer une espèce de soucoupe avec laquelle je devais être capable de capter au moins mon « Tout le monde en parle » dominical… Malheureusement, la « petite antenne» n’est pas suffisante alors j’ai dû commander la « plus grande » (qui n’arrivera que dans quelques jours…) Comme je dois retourner la « petite », j’ai dû demander à un « tiers garçon » de venir l’enlever. Et un quatrième se joindra à l’équipe des Fitzsou helpers vendredi, en l’apportant avec lui sur les ailes de First Air pour la retourner par Purolator en Ontario… 

Le troc avec tous ces « garçons »? Des boulettes de porc aigre-doux !...

C’est drôle mais… ça sentait Noël chez-moi hier soir!…


Photos : « Du soleil... au porc aigre-doux », Kuujjuaq, novembre 2012

mercredi 28 novembre 2012

J’aurais le goût de crier…



… de laisser aller ce trop plein qui me tord l’intérieur, m’ex « tord » rioriser comme je pourrais dire… Exorciser quelques démons grugeurs d’énergie, bêtes noires à corne blanche. Remise en question non publiable, non exprimable…

Je m’ennuie d'Être…

Trop fort, trop « trop »…

Comme une pression qui empêche mon thorax de soulever le souffle de la passion qui fuit en un long jet silencieux…

Me ressaisir… Je dois me ressaisir…

Continuer à aller de l’avant, droit devant, m’inspirer et inspirer tout à la fois, expirer ou expier, reprendre appui sur le roc du Nunavik, toucher le solide et le vrai pour que les jours, les semaines, les mois s’écoulent, se passent, se tassent en ne me laissant pas ce goût amer au fond de la gorge…

Reprendre contenance, reprendre confiance…

J’aurais le goût de crier mon impuissance, ma désobéissance, ma non- allégeance à un cercle véreux, vicieux… Me dégager du faux, du faux-fuyant, en courant avec le courant d’une Koksoak et l’écho d’un ruine-babine…

J’ai le goût de crier que c’est assez… qu’il est peut-être maintenant, grandement, lucidement le temps…

De m’en aller… 

Avant de me mettre pour de bon… à sacrer…

mardi 27 novembre 2012

BGT FINAL - Connie Talbot high quality video/sound

Je ne peux pas dire...



… que c’est de l’insomnie. Ce serait plus tôt un « trop tôt couché » ayant pour conséquence un réveil incongru en début de nuit… Mais ça risque d’être long d’une heure à six!...

Je me sentais fatiguée, lasse et vide d’énergie. Me suis dit que pour faire le plein, y’avait rien d’autre qu’un coucher « tôt ». Je réalise qu’il y a « tôt » et « trop tôt »… Maintenant me voilà assise ici, à jouer une fois de plus avec les mots en attendant que repasse le train… 

Mais comme la plus proche voie ferrée est à Schefferville, je ne dois pas compter là-dessus…

Je me suis donc levée, fais chauffer une tasse de lait chaud avec un peu de miel, remède de Grand-mère… J’ai encore les yeux bien grands ouverts… Peut-être si j’allais lire un peu… Ou faire un ou deux Sudoku…

Je ne peux pas dire…

C’est fou comme la nuit devient stressante quand on pense que d’ici quelques heures il faudra se préparer pour aller travailler. Est-ce que les insomnies de retraités sont plus ou moins pire?...

Je ne peux pas dire…

Je ne suis pas rendue là. Dans quelques mois, je le pourrai. En espérant que ça ne deviendra pas le jour, la nuit…

lundi 26 novembre 2012

Sauter à l’eau



La noirceur s’installe tôt sur Kuujjuaq depuis quelque temps. Tenez par exemple, cet après-midi au moment de prendre la pause de 15:00, lui il partait pour sa nuit. Remarquez, j’aurais bien aimé le suivre mais je devais poursuivre encore un peu…

À seize heures, je pris mon courage à « deux jambes » pour entreprendre la route vers mon petit appartement. J’ai bien tenté de charmer quelques collègues, peine perdue. Il aurait fallu les attendre encore une bonne heure et j’avais trop hâte de me retrouver chez-moi pour relaxer un peu. Sous leurs avertissements amicaux (chaussée glissante, vents violents, froidure et noirceur), je relevai mon capuchon bordé de renard blanc et nouai solidement autour de mon cou, le foulard aux nuances pourprées. Je pouvais affronter le vent, j’avais de bons vêtements (maxime de mon Grand : « Il n’y a pas de mauvaises températures, il n’y a que de mauvais vêtements! »). De plus, il y a belle lurette que j’ai compris qu’ici, si on se concentre sur le pas devant et qu’on aligne les autres après les uns (!) magiquement, on finit toujours par se rendre là où on veut aller...

Ce soir, malgré l’éclat de lune qui brillait là-haut, je me sentais une fois de plus le témoin important d’une histoire nordique sans fin, bravant les rafales de vent de 60 km à l’heure, abaissant du coup la température vers les -23C. C’est ben correct là, je ne me plains pas. Juste qu’à la fin d’une journée de travail je trouve ça un peu plus difficile, surtout de ravaler la côte de bas en haut. J’aurais bien aimé que le ciel se marbre de ses aurores boréales pour m'accompagner mais il m’a boudée le temps de la remontée. Tant pis pour lui : je ne ressortirai pas plus tard. Pas question… Je suis arrivée chez-moi les cuisses à demi-congelées, mais tout le reste était encore bien au chaud. Je me suis faufilée dans mon cocon, préparée un plat de riz-légumes-poisson que j’ai ingurgité devant l’ordi. Dans pas long, je me glisserai dans l’eau chaude d’un bain aux sels de la Mer Morte…

Juste pour voir si je flotte encore…

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Ex-Kuujjuamiut, Abitibi, Canada
Angélique, perfectionniste- approximative, douce mais impatiente...

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