mardi 31 juillet 2012

Raphaël à Ti-Jean


« … j’étais dans le Bas, le Bas du Fleuve, le Bas St-Laurent. Là où le soleil jette ses derniers rayons sur un horizon infini pour nuancer les danses lascives des vaguelettes.

J’étais à Rimouski…

Nous avions roulé les terres une bonne partie de l’après-midi. En chemin, nous nous étions arrêtés à une petite cantine le long de la 132, le temps de s’empiffrer de guédille crevettes-goberge et hot-dog relish-moutarde. 

La  vraie bouffe de vacances quoi!

J’avais avec une insistante timidité, suggéré de nous arrêter au Bic pour y consulter l’horaire des représentations du théâtre d’été de la place. La pièce qu’on y présentait semblait avoir une singulière consonance « Îles de la Madeleine ». Aussi je ne fus point surprise de constater que j’avais visé dans le mille : conte imbriqué dans une trilogie, succédant à celui du « Pierre-Luc à Isaac à Jos », Cédric Landry, l’auteur, a su me charmer avec son « Raphaël à Ti-Jean ». Entre rires et profondeurs de vie, j’ai flotté sur les mots jusqu’à ce que la couverture trouée de la « Maison à vendre-à quelqu’un d’ici » laisse passer quelques flocons se déposant mollement sur l’arbre de Noël à la décoration inachevée…

J’ai compris que ne devient pas insulaire qui veut. Société tricotée serrée avec son passé et sa réalité, on peut naître aux Îles ou y passer, les quitter ou les adopter comme retraité, rares seront ceux qui « garderont le fauteuil du père, l’arbre de Noël, les plats de nourriture, l’agapik* et la bagosse* »… Il faut voir pour comprendre… 

J’ai adoré ma soirée (n’eut été de cet incessant grattage dans la gorge qui me faisait tousser sans arrêt !)… »

*Agapik : arme pour la chasse aux phoques
*Bagosse : alcool de fabrication artisanale

Photo :  « Qui dit tout », Bic, juillet 2012

lundi 30 juillet 2012

Rabask...quoi?


« … Je me souviens très bien que ce fut toute une expérience... Imaginez...

À peine vingt-quatre heures après mon arrivée au CEDEQ j’entends « Hey! Tu pars en expé demain! »

QUOI?

Dans ma tête tout se met à rouler à la vitesse « grand V » : j’ai besoin de quoi, je m’en vais où, on fait quoi, on part combien de temps… Beaucoup de questions, autant de réponses spontanées de la part de la Directrice médicale : « … Je vais vous préparer vos sacs d’expé… »… « Pointe-aux-Cèdres »… « Rabaska à l’aller, marche au retour »… « Une journée »…

OK!... J’étais là pour ça après tout, non?

Donc avec ma douzaine de filles âgées entre onze et douze ans, dès le dimanche matin, nous avons entrepris en matinée, les 5 km de marche que nous avons réalisés, d’une hypo à l’autre (hypoglycémie : baisse de sucre dans le sang causée entre autres, par une trop grande dépense d’énergie) en 2 heures 15 minutes. D’accord, pas un record… Les gars eux, confortablement installés dans le rabaska firent le trajet en une heure. En fin d’après-midi, ce fut au tour des filles de s’entasser dans l’embarcation. Les gars repartirent à pied et firent la route en 45 minutes. Les filles?...  Il nous fallut un peu plus de deux heures, affrontant contre courant, vent de face et gros nuages gris. Les rameuses avaient du cœur au ventre mais étaient non synchro et on a eu encore des hypos, une hyper (hyperglycémie : quand le taux de sucre dans le sang s’élève beaucoup plus haut que le taux visé causée entre autres, par un manque d’insuline) qui exigea que l’on s’arrête un instant afin de vérifier le fonctionnement de la pompe à insuline. On réussit de peine et de misère à accoster au quai de richissimes riverains pour remettre de l’ordre dans notre expé et attendre le canot demandé en renfort pour aider la jeune monitrice ramant de peine et de misère en solitaire, loin derrière nous, dans son petit canot chargé des 15 sacs à dos… On débarqua sur le quai du camp vers 17 :45, transies et fatiguées, les vêtements trempés.

Mais comme c’était une belle histoire qui se terminait bien, j’entends encore parfois en rêve, l’exclamation de l’une des campeuses : « Cette expé-là, je ne l’oublierai jamais. C’est un sacré beau moment de vie… » 

À qui le disait-elle!!!... Moi non plus, je ne l’oublierai jamais…

photo : « Le calme après la tempête », Lac Trois-Saumons, juillet 2012

dimanche 29 juillet 2012

Échappé belle...


Un peu plus et je vous faisais faux bond. Je travaillais depuis presque une heure sur mon billet quand je repoussai du revers de la main quelques-uns des nombreux papiers qui recouvraient mon agenda personnel. Quelle horreur quand je découvris le mot qui devait me rappeler le thème du billet de ce soir... Tel que promis hier en plus!

Zut! Je devais tout recommencer !

Donc… Histoire de Beaver...

Je crois que je vous en ai déjà parlé. J’ai refait une brève recherche car j’avais en tête qu’il ne restait qu’une centaine de ces appareils en état de vol au Canada. Et aussi parce que je suis toujours impressionnée lorsque j’en découvre des nouveaux à la Base de Johnny May au Lac Stewart. Malheureusement, j'ai manqué de patience avant de trouver mes réponses.

Anyway, je voulais simplement vous dire que...

Encore hier… J'ai découvert cette espèce de gros jaune, C-FLLX de la compagnie Air Tuniliq… Une autre courte recherche pour réaliser que plusieurs photos de ce dernier sont accessibles sur le net. Un connu quoi!

Voilà… ce n’était que ça. Un autre Beaver au repos à ma Base d’hydravions d’adoption.

Que voulez-vous? Les avions pour moi, c'est comme Obélix et sa potion, je suis tombée dedans quand j’étais petite (plutôt j'ai grandi dedans), difficile d’en sortir. 

Autant vous faire à l’idée, car vous risquez fort d'en voir régulièrement sur ce blogue...

Photo : « Le p’tit nouveau », Lac Stewart, juillet 2012 


samedi 28 juillet 2012

Oeuvre dehors

Vous rappelez-vous la photo publiée le 19 juin dernier? Ce visage d’une grande beauté, perdue au milieu de nulle part? En roulant cet après-midi, je m’arrêtai devant celui-ci, cette fois reproduit sur un madrier. Ça ressemble drôlement à Elisapee Isaac, cette chanteuse Inuk originaire de la communauté de Salluit, dans l’extrême Nord du Québec. J’adore ces œuvres disséminées ici et là, au hasard de la route. Quand je pense: il faut toujours bien que quelqu’un prenne le temps de les faire, peu importe la méthode employée. J’admire…

D’autre part…

Alors que notre randonnée en vélo nous avait ramenées comme d’habitude, sur les bords du Lac Stewart, j’insistai auprès de l’Amie Sue pour qu’elle me photographie sur mon « La-Z-Girl». C’est là que je me pose, me repose, lorsqu’en solitaire, je décide de m’arrêter pour rêver, juste encore un peu plus, un peu plus haut, un peu plus loin... Endroit de prédilection pour la méditation (et beaucoup plus confortable j’en suis convaincue, qu’un tapis de clous), mais seulement quand les moustiques n’ambitionnent pas de relaxer en même temps que moi, sur moi! Réalité Nordique...

Il a fait un temps magnifique aujourd’hui à Kuujjuaq. Une vraie belle journée d’été. La totale! Et au retour bien sûr, je ne pouvais ne pas m’arrêter du moins quelques instants, à la Base d’hydravions. Je vous montrerai demain ce que j’y ai vu… Parce que comme dans la vraie vie, on ne peut pas toujours tout avoir tout de suite. 

N’est-ce pas?...

Photos : « Œuvre dehors » et « Lazy girl », Lac Stewart, juillet 2012

vendredi 27 juillet 2012

Coktail gourmand


 http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d3/Pontlaviollette.JPG/300px-Pontlaviollette.JPG


« … j’avais pu profiter d’une bonne nuit de sommeil chez une Bonne Fée ayant pignon sur rue Lafleur… Quelle bonne idée aussi pour une Fée, de s’installer au centre d’une corolle, entourée d’étamines et de pistils…

De quoi se réjouir…

Le matin venu, j’avais marché jusqu’au Cozy Café du charmant Laurent, pour me goinfrer d’un consistant petit-déjeuner avant de prendre la route direction St-Jérôme, chez Cousine C pour qui je n’ai eu malheureusement, que trop peu de temps pour mettre à jour nos vies de cousines éloignées. Nous étions vendredi le 29 juin, et je devais me rendre à St-Aubert de l’Islet pour la fin de journée. Comme il était déjà midi, je ne me suis pas attardée. 

Une autre fois peut-être…

Autoroute faisant, c’est à Trois-Rivières que j’empruntai Laviolette comme pont afin de rejoindre la 132, où comme expliqué dans un autre tantôt, je m’arrêtai sur le bord du Fleuve pour me régaler du cupcake au chapeau couleur de fraises, qui s’était passablement ramolli en cours de route. L’escale fut à la hauteur de mes espérances en goût et en vue et ça m’a donné l’occasion d’aller me rincer les doigts dans l’immense lavabo du bon Dieu. J’en profitai pour déposer quelques gouttes d’eau salée sur le bord de mes lèvres, croyant que si je « goûtais l’eau du Fleuve, je l’adopterais pour sept ans ». Enfin, on le disait pour l’Harricana. J’imagine que ça vaut aussi pour le St-Laurent! 

Anyway, je n’avais vraiment rien de rien à perdre!...

Photo :
  http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d3/Pontlaviollette.JPG/300px-Pontlaviollette.JPG

jeudi 26 juillet 2012

Joyeux anniversaire l'Amie Sue!


Ça c’est mon présent. J’arrive de partager apéro et repas avec Amies F et Sue. Années se bousculant obligent… mais pas vraiment… car ce fut avec tant d’amitié partagée (vous le saviez vous, que l’amitié c’était féminin?...) Et en route pour une autre année…

D’autre part, autre ailleurs... Décalage "populationnel"un 28 juin 2012

« …Comme d’habitude le vol s’était bien déroulé. Heureusement sinon je n’aurais pas été assise là, sur ce banc où gisaient ici et là, reliquats de liquide brunâtre, à respirer l’air tiède de l’aéroport, en attendant que se métamorphose, dans mon champ de vision, l’affluence en Bonne Fée!... Je sentais le souffle du vent sur ma peau, douce caresse d’été. 

À défaut de …

J’étais en vacances. Il me semblait que le rythme lent commençait déjà à couler dans mes veines. Comme il m’était facile en à peine deux heures et demie, passer de stress à accalmie, du Nord au Sud, de l’isolement au bain de foule…

J’avais résisté à la tentation, aussitôt débarquée, de courir acheter un autre « Yukonnaise », histoire de poursuivre l’histoire. J’avais omis de m’informer au comptoir d’Air Inuit à Kuujjuaq, à savoir si on avait pu retracer le premier volume « oublié ». Dommage…

( en fait ce n’est pas tant la résistance que l’absence de l’objet convoité qui a entraîné l’économie réelle… De toute façon, j’avais bien hâte de voir combien de temps je résisterais vraiment…)

En attendant, j’attendais… Et je comptais les voitures jaunes… (Ben quoi?...)

Photo :  « Attraversiamo », St-Maurice de Dalquier, juillet 2012



Qui suis-je ?

Ma photo
Ex-Kuujjuamiut, Abitibi, Canada
Angélique, perfectionniste- approximative, douce mais impatiente...

Archives du blogue