jeudi 28 juin 2012

Pas d'heure, juste du temps



Je voulais préparer mes bagages en soirée, pour profiter de mon premier matin de vacances d’été. Je m’affairais à tout sortir en ordre croissant d’activités à venir : le camp pour enfants diabétiques de l’Est du Québec (CEDEQ) nécessiterait vêtements top confort d’allure bucolique; mon escapade sur le bord du Fleuve pourrait exiger un peu plus de style et finalement, le déménagement hériterait lui aussi de vêtements amples pour laisser toute la place à la peine qui ne manquerait sûrement pas de survenir à un moment ou à un autre…

Je regardais, déjà fatiguée, les différentes piles de vêtements qui s’entassaient et sur le lit, et sur le dessus de la commode. Les sacs à dos gisaient quant à eux sur le dos, en plein milieu de la chambre. Je tentai tant bien que mal de me faire un sac « camp », un sac « Fleuve » et transformai en sac à main, le sac à bandoulière que je glisse chaque matin sur mon épaule. Je serais prête pour treize heures, moment où on viendrait me chercher pour m’apporter à l’aéroport. 

Essayant de réfléchir à tout ce qui pourrait m’être utile « par en bas » pendant trois semaines, je me dis qu’une montre ne pourrait pas nuire. Je fouillai donc dans ma « boîte à bijoux » pour y extirper l’un de ces engins que je ne porte plus depuis que je demeure au Nord. J’en trouvai… 8!!! Et comme de raison, plus aucune ne fonctionnait, les piles devant avoir rendu l’âme depuis longtemps. J’en saisis deux dans le lot, me rappelant que ces dernières avaient un remontoir… Je tournai la « bobinette » et les laissai reposer pour la nuit sur la table de chevet, histoire de voir si elles tiendraient le coup et l’heure…

C’est là que j’ai réalisé qu’ici j’avais du temps mais pas d’heure, pareil comme aux Îles… Comme je ne m’en porte pas plus mal, me suis dit que je devrais survivre trois semaines au Sud sans…

Photo : « C’est l’heure », Kuujjuaq, juin 2012

(Je quitte trois semaines, sans portable. Je reviens le 23 juillet, à moins que d’ici là je ne mette la main sur des ordi errants pour vous faire des coucous… Comme d’habitude, je vous raconterai mes escapades… Bonnes vacances... de Moi!!!)


mardi 26 juin 2012

L'or thérapie... suite et fin.



En glanant des minutes ici et là, j’ai enfin terminé le projet de mosaïque débuté chez l’Amie Sue par un bel après-midi printanier. La dernière étape fut réalisée samedi dernier avec la pose du coulis. La pièce devait sécher lentement par la suite, ce qu’elle fit jusqu’à ce midi. Ce soir, j’ai sablé (un peu), nettoyé les morceaux (encore un peu) puis peinturluré les contours. Je suis littéralement tombée amoureuse de cet art, allant même jusqu’à commander tous les outils en plus de quelques pièces de céramique pour débuter le projet numéro 2, dont je ne dirai mot jusqu’à la toute fin de sa réalisation, car je sais déjà à qui je l’offrirai, ce qui ne risque probablement pas d’arriver avant la fin de l’an 2012.

Vous devrez être patients avant de voir et savoir…

Je compare la mosaïque à du casse-tête, sauf que c’est nous qui créons les pièces au fur et à mesure. On a le choix du dessin, des couleurs, des formes. Et on voit évoluer le travail, petit à petit. Ma première œuvre relève de l'art naïf et primitif, mais elle est mienne. Je l’ai coincée près de l’Inukshuk en bois, reçu lors de mon départ du CLSC. Ça reste dans le ton. Et c’est en attendant de décider si je la garde ou si je la donne à quelque personne de mon entourage.

Hum??? À qui pourrais-je bien l’offrir????...

Photo :  « Or thérapie », Kuujjuaq, juin 2012


Tranche de vie...


Le temps était gris. La pluie allait et venait, sans savoir si elle devait s’effacer ou rester pour la journée… Finalement, je n’ai rien fait de très sportif, ni de très ludique de ce dimanche… Juste effectué quelques changements d’adresse, pour que l’on puisse me retrouver vu que très bientôt je n’aurai plus vraiment de pied à terre « sudiste »… 

J’apprendrai à vivre sans…

Dimanche soir, recevant un Ancien Collègue de travail à souper, j’avais préparé une immense salade d’inspiration grecque que j’avais finalement mise de côté, ayant eu suffisamment de celle aux fleurons de brocoli comme plat d’accompagnement. Aussi quand vint le temps de me sustenter lundi, je me servis une généreuse portion de la dite salade grecque. Quelle ne fut pas ma surprise à un moment de coincer entre mes molaires, un morceau dur, très… très dur… J’extirpai de ma bouche un morceau de pierre d’environ un centimètre carré. Ébahie, je restai là, à le contempler, tout en analysant de mémoire, le plat cuisiné la veille : un demi-oignon rouge, une tomate, un zucchini, du fromage feta, puis un mélange de haricots en boîte (?) et une demi-boîte d’olives noires (?)… 

J’allai sortir de la récupération les deux cannes, histoire d’en connaître la provenance… Les légumineuses avaient grandies à Toronto et les olives étaient nées en Espagne. Alors soit je suis maintenant propriétaire d’une pierre espagnole ou bien, d’une Ontarienne pure laine…

Parce qu’à part ça, je ne peux vraiment pas voir d’où elle peut sortir… Une chose est certaine : ça me fera une belle pièce de collection dans mon musée de vie…

Photo :  « Prière de ne pas gober », Kuujjuaq, juin 2012

lundi 25 juin 2012

Lu cet après-midi...



« …Imaginons que chacune des journées de notre vie est cataloguée, ce que nous ressentons, les gens que nous croisons, ce que nous faisons de notre temps.

À la fin de notre vie, imaginons qu’un musée sera érigé pour exposer ce que nous faisons exactement de notre vie. Si 80% de notre temps est consacré à un emploi que nous n’aimons pas, alors 80% du musée nous montrera malheureux et passant la majeure partie de notre vie à faire une activité déplaisante.

Si nous sommes amicaux envers 90% des gens avec lesquels nous avons des liens, le musée en rendra compte. Cependant, si nous sommes colériques, de mauvais poil ou si nous vociférons des mots durs envers 90% de ces gens, le musée en rendra compte de la même façon.

Si nous aimons le plein air ou si nous aimons passer du temps avec les enfants ou encore célébrer la vie avec l’être aimé, mais que nous ne passons finalement que 2% de notre vie à ces activités que nous adorons, alors, peu importe à quel point nous souhaitons que ce soit différent, seulement 2% de notre musée y sera consacré.

Imaginons une visite de notre musée à la fin de notre vie. Comment nous sentirons-nous? Que ressentirons-nous de savoir que, pour l’éternité, ce musée montrera les souvenirs que les gens auront de nous? Chaque personne qui le visitera nous connaîtra exactement comme nous sommes vraiment. Notre héritage sera basé non pas sur ce que nous rêvons de vivre, mais sur ce que nous vivons réellement. 

Imaginons que le paradis, ou l’après-vie, peu importe ce que nous pensons qu’il puisse être, est en fait nous en tant que guides éternels pour les visiteurs de notre propre musée… » 

John P. Strelecky, « Les 5 Grands Rêves de Vie. »

Songez à tout ceci quand vous franchirez demain matin,  les portes de l’endroit où vous travaillez… On ne sait jamais jusqu’où cela pourrait vous mener…

photo:"Tel que lu...", Kuujjuaq, juin 2012



dimanche 24 juin 2012

Être là où on doit être...



Aujourd’hui, promenade habituelle en vélo « chemin Lac Stewart-Base d’hydravions-aéroport » sous un soleil de plomb et une armée de moustiques. Bien m’en prit car à la Base, j’ai été décorée de l’ordre « Johnny May Air Charter » en recevant une casquette promotionnelle pour mon assiduité sur le quai et la rapidité avec laquelle je lève mes fesses pour donner un coup de main quand le Beaver accoste… 

Il y a maintenant mes initiales, immortellement gravées en or 14 carottes, dans le sable près du quai…

À ce même endroit, j’ai reçu ma première timide demande Kuujjuamiut pour un «can we have a dinner together ». Malheureusement la personne s’était déjà envoyée quelques verres de « Bonne St-Jean » dans le gargoton et en fait… « unfortunately » pour lui, « fortunately » pour moi, mais mon carnet de bal de « dinner » pré-vacances était déjà plein à ras bord! 

(… Et « unfortunately » pour moi, ce n’était pas tant de lui que j’espérais une invitation que de… Mais allons-y une casquette à la fois…)

J’ai ré-enfourché le vélo et direction aéroport, j’ai croisé Collègue D qui pédalait à sens inverse, trouvant difficile notre piste cyclable en gravier mou et pleine de trous. « On s’habitue Monsieur. » lui répondis-je empathique, et je poursuivis mon chemin…

À l’aéroport, une surprise monstre m’attendait. Une sorte d’appareil, dont j’ai cru au départ que c’était un DC-3 mais qui n’en est pas un (c’est ici que se glisse mon « Attention Amis Pilotes ! »). Si vous agrandissez l’image, vous pourrez lire les lettres suivantes : HB-HOT. Immatriculation étrangère? Simple jeu de lettres?... 

Énigme…

Vous savez de quel type d’appareil il s’agit et d’où il provient… vous?... Se pourrait-il que ce soit « celui-là même »????...

Photo :  « Junkers Ju 52/3m », Kuujjuaq, juin 2012



samedi 23 juin 2012

« Attention, attention! Dernière représentation… »



… je suis allée au cinéma hier. Une histoire de triplets abandonnés sur le perron d’un orphelinat et qui n’avaient d’intelligence que cet espèce d’amour fraternel éternel… Disons que j’ai été sympathique à quelques reprises, entre autres, aux coups de masse sur la tête et à la défibrillation d’un agent de sécurité à l’aide de deux fers à repasser… 

Disons que ça fait ouvrir les yeux d’un mort assez brusquement!...

Les représentations feront relâches jusqu’à la fin août. Collègue W qui s’en occupe, a passé les jeudis, vendredis et samedis soir des neuf derniers mois à courir les films à l’aéroport, installer les bobines et tout le tralala, une bonne heure avant que les lumières ne s’éteignent, laissant place aux voyages bon marché, aux rires, aux peurs, aux histoires faisant fonctionner notre imaginaire à la vitesse grand « V »…

Je ne peux que lui lever mon chapeau pour son assiduité et ce dévouement bénévole non feint pour sa communauté d’adoption. Vous devriez le voir repartir du « Town Hall », sa camionnette remplie de p’tits mousses demandant à être déposés, tels des pétales au vent, ici et là. Parfois même l’espace arrière de la boîte doit être utilisée (ce qui est monnaie courante de voir ici…) afin que tous puissent profiter de l’occasion…

Bel exemple de générosité à suivre, n’est-ce pas?...

Photo :  « YVP», Kuujjuaq, juin 2012


vendredi 22 juin 2012

Trois fois, écrira...



… la dernière restera… Vous vous souvenez ce genre de petite comptine? « Trois fois passera, la première, la dernière; trois fois passera, la dernière y restera… » Et nous nous mettions à compter rapidement jusqu’à ce que les pieds de l’une accroche la corde à danser…

Je m'y suis prise à trois fois pour écrire ces lignes. J’ai voulu commencer par raconter ma journée « merdique »… Me suis ravisée parce que je me suis dit qu’il y avait pas mal « plussse » pire dans la vie. J’ai donc ravalé…

Puis j’ai tenté de vous expliquer que je rédige ces lignes la veille, avant d’aller au lit, et que je programme la publication pour le lendemain matin. Ça n’a pas toujours été comme ça; juste depuis mon « burn-out » d’écriture… Mais comme la convalescence évolue bien, me suis dit…

Alors pour avoir un peu d’inspiration, je suis allée lire mes messages et j’ai vu la dernière alerte DuProprio, annonçant un chalet quatre saisons, incroyablement beau et exactement dans mes goûts (c'est ça que je veux: de larges fenêtres jusqu'au plancher, de l'eau, de la nature...), au Lac Pohénégamook… dont j’ignore où c’est exactement… Je l’ai « marqué » pour ne pas l’oublier… Deux ans, ça peut être long…

Finalement, je fais du coq à l’âne, en attendant que les boulettes de porc aigre-doux, cuisinées à 21 :00, finissent de tiédir pour ensuite aller se coucher dans le frigo… Demain, il y a un « potluk » organisé au bureau : chacun apporte un petit quelque chose. Pour moi, ce sera…

Ça… sentait Noël tout à l’heure dans l’appart… Comprendre que c’est un plat traditionnellement cuisiné dans ma famille, le 24 décembre au soir… Je n’ai pas pu résister et j'ai goûté : en fait il le fallait bien, histoire de ne pas empoisonner mes Collègues demain…

Hum!... Je crois bien que ça ira…

jeudi 21 juin 2012

Ode à la lenteur


Lu quelque part, il y a quelque temps, entre l’hier et l’aujourd’hui… Le vingt-et-un juin c’est la « Journée de la lenteur »… Chez nos cousins les Français, ils l’ont appelée « Journée de la Lente Heure »…

Songé… Ça implique juste :

… d’apprendre à respirer… par le nez…

… de reconnaître que l’on ne contrôle pas tout dans la vie, bien au contraire… (à 11 :50am, je recevais un appel de l’inspecteur municipal qui tout à coup, était venu inspecter mes installations septiques Abitibiennes qui tout aussi à coup, polluaient l’environnement selon la « Q2-R22 »… Alors, vite, il me faut un nouveau système Bionest*, qui pour un peu moins de 12 000$, règlera le problème en deux temps trois mouvements… Bien évidemment… au moment même où la maison oscille entre mes mains et celles du nouvel acheteur… Seigneur!...Tellement écœurée que je trouve ça drôle…)

… d’arriver en retard au travail, histoire de prendre son temps, c’est permis une fois dans l’année… Convention imaginaire…

… de faire les choses, peu importe ce qu’elles sont, lentement, en savourant l’instant présent…

… de mettre un pied devant l’autre, défense de courir…

… de remettre toute « non-urgence » à… demain…

… de souffler un peu quoi… 

Alors moi je :

- ne demanderai aucune soumission de quelque ordre que ce soit;
- ne courrai après aucun courtier peu importe qui;
- ne répondrai à aucune question existentielle… Si ce n’est…

« Oui Amie Sue j’irai terminer la mosaïque débutée il y a déjà quelques semaines… » 

Ça prendra le temps qu’il faudra…

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Ex-Kuujjuamiut, Abitibi, Canada
Angélique, perfectionniste- approximative, douce mais impatiente...

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