dimanche 26 février 2012

samedi 25 février 2012

Dave Matthews - Some Devil

"La perfection n'existe que par nous-mêmes..."



Levée tôt, je cherchais désespérément une place au soleil (même si dehors le temps était nuageux). J’ai fini par tirer le banc du « quêteux » devant la porte, le seul endroit de la maison, réalisai-je, où je pouvais me perdre dans la blancheur figée que m’offrait le lac tout en étant assise.

Je grattais d’une main le cou de mon Méo, trop heureux de se laisser faire, pas tant par moi, sa Maîtresse, que par un « quelqu’un ». Le café était goûteux, Dave Matthews me serinait ses airs dans les oreilles, gonflant mon cœur du coup… malgré ses rythmes…

J’avais vaguement conscience qu’assise là, je débutais une espèce de deuil : deuil d’une vie passée date, deuil d’une maison qui malgré tout le bonheur qu’elle m’avait apportée, me laissait un goût amer et une lourdeur en ce doux matin de février.

Parce que je dois prendre une décision par rapport à elle, elle que j’ai tant bien que mal, et après moult avaries (qui n’en finissent plus de finir), rafistolée, cajolée et aimée. Cinquante-quatre hivers qu’elle a cette maison, justement… Mais son toit laisse encore glisser quelques larmes de Dieu à l’intérieur et ses murs n’offrent pas beaucoup de résistance contre la froidure. Après voir lu Francine Ruel et son « Bonheur es-tu là? » ainsi que « L’escapade sans retour de Sophie Parent » de Mylène Gilbert-Dumas, j’ai l’impression de m’être inventée aussi, au fil des années, une histoire d’amour avec la petite maison blanche aux volets bleus acier.


La peur qui m’habite ce matin, n’est pas tant de m’en séparer comme du « ce qui deviendra mon point de chute » si jamais je la laisse aller… Et puis j’ai appris hier, que mon long quai connaîtrait bientôt sa deuxième vie. Après tout ça, je me demande ce qui pourrait encore me retenir ici. Je me sens comme un arbre à moitié déraciné par un orage, qui lui aussi, n’en finit plus de finir, arbre qui hésite entre accepter de tourner la page et se laisser transformer en un « quelque chose » qui vieillirait bien ou résister encore en laissant pendouiller ses quelques racines en terre tout en sachant qu’il ne sera jamais plus qu’un arbre à demi-déraciné…

« Méo me regarde puis tourne sa tête de chien brillant vers l’extérieur. Il semble me dire qu’il est maintenant grand temps… »

Photo : « Il était une fois un gîte et son Fleuve… », L’Islet-sur-Mer, février 2012

jeudi 23 février 2012

L'Islet-sur-Mer/Ste-Foy/Montréal/St-Sauveur

... un bon dix heures de route, incluant les innombrables arrêts et l'interminable attente entre Montréal et St-Sauveur. Que voulez-vous: faut que vacances se passent!

Ce matin à L'Islet, j'ai eu le temps de piquer une jasette avec le proprio de l'épicerie du village en attendant l'autobus. Je fus surprise d'apprendre qu'il avait dans le début des années 50, navigué sur les eaux entourant le Nunavik de Kuujjuaraapik à Kangiqsualujjuaq!

Quelle coïncidence!

Il a été à bord d'un brise-glace pendant quelques années pour ensuite livrer l'huile à chauffage dans les communautés Inuit.

Je n'arrête pas de dire que le monde est petit...

Pendant notre jase, une Dame se joint à nous. Elle aussi attend l'autobus. De fil en aiguille elle me dit:"Moi aussi j'ai déjà habité en Abitibi"

"Ah oui? Dans quelle ville?"

"Amos..."

Ben voyons! J'ai éclaté de rire! Comme si L'Islet, dans un dernier soubresaut, tentait par tous les moyens de me séduire... Pour que je reste...

J'ai fini par quitter mes Nouveaux Amis emportant avec moi, deux baisers sonores sur les joues, deux solides poignées de main et la fugace impression que je possèdais maintenant les "clés du village" pour une éventuelle future visite...

photo:"La face cachée de L'Islet-sur-Mer", février 2012

mardi 21 février 2012

"Pour une dernière fois..." *
















Je suis en peine… La vie étant ce qu’elle est, pleine de ces arrivées, de ces départs, je dois m’éloigner de Lui, une fois de plus, Lui laisser la liberté de suivre son cours. Je dois m’en séparer…

Je suis en peine… J’ai dans le cœur un trou aussi grand qu’un glacier qui aurait fondu trop vite et n’aurait laissé à sa place qu’un grand vide…

Le Vide…

De peine et de misère, je suis sortie de l’apathie qui me clouait sur le divan du p’tit salon, pour marcher le Fleuve, juste au cas, pour ne pas qu’il m’oublie. Pour ne pas que je l’oublie… Je me suis arrêtée une fois de plus, pour l’admirer, le photographier, sous son meilleur jour, à contre-jour...

Je suis en peine… Je porterai le deuil de ce petit village, que j’ai tenté tant bien que mal, d’immortaliser, sur pellicule et dans ma mémoire. Souvenir de maisons colorées, aux allures ancestrales…

Je suis en peine… Même si je sais que je m’en vais vers d’autres horizons tous aussi fabuleux, malgré tout, il y a une grisaille qui me tenaille le cœur… comme un quelque chose d’inachevé, qui de toute façon n’aurait pu durer…

Je suis en peine… « de cette dernière fois, avant de m’en aller »…

*Gerry Boulet, « Pour une dernière fois »

photos:"Belle d'un jour, belle toujours" et "Lui", L'Islet-sur-Mer, février 2012


Gerry Boulet - Pour une dernière fois

lundi 20 février 2012

Retour à la case départ



Tel un pigeon voyageur, je suis rentrée au bercail en fin d’avant-midi. Ainsi s’est achevé le périple dans le Bas du Fleuve avec mon Chum de Trek Pat. J’en reviens la tête remplie de noms de petits villages, de paysages à couper le souffle et de places à découvrir quand je reviendrai cet été.

Parce que j’y retournerai, c’est certain…

Le Fleuve face au Gîte de l’Anse aux Oies, semble m’avoir définitivement adoptée. Il m’attendait, sage avec ses marées glacées aux chants étranges. Je me suis attardée sur le quai, y ai lézardé un moment, dardant mon regard vers la rive Nord, vers les pentes enneigées du Massif de la Petite rivière St-François…

Je crois…

Je ne sais pas ce que je vais faire avec ça… avec lui, ce Fleuve au long cours. Il m’a ensorcelée depuis déjà plusieurs années. Je me suis confiée à lui, lui ai lancé bouteille imaginaire contenant mes chimères les plus douces, les plus folles, les plus secrètes. J’attends toujours qu’il me livre réponse. Peut-être a-t-il dû porter mes vœux très loin, un peu plus au large, là où le fleuve devient mer et la mer, océan, afin qu’ils se réalisent enfin?

Qui sait?...

Reste à voir si les montagnes des Laurentides réussiront à rompre le charme…

Photos : « Musée, rue St-Germain » et « Larmes de glace », Rimouski et L'Islet-sur-Mer, février 2012

dimanche 19 février 2012

Un coucou de Rimouski!

Au moment où assise à la table de la cuisine je laisse s’envoler ces mots, les notes de la mélodie de Sinead O’Connor s’élèvent et se mêlent à l’atmosphère cosy de l’appartement de Chum de Trek Pat, qui m’a kidnappée par un beau vendredi avant-midi, le temps d’un week-end dans le Bas du Fleuve.

Après avoir longé tranquillement la route 132 jusqu’à Rimouski, avec ici et là, quelques arrêts-photos obligatoires, j’ai eu droit depuis deux jours, à une visite guidée en règle de cette ville riveraine se savourant comme un bon allongé sur les bords du St-Laurent. Réalisation d’un rêve éveillé, nous avons roulé tous bords tous côtés, les villages adjacents conquis ou non par la Belle Ville. J’ai vu aux alentours, des vallées emprisonner des champs de culture recouverts d’édredons tous blancs pour se tenir au chaud. J’ai entendu le long du Fleuve, les glaces s’étreindre pour une valse lente au gré des marées, s’entrechoquer dans un crépitement rappelant le verre éclaté. J’ai observé l’eau étendre son bleu acier au-delà de l’Île St-Barnabé, qui elle, coupait de sa verdure d’épinettes, ce long fleuve.


Quelqu’un* n’a-t-il pas déjà dit, que "la vie n’était qu’un long fleuve tranquille"?...


*Étienne Chatiliez, 1988

mercredi 15 février 2012

La maison-horloge


Il était une fois… une Dame, où dans sa chevelure noire corbeau, s’entremêlaient fils d’argent. Sans être vieille, elle avait mis le pied dans une décade où les rides jouaient à tromper son âge de cœur et ses articulations, à lui fausser parfois compagnie.

« C’est la Vie », lui dit son miroir, en ce matin de mi-février…

En matinée, la Dame chaussa ses bottes et décida de prendre la route vers l’est, histoire d’aller explorer un peu ce côté de la région des Chaudières-Appalaches. Gâtée par la Vie, un Monsieur logeant à la même enseigne qu’elle, lui offrit de la reconduire jusqu’au village voisin pour ainsi ménager le genou qui sans être totalement guéri, allait quand même beaucoup mieux. De cette façon, elle pourrait vraiment juger de son rétablissement.

Les quatre kilomètres entre les deux villages furent parcourus en une heure. Le temps était gris mais doux. La neige tombée pendant la nuit, était maintenant d’un brun sable et d’une consistance plutôt « gadoueuse »… Aux douze coups de midi, la Dame se trouva face à une très belle maison. Elle s’arrêta, le temps d’une pose… Voyez le résultat : on dirait que l’horloge repose sur le toit et qu’un arbre sort du pilier…

Parce que j’étais au même instant tout près de la Dame, je vous jure qu’avec le chant des cloches du village, le moment fut vraiment fantasmagorique…

photo:"Midi à l'Islet-sur-Mer", février 2012


Coup du sort ou sortilège?




Kuujjuaq, lundi midi : je lance tant bien que mal le lourd sac à dos vert sur mes épaules, j’ouvre la porte et pose le pied sur le perron métallique. Une vive douleur se fait sentir dans mon genou gauche, comme s’il avait une fois de plus été trop loin dans sa lancée et pas du tout dans la bonne direction…

Zut!

Le reste de la journée, je boitille en me déplaçant précautionneusement. Je guette tout ce qui pourrait ressembler à un camouflage de plaque de glace. S’il fallait en plus…

L’Islet-sur-Mer, mardi : on dirait que j’ai cent dix ans. Le boitillement s’est changé en peur d’avoir mal ou d’empirer mon sort. J’économise mes pas…

Aujourd’hui, mercredi : il fait un temps splendide. Je respire au rythme de la marée qui se déroule sous mes yeux, du haut de mon observatoire... Après trois cafés, je me semonce et m’intime l’ordre de mettre le nez dehors. J’irai à petits pas et respecterai la capacité de mon genou meurtri…

Je me rendis sur le quai. Assise sur le bord du Fleuve, je me disais que je ne pouvais être ailleurs qu’ici. Il y avait dans l’air un « je ne sais quoi d’inexplicable inexpliqué » qui flottait entre les larges tartes de glace qui s’entrechoquaient, se brisaient, craquaient entre elles. Un léger brouillard enrobait les montagnes de la rive Nord, créant ainsi un double ombrage.

Magique…

J’ai arpenté à pas de tortue une partie de la « 132 », admiré les architectures mansardées, victoriennes, canadiennes et québécoises, fait la connaissance d’un Charles aux yeux bleus, qui m’a gentiment invitée, en toute simplicité, à aller prendre un café chez-lui…

Non, non les Filles! J’ai décliné l’invitation… ce midi en tout cas!

Pour les jours à venir, je verrai…

photos : « Merci… la Vie! », Auberge La Marguerite, L’Islet-sur-Mer, février 2012

mardi 14 février 2012

Ah! Cette St-Valentin!

Mais qu’est-ce que cette fête pour cœurs coquins? À l’épicerie où nous nous sommes arrêtés pour quelques victuailles, que des chocolats et des fleurs aux couleurs de fraises…

Mais point de fraises…

Nous avons ensuite roulé, Grand Frère et moi, sur une 132 sèche sous un soleil enivrant. Arrivée au Gîte, j’ai osé suivre la vague et j’ai aussi laissé s’envoler ce fameux « je t’aime » tant entendu en cette journée. Grand Frère l’a reçu en plein cœur, enrobé d’un gros câlin. La différence, c’est que je ne me gêne pas pour le dire n’importe où, n’importe quand, tout le temps...

Oh pardon! Je dois vous laisser. La plus importante Personne dans ma vie m’attend déjà pour un souper en tête-à-tête à l’Auberge la Marguerite, située juste en face du Gîte de l’Anse aux Oies. Je ne voudrais surtout pas qu’Elle s’impatiente…

À Elle aussi, je dirai bientôt un gros « je t’aime » bien senti, mais je laisserai faire le câlin…

… je n’ai pas ce talent de contorsionniste! ;-)

En vol vers Québec city

Le ciel était littéralement déchaîné à mon lever hier matin. L’air était marbré de ces nuages de particules de glace, se déplaçant à vitesse vertigineuse, d’une maison à l’autre, d’une vie à l’autre…

Je regardais pantoise, cette rage libératrice. Je trouvais même amusant, d’avoir attendu à ce lundi pour reporter mon départ vers le Sud, ayant craint une telle réaction de la nature vendredi dernier, alors que j’aurais été coincée par le temps, entre Kangiqsualujjuaq et Kuujjuaq. Malgré tout, je demeurais sereine. Dans le Nord, on apprend à vivre… À vivre le moment présent et à s’incliner devant plus Grand que soi…

C’était le cas…

Pendant espérance et avec une insécure confiance (!) d’un ciel plus clément, je défis la gigantesque valise préparée la veille en vue de ces trois semaines de congé, non par dépit, mais bien parce que j’en avais rêvé. Si on dit que les voyages forment la jeunesse, alors je dis qu’ils usent « ma » vieillesse car, me déplacer avec ces lourds bagages, valises immenses où je pourrais à la limite prendre place, avaient occasionné chez-moi, l’ « insomnie de la voyageuse ».

Je transférai donc vêtements et livres du « gobe-tout » à l’illustre « sac à dos vert », pour terminer mes bagages, munie de mes deux « fidèles » que je porterais sur mes épaules plutôt qu’à bout de bras.

Enfin, c’est ce que je pensais dans la brume du matin… Parce que je ne sais pas pour vous, mais moi je n’en ai que deux (épaules)… et deux sacs à dos, en demandent quatre!...

p.s. L'avion a décollé avec à peine un quinze minutes de retard et nous sommes arrivés avec à peine une quinzaine de minutes à l'avance. Comment ça? Parce qu'il n'y avait pas d'essence à Schefferville, donc nous avons poursuivi notre vol vers Québec... Rassurantes les envolées Nordiques!!!!

dimanche 12 février 2012

Ah! Les vacances!...


On dirait que dans le fin… fin fond de moi, je le sais… Je le sais que je suis en vacances! Ce matin, j’ai pris le temps de lire avec les rayons du soleil. J’ai tourné la dernière page du « Vide »…

Quelques larmes ont glissé…

Puis je me suis « glissée » dans mes vêtements d’extérieur, un mélange de produits Québécois et Nunavimiut… J’ai rejoint l’Amie Sue chez-elle puis nous avons longé la rivière et ses monticules de glace, craquante sous nos pas…

Au risque de me répéter… « j’ai eu peur », quelques instants…

Le soleil brillait par sa présence, et une fois de plus, je l’ai capturé pour un immortel moment… Voulant profiter de la beauté du temps, nous avons remis sur ses pattes un vieux divan errant. Les yeux fermés, les nez levés vers l’astre, nous avons jasé... pour le plaisir d'être là...

Puis, transies nous nous sommes dirigées vers l’Auberge, curieuses de savoir si on y servait des breuvages en plein dimanche après-midi.

La place était… vide! Mais Victoria a accepté de nous servir le plus succulent des chocolats chauds qu'il m’ait été donné de savourer au Nunavik. Et pourquoi pas ce carré aux fruits, quant à y être?...

Après je me demande comment ça se fait que j’engraisse à vue d’œil!...

Photos : « Repos et bien-être », Kuujjuaq, février 2012

samedi 11 février 2012

J'ai eu peur


Levée pleine de bonne volonté, avec un « cœur vaillant à qui rien ne serait impossible », je pris le temps de savourer le moment de mes deux habituels cafés avant de jeter un œil sur le site d’Environnement Canada pour voir où nous en étions en terme de chaleur… euh… de froidure! Quelle ne fut pas ma surprise d’y lire un « moins 51 » avec refroidissement éolien!

Brrrr…

C’est là que j’ai eu peur. Tellement que j’ai enfilé couche par-dessus couche, jusqu’à en avoir de la difficulté à bouger. Pas de chance à prendre, je devais me rendre au bureau.

À peine le nez dehors, je constatai qu’il n’y avait pas une once de vent. Bon départ! Chemin faisant, le froid ne daigna même pas agacer mes joues pourtant un peu « à l’air ». C’était confortable.

Froid, mais confortable.

C’est ainsi que je me surpris à douter du thermomètre d’Environnement Canada. Ou je me suis si bien adaptée au climat Nordique, que j’avance sans reculer (!) dans les moins cinquante…

Quelque chose du genre…

Photo : « Par un beau matin », Kangiqsualujjuaq, février 2012

vendredi 10 février 2012

Back home!

Comme je suis bien... emmitouflée dans ma doudou, les pieds bien à plat dans mon chez-moi! Depuis onze heures trente cet avant-midi, j'ai eu le temps d'arriver à Kuujjuaq, d'aller travailler et d'aller festoyer avec Amie Sue, Bob et autres Collègues avant d'atteindre cet état extatique...

J'ai eu un beau vol de retour: ensoleillé, calme, avec un pilote aux yeux rieurs et à la parole taquine. Il avait les cheveux couleur de l'expérience, et le mot pour rire. Quel heureux mélange pour nous mettre en confiance! Il nous a même suggéré pendant le "briefing" pré-décollage, de ne pas essayer les sorties de secours avant... d'être rendus à terre!

Comme si on avait pensé à ça...

Tout est bien qui finit bien. Je n'avais presque pas de messages dans ma boîte de messagerie (qui a refusé de fonctionner le temps que j'étais à l'extérieur du bureau) et j'ai pu rendre à terme cet après-midi, quelques-unes de mes tâches pré-vacances. Malheureusement, je devrai aller travailler quelques heures demain... Ce sera correct pour moi, quelques tâches cléricales et le tour sera joué. De toute façon en moi, vibre déjà la liberté du temps...

Je vous glisserai des photos de Kangiqsualujjuaq ici et là dans les prochains jours. J'ai bien tenté d'en joindre à mes précédents billets mais le portable utilisé ne les a pas digérées... Triste, mais c'est la réalité...

Mais je n'ai pas dit mon dernier mot...

photo: "Baie d'Ungava, bien gelée", Nunavik, février 2012



jeudi 9 février 2012

It's done!

Vivement les vacances maintenant! Comme de raison (comme d'habitude!), les jours se sont écoulés les uns après les autres, "le temps prenant son temps, prenant le mien sur son chemin..."*

Toutes les activités prévues ont eu lieu, se sont même très bien déroulées... J'ai rencontré des gens intéressants intéressés...

Intéressant...

Voilà qu'il me reste à replacer tout le matériel dans le "sac à dos vert", celui-là même qui rentre à bon aéroport une fois sur deux. Mais rendu là...

Demain Kuujjuaq. Un peu de travail de bureau dans l'après-midi puis j'entendrai sûrement un son de cloche quelque part m'annonçant que je peux enfin accrocher non pas mes patins, mais mes connaissances, le temps de trois belles semaines.

Je promets pendant ce temps:

- de ne prendre aucun message se rapportant au travail;

- de passer trop de temps à lire;

- d'aller marcher au moins deux fois par jour;

- d'admirer exagérément le fleuve en pensant à vous;

- de me reposer beaucoup trop, jusqu'à en être fatiguée;

- d'aller saluer mon Chum de Trek Pat à Rimouski;

- de passer par St-Sauveur aller palabrer avec ma Bonne Fée;

- de manger plein de mets trop santé;

- de rêver juste assez...

Ciel que j'ai hâte!...


*L'escalier, Paul Piché

Paul Piché - L'escalier

mercredi 8 février 2012

J'ai serré la main...

...non pas du diable mais bel et bien d'un Homme grand de bravoure et de cran: Lucassie en personne!


Quand je vous dis que j'aime "être sur le terrain"!


Le contexte...


Hier matin, alors que j'arrive dans la cuisine commune de l'hôtel pour y prendre mon petit-déjeuner, un Homme d'un certain âge, à quatres pattes à terre, est à éponger une nappe d'eau répandue sur le plancher. On m'explique en riant (la Dame avec qui je voyage besognait elle aussi) que le distributeur à eau a fait défaut pendant la nuit... S'ensuivit une petite jase...


En après-midi, je croise à nouveau l'Homme, qui sachant que je suis infirmière, désire avoir conseils concernant un problème de santé. Je le rassure et partage avec lui un bout de vie...


Aujourd'hui, pour le deuxième matin, j'engageai la conversation avec Monsieur Inuk, dont j'avais omis de demander le nom hier (grossière erreur, à ne jamais répéter). En "mission" dans la communauté afin d'informer les personnes âgées de leurs droits, il m'explique qu'il reprend le Ciel en avant-midi, direction Kuujjuaq, puis Tasiujuaq pour enfin retourner chez-lui, à Kangiqsujuaq d'ici quelques jours.


D'une chose à l'autre je lui demande son nom, tout en lui expliquant que j'essaierai de le revoir lorsque je passerai dans sa communauté, probablement à la fin de l'été. C'est là que j'appris, qu'il était le "Lucassie" de la vidéo dont j'avais parlé sur ce blogue, le 21 décembre dernier. Il m'a raconté un peu sa technique de chasse, apprise de son Père.


Quelle incroyable rencontre! En fait, j'aurais eu Kevin Costner en face de moi, que je n'aurais pas été plus impressionnée!


Comme quoi la popularité s'acquiert de bien des façons!


(en passant, ce très court métrage, m'a-t-il dit, a été présenté dans plusieurs pays dont la France et l'Italie. Pour deux semaines de tournage, il en est resté quinze minutes qui sur "Youtube" s'est transformé en... 2:59minutes!!!)


mardi 7 février 2012

Déchanter

Tous les jours ne peuvent avoir la même tangente idéale. On s'entend tous là-dessus... Non pas que l'activité à l'école ne se soit pas bien déroulée. Au contraire: les étudiants furent des Anges d'attention et de saine curiosité. La vérification de leur taux de sucre a fait, comme d'habitude, fureur, ayant même à mes côtés à un moment, une "apprentie-infirmière" et un "apprenti-docteur" préparant pour moi le matériel nécessaire, allant même rassurer par de bonnes paroles, les plus inquiets...

Pourquoi ne pas en profiter après tout, pour faire quelques exercices de recrutement par la même occasion!

Quand je dis que les jours se suivent et ne se ressemblent pas, je ne fais pas allusion non plus aux changements brusques de température. Au moment où j'écris ces lignes, le vent souffle si fort que l'hôtel en valse sur ses piliers... Mieux vaut alors toucher terre qu'être dans les airs par ces temps...

Non, si je suis quelque peu désillusionnée, c'est plutôt la rencontre de quelques travailleurs professionnels pour qui, selon moi, le mot "passion" ne fait plus partie de leur vie! Et ça, ça me tanne et me fait dresser les cheveux sur la tête!

Je comprends que l'on puisse être à l'aube d'une retraite bien méritée (n'en suis-je pas rendue là?) ou encore avoir eu une journée épouvantable. Mais pourquoi faut-il que les sourires et mots bienveillants disparaissent ainsi à la vitesse "grand V"?

J'imagine comment pourrait se sentir une personne venue pour certains services et qui rencontre ces airs... hum...

Brrrr... ça donne plutôt le goût de remettre manteau et bottes et espérer aller guérir plus loin!!!

Je termine en souhaitant pour ces Professionnels, que demain ne soit en rien pareil à aujourd'hui...



lundi 6 février 2012

En direct...

... de Kangiqsualujjuaq, communauté aux gens rieurs et bons vivants. Déjà dans le Twin Otter qui nous y amenait, les rires des Dames fusaient tout bord tout côté. J'adore cette possibilité qui m'est offerte de pouvoir ainsi me fondre dans cette autre culture...


La Conférencière avec qui je passerai la semaine, est arrivée de la Côte d'Hudson en fin d'avant-midi. Nous nous sommes retrouvées avec plaisir à l'aérogare de Kuujjuaq quelques minutes avant le décollage, prévu à 15:45. Le vol 624 s'est bien déroulé. Le "plafond" était bas et j'ignore à quelle altitude nous volions mais il me semblait que la tête des escarpements rocheux n'était pas très loin sous les roues de l'avion... Mais bon, les Gars nous ont menés à bon... aéroport, c'est là l'important...


Il n'y a rien que j'aime plus qu'avoir les deux pieds foulant d'autres rochers du Nunavik. Voir les enfants souriants, recevoir les sympathiques salutations d'aînés parfaitement inconnus. J'aime le travail-terrain. Je m'y sens ancrée et en pleine possession de mes moyens. J'oserais dire "utile"... Je sais, je sais, chaque étape de la chaîne est importante mais je crois que je préfère être le maillon "groundé"...


Bref...


À l'aérogare, notre Partenaire pour les prochains jours nous attendait. Charmante et jolie Dame s'exprimant dans un français impeccable. Mais je devrai quand même faire l'effort de parler en anglais...


Après tout, n'est-ce pas là, l'un de mes Cinq Grands Rêves de Vie?...



dimanche 5 février 2012

Grève de coeur au ventre

Journée mollo, peut-être même un peu trop. Ça en prend toujours quelques-unes ici et là. Ce sera celle que je réservais pour ce début de Février!

Sortie en milieu d’avant-midi pour aller petit-déjeuner avec Collègue A et son groupe d’Amis-Jeunes-Parents, je revins aussitôt me terrer dans mon antre pour cuver le manque de sommeil de la nuit précédente.

Car le "budget" de la veille avait décidé, bien malgré moi, de venir hanter la nuit…

En ce doux dimanche, je sentais le besoin d’une solide cure de rétablissement, et la meilleure à mon sens, fut d’alterner moments de lecture et de roupillons. Grand bien m’en fit! J’abandonnai sans remords, à son triste sort, le pauvre document gisant sur la table de la cuisine. Il devrait attendre à demain, voir à mon retour de vacances. De toute façon, j'avais entre les mains suffisamment d’éléments pour continuer à aller de l’avant quelques temps…

C’est donc avec Patrick (Sénécal) que je me suis perdue dans son « vide » intérieur. Par moments, son « vide » rejoignait le mien… Littérairement parlant, va s’en dire!

Et comme à tous les dimanches, je n’ai pas manqué de parsemer le temps ici et là, de quelques appels téléphoniques. Ainsi je peux vous dire que Tante Paula se porte un peu mieux, Papa Fitzsou a bien hâte de me voir et s’inquiète à savoir si mon travail « ne me fatigue pas trop » et que ma Douceur ma Belle surfe sur ces rêves de voyage...

Pour ma part, ce soir je remplirai mon sac à dos de victuailles et de vêtements car demain je quitte Kuujjuaq pour Kangiqsualujjuaq. J’y serai jusqu’à vendredi, où là, j’aurai vraiment atteint le dernier « dodo » avant les vacances.

Ne vous inquiétez donc pas si je me fais silence pour les jours à venir : l’Ange ne sera qu’à besogner un peu plus loin, sous d’autres Cieux

photo:"Juste pour voir le monde", Kuujjuaq, février 2012



samedi 4 février 2012

Des mots pour le dire...

Dire…
… que j’ai beaucoup à écrire, serait mentir, car de ma journée je n’ai vu passer que chiffres et papiers…

Dire…
… que je suis fatiguée serait à peine exagéré, puisque je sens mon cerveau drôlement vidé…

Dire…
… que j’aspire à des jours de repos serait beaucoup plus rigolo, et surtout, utiliserait beaucoup plus de mots…

Dire…
… que pour finir j’aimerais aller dormir serait un peu court, mais deviendrait assurément, mon bonheur-du-jour…

Dire…
… que je m’étais promise de ne jamais aller travailler un samedi, surtout pas ici et...

Dire…
… qu’il ne faut jamais dire « jamais », me consolerait et me convaincrait…

… de ne plus recommencer sauf peut-être… demain?...

vendredi 3 février 2012

Bizarre de vendredi hagard...

« …agrandi par la peur… qui a un regard inquiétant… » Pas moi qui le dit, c’est mon Petit Robert…

Ouf! J’en ai essuyé toute une, si je peux me permettre l’expression. Arrivée tranquillement ce matin, avec toute la bonne volonté du monde, voulant terminer les quelques tâches éparses qui traînaillaient sur mon bureau, tout ça afin de pouvoir partir en vacances l’esprit tranquille…

Vous voulez vraiment connaître la suite? Et bien…

le téléphone s’est mis à sonner. J’ai pris le combiné et tout a commencé. En ouvrant ma boîte de messages pour envoyer la réponse, j’y ai vu le nom d’un correspondant de qui j’attendais des nouvelles. J’ai ouvert le message, ce qui m’a entraînée à lui répondre immédiatement pour que ce soit une chose réglée… Pendant que je m’exécutais, le téléphone a re-sonné. J’ai re-répondu, et après une longue discussion, j’ai promis à mon interlocuteur de donner suite aussitôt en lui envoyant un rappel par messagerie. Comme je re-retournais dans ma boîte de messages, j’ai vu que mon Patron avait déjà répondu à celui que j’avais eu le temps de lui transmettre après ma rencontre avec Collègue V. Je me suis dit autant l’imprimer et le placer à vue pour me rappeler de joindre le mémo avec les prochaines requêtes… Comme je revenais du photocopieur, le téléphone re-re-sonnait. J’ai re-re-répondu, puisque ça fait partie de mon travail. Ce n’était pas très long, juste reconfirmer ma présence à Kangiqsualujjuaq la semaine prochaine et veiller à ce que tous les gens que nous devons rencontrer soient avisés… Et comme ceci était noté sur ma liste du matin, j’ai pu le rayer immédiatement…etc, etc, etc... ce fut comme ça toute la journée

Non mais…

p.s.Ah oui! Dans les milieux hospitaliers on dit : »Petit lundi, gros vendredi » Mon problème : je ne me rappelle plus du tout ce qu’a eu l’air mon lundi, mais je sais que demain je dois retravailler si je ne veux pas glisser dans ma valise de vacances, une pile de soucis reliés au travail…


jeudi 2 février 2012

Soirée cinéma

Point de résumé ce soir : le film était un peu osé, marbré de quelques scènes vulgaires et violentes. Ça en prend pour tous les goûts. Personnellement je les préfère plus « doux »…

Le nettoyage de la salle terminé, j’attendais mon Collègue, installée précairement sur le coin d’une table laissée dans le hall d’entrée. Mon attention fut vite attirée par le va-et-vient d’une minuscule et fort jolie jeune demoiselle à peine âgée de quatre ou cinq ans. Vêtue d’un manteau aux couleurs d’un ciel au lever du jour, d’une tuque rosée et de jolis « kamik* » en cuir naturel, elle pirouettait, sautait à cloche-pied, traversait le hall de long en large, comme si de rien n’était, comme si elle était seule au monde…

Au fait, l’était-elle?...

Plus loin, une jeune adolescente, assise, somnolente… Debout, près d’elle, une autre jeune fille de rouge habillée, déambulant du téléphone à la porte d’entrée. Aussi un jeune homme, se promenant, et vers qui la plus petite se rapprochait de temps en temps, pour lui prendre la main et faire quelques pas avant de repartir vers…

N’importe où, y faire n’importe quoi…

... pour regarder le plafond, elle s’est étendue de tout son long par terre. Pour s’étourdir, elle s’est mise à pivoter sur elle-même jusqu’à tomber

... pour s’en retourner chez-elle, mon Collègue l’a embarquée… ainsi que les trois Grands qui attendaient, un bingo qui n’en finissait pas de finir

*kamik : bottes fourreau en cuir souple et fourrure de phoque


photo:"Grandeur nature", Kuujjuaq, février 2012


mercredi 1 février 2012

Qui parle d'erreur?

Dans la quiétude d’un mercredi matin, à l’heure d’un crépuscule à peine sorti de sa béatitude nocturne, j’eus un court et curieux échange avec un partenaire de travail demeurant dans un village Nordique, situé à plus de deux mille kilomètres de Montréal.

Sujet : « … erreur de jeunesse… erreur de vie… »

Voyant les lettres s’étaler sous mes yeux, viscéralement monta du plus profond de moi : « Ne parlez pas d’erreur, parlez plutôt d'une occasion d’apprendre, de grandir… »

Dieu du Ciel! Quelque peu abasourdie par Moi-même, d’avoir osé répondre ça, je fermai les yeux un court instant et espérai que cette boutade lancée dans l’espace inter-Nunavimiut, atterrisse en bonne et due forme, à destination, sans interception…

Sans mauvaise interprétation…

Ces mots m’ont ramenée à l’essentiel de voir toute expérience passée, comme une leçon de vie. Peu importe…

… Je sais, c’est moi qui ose dire ça… Maintenant… Oui, j’ose…

Parce que jaillis spontanément, ils ont éveillé en moi un « il n’y a pas si longtemps », où je disais aussi, avoir commis quelques grossières erreurs de vie…

… et il est grand temps que j’admette que c’est faux, et qu’il est vrai (!) que j’émerge de ce « il n’y a pas si longtemps », disons, aguerrie…


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Ex-Kuujjuamiut, Abitibi, Canada
Angélique, perfectionniste- approximative, douce mais impatiente...

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