jeudi 30 juin 2011

"... pas ma tasse de thé..."


Beijing, Chine, un certain jour de mai…

« La chaleur est torride. Sébastien nous guide patiemment vers un édifice d’où dévale une longue montée cimentée… Aucune fleur, sauf Celles habillées de rose qui nous accueillent à l’entrée…

On nous conduit dans une salle remplie de zénitude, et avec gratitude, on se tire « une bûche »…

Débute la cérémonie du thé : placé au-dessus d’un plateau de bois treillissé, on verse une eau très chaude sur la théière pour la réchauffer, puis on y dépose des feuilles de thé, qu’on prend la peine de rincer pour les dépoussiérer et réveiller toute l’intensité de leur saveur… On laisse quelques minutes à peine pour l’infusion… Servi dans un minuscule verre, nous sapons le thé en trois gorgées : pour la prospérité, le bonheur et, l’amour?… Hum! Pas certaine! Je n’arrive pas à me souvenir et mes recherches n’ont donné que dalle.

M’enfin…


J’achète après la dégustation, une tasse avec un imprimé de dragon se transformant en Grande Muraille lorsque remplie de liquide chaud… Payée 100 yuans, soit pas loin de 20.00$ et avec quelques boîtes de thé, l’
Ange s’est fait déplumé d’une centaine de dollars… On a bien ri de moi, quand un peu plus tard, plusieurs ont trouvé dans un marché populaire, la même tasse pour 20 yuans (environ 3.00$)!...

Le message suivant s’adresse à mes Chums de Trek :

L’autre jour, en voulant sortir la tasse de l’armoire pour la montrer à une Amie, le couvercle a glissé et… »

Photo : « Couvercle en moins », Kuujjuaq, juin 2011

mercredi 29 juin 2011

Qu'est-ce qu'on mange?


Chaque soir c’est la même question depuis que le monde est monde…

J’imagine…

Pour me la donner facile depuis mon retour de la Chine, je me suis abonnée à un blogue « gourmand » : http://www.bonne-bouffe.com/.

Sorte de Défi que j’ai lancé à une Chum de Trek, quand je lui expliquais que je n’aimais pas cuisiner…

Pour elle le Défi, c’est de me redonner le goût de popoter…

Ce que ça donne à date? Voyez vous-même…

À la sortie du bureau aujourd'hui, j’ai fait l’épicerie en mettant dans mon petit panier tous les ingrédients nécessaires afin de réaliser le « Wrap aux deux saumons ».

Hum! Pas piqué des vers! Le plat invitait à une dégustation à l'extérieur, mais ici comme la température nous ramène plus à un début d’automne qu’à un début d’été, j'ai préféré demeurer dans la maison!

"Voilà! C'est comme ça!..."

Je me suis également procuré tout ce qu’il faudra pour réaliser les « Poivrons miniatures farcis à la salade de crevettes ».

Plutôt inspirant non? (Tiens, curieux pour un Ange qui ne l'était plus il y a à peine vingt-quatre heures!!!…). À suivre, et d'ici là...

... merci à toi, Chum de Trek Go… Grâce à toi le Nord aura enfin un petit goût de Sud!...

photo: "Devine ce qu'on m-Ange?", Kuujjuaq, juin 2011

Salutations à toi Daphnée et bienvenue sur ce blogue! À vous aussi Julie et Céline! On va finir par faire toute une équipe!


mardi 28 juin 2011

Passage nuageux...


Comme ça que je me sens… Sans trop d’inspiration, assise là devant ma page blanche, comme si rien de spécial à raconter…

Je pourrais passer mon tour dans ce temps-là… Pourtant j’ai vécu pendant ces dernières heures...

Alors quoi?

Je crois que c’est la chaleur... L’espèce de four dans lequel j’ai travaillé aujourd'hui, sans prendre la peine de m’arrêter pour ouvrir une fenêtre, m’a peut-être fait évaporer le « génie »…

Peut-être j’ai dit…

À moins que ce ne soit le travail comme tel et la centaine de petits « à côté » auxquels je dois penser…

Ou serait-ce une fatigue secondaire au manque de sommeil la nuit dernière?...

Peu importe…

Contre ces « nuages gris » qui flottent tout autour, je m’auto-prescris :

- finaliser ce billet
- joindre la photo et le publier
- prendre un bain (même s’il fait chaud!)
- m’installer dans la confortable chaise Ikea de mon Amie Guylou
- reprendre la lecture de « Dear John », débuté il y a maintenant un an et demi (sans blague!)

Avec ça l’Ange devrait être en mesure de regonfler ses plumes

photo: "Passage nuageux", rivière Koksoak, juin 2011


lundi 27 juin 2011

Un 24 juin...


... à 22 degrés...
... à 20 pieds d'un Ange!...












photo: "Mirage", Kuujjuaq, 24 juin 2011

dimanche 26 juin 2011

Épreuve de "dé-procrastination"...


Sérieux : ça devait faire un bon mois qu’Elle reposait sur la boîte à bijoux, me regardant chaque matin et chaque soir avec un air de « quand est-ce que tu vas t’occuper de Moi? »…

C’était l’envie qui me manquait… la paresse qui me paralysait… la procrastination qui m’envahissait...

Mais comme hier soir, j’étais invitée à souper chez l’Amie Li, venue passer ses vacances à Kuujjuaq (faut le faire!), arriva le moment où je me mis à parler d’Elle…

… s’amorça alors une brève discussion sur le « comment faire ça simple »… mais le faire! Et comme je tenais absolument à L’apporter avec moi aux Îles…

Cet avant-midi, il ne me fallut pas plus que quelques nuages gris flottant ici et là dans ce ciel de juin, l’hypothétique pluie et ce Nordet, pour me convaincre de sortir... ciseaux, aiguille et fil noir!

Voilà une affaire de réglée!

Passons à autre chose…

Vendredi soir, au Bar Le Zoo de la place: un spectacle de Beatrice Deer, jeune Inuk native de Quaqtaq et en première partie, son mari, Charles Keelan

Écoutez… Sa voix chaude et nuancée m’a conquise. J’ai trouvé cet extrait sur Youtube. Je le partage avec vous. Il a déjà deux albums à son actif…

Certain que l’Ange essaiera de mettre l’aile là-dessus un de ces quatre!

photo: "Elle", Kuujjuaq, juin 2011

Charles Keelan

samedi 25 juin 2011

"Le 25 juin 1534...


... Jacques Cartier dans son journal de bord baptise à son tour les Îles « les Araynes », du latin arena, c’est-à-dire sable. Il aborde d’abord l’Île aux Oiseaux, qu’il nomme alors « Isle aux Margeaux » à cause des nombreux volatiles qui s’y trouvent, puis l’Île Brion. Il écrit dans son journal de bord : « Icelle isle est rangée de sablons et beau fons et possaige à l’entour d’elle, à seix et à sept brassez. Ceste dite isle est la meilleure terre que nous ayons veu, car ung arpant d’icelle terre vault mielx que toute la Terre Neufue. Nous la trouvames plaine de beaulx arbres, prairies, champs de blé sauvaige, et de poys en fleures, aussi espes et aussi beaulx, que je vis oncques en Bretaigne, qu’ilx sembloient y avoir esté sémé par laboureux. »

( lu dans le Guide Touristique des Îles de la Madeleine, 2010-2011, page 17)

C’est ce à quoi j’emploie mes samedis matins depuis mon retour à Kuujjuaq : la lecture du Guide de ma prochaine destination-vacances.

Au rythme où je prends des notes, je crains ne pas avoir suffisamment de deux semaines pour tout voir, goûter et dépenser!… Dire que je m’en vais là pour me reposer!

Va falloir que l’Ange se recentre sur son objectif initial…

Photo : « En attendant les Îles...», Rivière Koksoak, 24 juin 2011

vendredi 24 juin 2011

Guy Paquet: prise 2




« Les bâtisseurs de pays ont commencé comme ça »


Guy Paquet
Toile 30 X 20, exposition Grenier


http://www.guypaquet.com/fr/toile.php?limite=207


Bonne St-JeAn-ge!...

jeudi 23 juin 2011

Je regrette...


… d’avoir dit et devant témoins, un certain samedi soir, que Kuujjuaq était gris et terne…

Je regrette d’avoir pensé que je n’y verrais pas la verdure de l'été…

Je regrette d’avoir dénigré la nudité des caps rocheux...

Je regrette d’avoir clamé que les oiseaux étaient trop silencieux…

Je regrette d’avoir présumé que la neige était là pour y rester…

Je regrette d’avoir cru que le ciel ne serait plus jamais bleu…

Je regrette de ne pas avoir laissé regarder mon cœur plutôt que mes yeux…

Car après tout «…on ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux … » *

Je l’avais oublié…

Je regrette…

* Antoine de St-Exupéry, Le Petit Prince

Photo : « Kuujjuaq à la Guy Paquet », Kuujjuaq, 23 juin 2011

mercredi 22 juin 2011

Souvenirs de Chine



J’ai eu envie de greffer un « sans commentaire » aux photos. Mais je vous dois bien quelques explications…

Les Trekkeurs eux, se souviendront… Voilà…

Inutile de vous dire qu’en Chine on mange avec des baguettes. Tout le monde sait ça, moi compris! Mais savoir et savoir utiliser sont deux choses bien différentes. Je l’ai appris à mes dépens.

Premièrement, c’est en Chine que je me suis aperçue que j’avais un très lourd handicap : je fus totalement, irrémédiablement, indubitablement, incapable d’utiliser correctement ces fichus bouts de bois! La coordination n’y était pas et la rigidité de mon index et de mon majeur ne se pliaient pas, mais pas du tout, à ce jeu de baguettes…

Alors soit…

Pendant dix jours, j’ai vécu avec mon impotence, me débrouillant tant bien que mal pour porter à mes lèvres, suffisamment de nourriture pour me sustenter le temps de l’expé…

Ça a marché!

Ce soir, en mal de « p’tite folie de la journée » et pour faire honneur à mon plat insipide de pois chiches et légumes sautés, je décidai de sortir de leur étui, ces bâtonnets rapportés de Chine…

Je me suis amusée. J’ai bien dû prendre un bon quinze minutes pour ingurgiter l’assiettée. Mais le plus drôle, c’est quand, pour répondre à ma dent sucrée, je sortis fromage et confitures du frigo, je m’aperçus qu’elles étaient… aux « fraises et cinq épices chinoises ».

Et ça, ça n’arrive qu’aux Anges!...

photos:
"Insipidité", Kuujjuaq, juin 2011
"Cher Simon", Kuujjuaq, juin 2011



mardi 21 juin 2011

Un goût d'été


« Ma vie est un long… » ...chemin faisant ce matin, dans les oreilles Fred Pellerin. L’Ange serait « on time », je pouvais prendre le temps…

Un bien étrange bien-être m’habitait. Une espèce d’accalmie transitoire à mes vieux déboires…

« Jour après jour… » un à la fois…

Comme si Fred avait eu la gentillesse de me tendre la main pour m’entraîner dans ses harmonies… Pourtant ce n’était pas notre premier rendez-vous…

Loin de là…

Mais ce matin, ça avait un goût différent, comme un plat mijoté longtemps qui nous ramène « right through » chez-nous…

Je me suis dit que je devais tenter de vous « i-mot-ger »… pour que vous puissiez à votre tour, vous « i-mot-giner »… Pas évident de faire passer son senti par un fil d’ordi…

Ce n’était pas tant ses paroles que l’ensemble du matin : l’air enfin un peu tiédi, l’absence du vent, les nuages sans pluie, les chiens errants, le chant des oiseaux, ici et là…

Et ses chants, propre à Lui…

Voilà… Y êtes-vous aussi? Sur ce chemin pavé, à demi caché par le gravier… Vers cette montée d’où l’on aperçoit, pas très loin, la rivière s’évadant vers le Nord…

Au moins j’aurai essayé… Tenté le tout pour le tout, pour vous avant tout…

photo:"Un goût de Base d'hydravions en devenir", Lac Stewart, juin 2011

lundi 20 juin 2011

Le courage d'Aurélie


Ça en prenait de l’Audace pour avoir tricoté-serré ses parents en si peu de temps, puis osé se faufiler ainsi impunément entre les vents du Nord, la grisaille des rochers et quelques aurores boréales…

Elle a traversé les mois puis les années sans bruit, Âme silencieuse en devenir…

Courageusement, elle a laissé filer le temps, choisissant avec soin son Aventure, ses Amis, son Entourage…

Elle a dominé ses peurs, s’est pointée un beau jour le bout du nez, bousculant du coup, sa zone de confort… Plus tard, le moment venu, elle laissa exploser en elle, ce goût d’un nouveau Défi : partir pour (peut-être!) ne jamais revenir…

… Et si le courage n’était rien d’autre que la façon dont nous avons de surmonter nos peurs, quelles seraient-elles ici, dans ce village où l’essentiel ne manque pas, où une nature timide s’ouvre à nos portes, où les amitiés naissent si rapidement?...

… Et si ce besoin de liberté et de rêves nous habitant, n’existait que pour rivaliser avec la monochromie du paysage, l’absence du vert tendre printanier, l’architecture un peu falote des habitations?...

Ne dit-on pas que « risquer c’est un pas vers la liberté »?... *

Au revoir Aurélie! Tu m’écriras ta vie, vécue de Québec. Tu me causeras ce long Fleuve, je te raconterai la beauté majestueuse de la Koksoak s’étendant à perte de vue, les ciels bleus et froids d’hiver, les aurores dansantes à la nuit tombée…

Et ce faisant, je te soufflerai à jamais, la protection des Anges du Nord…

* lu sur le mur Facebook de ma Bonne Amie G

Lexique : Le Petit Robert, édition 2003
Courage : force morale; disposition du cœur; ardeur, énergie dans une entreprise; se décider malgré les difficultés…; exhortation à l’action, à supporter quelque chose;
Audace : disposition ou mouvement qui porte à des actions extraordinaires au mépris des obstacles et des dangers…; procédé qui brave les habitudes;
Aventure : ce qui arrive d’imprévu, de surprenant; ensemble d’évènements qui concernent quelqu’un; entreprise dont l’issue est incertaine;
Peur : se faire peur: se mettre dans une situation angoissante;
Défi : obstacle extérieur ou intérieur qu’une civilisation doit surmonter dans son évolution;


Ça prend un peu de tout ça pour venir vivre à Kuujjuaq! Et c’est parce qu’on est, qu’on y est!...
À « Vous Trois », je vous dédie ce billet… Bon vol! xoxoxo

Photo : « Garde à vous! », Kuujjuaq, juin 2011

dimanche 19 juin 2011

Au début...


... il nous arrivait d’y passer presque trente minutes…

Oh! Pas souvent je l’avoue! Je me rappelle la fois où ça avait duré un franc vingt-cinq minutes… Ce que nous nous en étions dit des choses alors!

… De la température, à nos activités respectives, en passant par la vie, dans chacune de nos villes. C’était simple. On ponctuait le tout d’éclats de rire, moments délicieux, comme on aurait dégusté une cerise, déposée sur une montagne de glace vanillée…

C’était il y a un lointain hier...

Depuis, graduellement, nous en sommes venus à des vingt minutes, puis à des quinze… Ça allait toujours, parfois on perdait le fil ou lui, la concentration… Les sujets se raréfiaient, un peu comme l’oxygène qui finit par manquer lorsqu’on ascensionne un sommet… Toujours, nous trouvions le moyen de finir par un « Je t’aime » ou un « Je t’embrasse »…

Cet après-midi, ça a duré à peine dix minutes, en comptant celles où on ignorait si l’oreille de l’autre était toujours à l’écoute…

Température, appels, visites… Sujets pour s’informer, et moi de raconter…

J’ai fini par lui dire qu’on se reverrait dans huit semaines, que j’irais le chercher pour une promenade en voiture et déguster une crème glacée…

« Youpi » qu’il m’a répondu encore une fois… Nous avons ri…

Ce ne fut qu’un dix minutes, mais un dix minutes de bonheur à voler en rase-mottes avec Papa Fitzsou…

Bonne fête des Pères! xoxoxo

photo: "Un rond de ciel bleu", Kuujjuaq, juin 2011

samedi 18 juin 2011

Ça alors...




… un coq au Nunavik! Vu de mes yeux vu, lors d’une randonnée il y a deux semaines…

Illusion d’optique, inattendue trouvaille, invraisemblance…

Un peu plus loin, son confrère trônait, lui aussi, immobile et fier… Étaient-ce signes muets d’une secrète chasse au trésor? Version moderne d’une direction à prendre? Simple leurre pour oiseaux de passage? Quelle était la raison existentielle de ces œuvres métallisées, peinturlurées, perdues dans ce "no where land Nunavimmiut", aux abords d'une route gravelée menant à la Marina?...

Comment savoir! J’y retournerai, juste pour m’assurer de l’immuabilité de la chose… Tout à coup ils se seraient envolés?...

Autre samedi, autre cliché…

J’ai inauguré la saison de vélo printemps-été-automne 2011 en début d’après-midi. Le nouveau deux roues m’a roulée jusqu’au Lac Stewart, avec un arrêt « profitons de la vie et du soleil » à la Base d’hydravions, s’éveillant lentement de son hibernation et s’étirant langoureusement vers l’été.

Doux moment…

À l’heure où je vous écris ces lignes, il me reste à me doucher puis à me présenter chez l’Amie So pour un souper à la saveur cajun de la Louisiane…

Hum! Hâte de goûter!...

photos:
"Un coq au Nunavik", Kuujjuaq, juin 2011
"Fin de printemps au Lac Stewart", Kuujjuaq, 18 juin 2011


vendredi 17 juin 2011

'Rango'

Rango vs Bingo

Fin vendredi : deux choix s’offraient à nous comme activités sociales : le film « Rango » oubedon une soirée de bingo … Comme hier c’était le bal des finissants, les deux ont dû attendre à ce soir pour se faire compétition.

J’ignore quelle était la participation pour le deuxième, mais dans la grande salle municipale, il y avait une bonne et calme assistance. Des jeunes pour la plupart, mais aussi quelques adultes laissant flotter dans l’air leur cœur d’enfant, l’espace de quelques instants…

J’ai appris que l’école était finie. « Déjà! » me suis-je exclamée. À partir d’aujourd’hui, les rues seront envahies de Mousses à la recherche d’une quelconque activité plus ou moins ludique…

À suivre…

Pour ma part demain, tout dépendant de la température, j’étrennerai peut-être mon nouveau vélo, histoire de rouler jusqu’à la Base d’hydravions et renouer avec mes amours de l’été dernier.

Parlant de Base, ma Douceur ma Belle ouvrira la « sienne » dimanche qui vient…

« Si tu me lis ma Puce, bon début de saison. Je sais d’ores et déjà que tu seras plus qu’à la hauteur de la tâche! Et si par ailleurs, toi mon Grand, tu me lis aussi du haut de ton Yukon, et bien sache que je pense aussi à toi… »

Et ce n’est pas parce qu’on « est loin de nos yeux » que l’on « est loin de nos cœurs »…

jeudi 16 juin 2011

N'ayons pas peur des mots...



Un samedi, fin d’avant-midi : l’époussetage est fait, la balayeuse a aspiré tout ce qu’elle pouvait trouver sur son passage, les draps sont propres, le linge lavé et rangé, les comptes payés (mon compte vidé!)…

Déjà…

Onze heures : j’attends les Amies pour le « Chinese Tea Party » prévu vers quinze heures… D’ici là…

Je vois bien ces mots, « tous ces mots, ce ne sont que des mots »* tracés sur les murs il y a déjà plusieurs semaines...

Histoire d’amour en six mots, découverte par hasard dans le commentaire d’une bloggeuse laissé à un bloggeur

Je sors la boîte de plastique transparente, contenant une partie des couleurs du monde… Je farfouille dans le tas de pinceaux tout usage, en choisit trois, avec trois couleurs… Brun, noir, rouge…

C’est que j’hésite…

Puis à main levée, je m’élance à l’assaut de ce mur, s’offrant à moi, pur et beige…

Quelque temps plus tard…

Les mots sont nés et ressortent sobrement de la toile improvisée…

Dorénavant, ils s’ancreront et contribueront à faire naître, le plaisir de « jouer à vivre » dans l’âme de l’Ange

*Nicola Ciccone, « J’t’aime tout court »

photos: "Au pied de la lettre", Kuujjuaq, juin 2011

mercredi 15 juin 2011

Le "motton"


C’était la fin d’un beau samedi, il y a de cela deux semaines.

Confortablement assise au salon, je sirotais un rouge Italien : Negroamaro, Salento 2009… Bon…

Devant moi, l’écran diffusait « Les enfants de la télé » : Roch Voisine visitait Natalie Petrovski…

C’était drôle…

Soudain, je m’enfuis dans ma tête… Je revis la marche de l’après-midi en compagnie de ma Bonne Fée,
« incroyablement nouvellement » installée, « here, in Kuujjuaq »…

Pendant la marche, des dizaines de voitures ont soulevé la poussière, nous ont poudrées à tour de rôle. Même Mimi s’en crachait les poumons…

Soudain est passé un VUS (véhicule utilitaire sport) coiffé d’un matelas. Je dis tout haut ce que je pensais tout bas : « Tiens, ils ont magasiné au Canadian Tire »… ( à Kuujjuaq, on appelle ainsi le dépotoir). J’ai trouvé ça drôle…

Jusque là, là… où installée sans tracas dans mon chez-moi, j’entendis cette publicité qui vantait une « vente » de sommiers…

Éclair de lucidité…

La camionnette, le Nunavik, Kuujjuaq, le manque de logements, ce matelas…

Puis les larmes me sont montées aux yeux, en pensant que pour eux, c’était peut-être « la » façon de fournir plus de confort à quelques autres membres de la famille… Et dire que j’ai une chambre d’Ami déserte…

L’Ange regrette de s’être moquée…

p.s. JOYEUX ANNIVERSAIRE M. SOBIERAJ! CONSERVEZ VOTRE JEUNESSE ;-) xoxoxo

photo: "Il a neigé sur Kuujjuaq", Kuujjuaq, 15 juin 2011

mardi 14 juin 2011

"Ton Château Papa!..."

… et en riant, j’ajoute :

« Toi qui a toujours habité une grande maison, étais-tu vraiment obligé d’en avoir une encore plus grande?... »

Il laisse fuser un grand éclat de rire…

… Mais son rire se cale, l’eau monte dans ses yeux bruns un peu hagards…

« C’est chez-nous ici hein?... »

Tout à coup le désarroi le submerge…

« Je ne me souviens plus… »

La vieillesse a envahi son cerveau, autrefois déjà si allumé. Par son travail, il a de ses mains, assemblé pièce par pièce, tuyau par tuyau, avions de toile, a réfléchi sur les problèmes mécaniques de "ses" patients volants, les a soignés… Il a son certificat : « Doctor of motors »…

Aujourd’hui, ses pieds sont lourds et glissent plus qu’ils ne volent… Grimpée dans l’escabeau (qui doit bien faire dix pieds), j’installe des voilages aux hautes fenêtres pour faire plus habité, plus habillé… Il tient la base comme dans le temps, où on effectuait quelques travaux…

« Je vais t’aider… »

Et là, dans son regard, j’ai vu qu’il y avait encore ce vouloir de se sentir utile mais que le pouvoir, lui, n’y était plus…

photo : « Son Château… », Trécesson, Abitibi, mai 2011
(billet composé pendant mon séjour en Abitibi)

lundi 13 juin 2011

Xièxie! Merci beaucoup! Thank you!


"Le voyage fait de chacun un écrivain: au revoir, je vous écrirai, je vous décrirai ce qui nous sépare."

Chantal Thomas












L’histoire de l’Écharpe…

Avant même que ne sonne l’heure du grand départ, je cherchais une façon originale, de vous remercier de m’avoir si gentiment encouragée à aller au bout de ce Défi, lancé en août 2010…


Un bon matin, j’aperçus les franges d’une écharpe de couleur crème, pendouillant tristement dans le fond de ma garde-robe…

L’idée de lui donner une deuxième vie me vint à l’esprit (tout comme, je l’espère, un jour la recherche donnera une deuxième vie aux personnes ayant un diabète de type 1)

J’en parlai à mon Amie Tendre So qui s’offrit aussitôt à retranscrire les noms de chacun de mes supporteurs sur ce foulard un peu pâlotte…

Vous étiez, en tout et partout, soixante à investir et vous associer avec moi dans la cause du diabète…

En me lançant le défi (un autre!) de porter l’écharpe pendant l’expédition, je me disais que ce serait la meilleure façon de vous avoir près de moi, à mes côtés… Je l'ai portée tout au long du parcours, sauf à deux reprises, où en montée et sous une chaleur de trente-deux degrés, je l'ai enroulée sur mon sac à dos... Sinon, le reste du temps, vous reposiez tout près de mon coeur...

Lors des déplacements en autobus je m'amusais à plier l'écharpe et alors m'apparaissaient un ou plusieurs noms. Une pensée s'envolait vers vous...

J’ai regardé les montagnes en pensant à vous, j’ai levé les yeux vers ce monde si vaste, qu’il m’en donnait parfois le vertige. Je me suis laissée pénétrer des odeurs de cette aventure à travers vous…

Merci d’avoir été là, avec moi, de m’avoir donné le courage d’aller jusqu’au bout sans baisser les bras ni plier les genoux (sauf pour escalader les innombrables montées!...)

Merci d’être ma Famille, mes Amis-Amies d’ici et d’ailleurs, Collègues de travail, de l’Abitibi au Nunavik, et vous, Parfait Étranger…

« Jamais je ne vous oublierai… »

Bisous et câlins,

Fitzsou xoxoxo

p.s. encore merci à toi Tendre So pour ton dévouement et... BON ANNIVERSAIRE! xoxoxo

Photos :
« Le temps de quelques mots », Grande Muraille de Chine, mai 2011
« L’écharpe : début du trek… », Grande Muraille de Chine, mai 2011
« L’écharpe : milieu du trek (!)… », Grande Muraille de Chine, mai 2011


dimanche 12 juin 2011

Toute bonne chose a une fin

Dimanche, 29 mai 2011

Dix-neuf heures, « Bijou », resto bar, Hôtel Marriot, aéroport de Montréal : un presque retour à la case départ… douze jours plus tard!

Voilà la boucle bouclée. Une dernière soirée avant l’exil qui durera cette fois, neuf semaines. Je n’anticipe rien, pas plus que je n’avais pressenti la Chine et sa Muraille.

Je reprendrai ma routine, elle m’attend. Je renouerai avec mon travail : lui aussi, m’aura attendue!


Cinq semaines plus tard, la tête pleine de paysages à couper le souffle, de bonheur et d’histoires cocasses à raconter, je retrouverai la gang de Kuujjuaq.

Pendant que j’écris, je sens une vague de nostalgie m’envahir. J’ai été tellement gâtée en fin de semaine par la parenté, de tout bord tout côté…

Tout d’abord avec Cousin M et sa Isa, venus m’attendre patiemment à l’aéroport vendredi soir, pour m’offrir gîte et pitance à mon arrivée. Les premiers à m’entendre raconter mon périple…

Puis Oncle M et Belle Tante Mi, leur accueil chaleureux, le souper délicieux et le lit moelleux…

Oncle P et sa P aux milles talents, leur café siroté dans leur coquette maison cachée sous les arbres, à jaser de tableaux et de terrains aux abords du lac des Filles…

Le brunch à l’Auberge Morency, au lac du même nom, pour souligner l’anniversaire d’une Tante non revue depuis presque 40 ans…

Et finalement, cet après-midi qui s’ensuivit chez Cousine Caro (après avoir fait une courte halte chez Cousine L), Cousine Caro qui a accepté gentiment la « garde à vue » de Petit Escape, le temps de mon exil…

Demain... Demain l’Ange sera avec vous, pour quelques jours et beaucoup plus encore…

p.s. au moment d’écrire ces lignes, je me demande comment s’est débrouillée ma Bonne Fée dans son nouvel environnement Nordique… je le saurai très bientôt

photo: "Le Mari...", Montréal, mai 2011

samedi 11 juin 2011

Beijing, 9h35am...




Nous sommes le 27 mai 2011...

« Dernier jour en sol Chinois. Le soleil, comme pour les 10 matins précédents, est au rendez-vous. Je n’ai jamais profité autant de lui et de sa chaleur dans les 18 derniers mois!

Beijing est maintenant bien éveillée. Les gens foulent les pierres imbriquées de leurs petits pas nonchalants, bras ballants… Les uns s’occupent à leur téléphonie cellulaire, les autres semblent lire quelques messages incongrus tombés du ciel, dans cette « pratique petite boîte » qu’ils tiennent dans le creux de leur main. Vélos, cyclomoteurs, voitures et autobus envahissent la large rue, se déplaçant à grands coups de klaxons ou de sonnettes.

Ici, les clignotants ne règnent pas en Maître…

Depuis le petit déjeuner, le groupe s’est éparpillé à gauche et à droite. Certains reposent à leur chambre, attendant de rendre les armes chambres à midi, d’autres font la course aux derniers achats. Moi, mes deux sacs à dos sont sagement en consigne et je n’ai gardé qu’un peu de papier… (les essentiels: d’écriture et de toilette!...) dans mon sac « Télébec », gracieuseté de la Vitrerie Pomerleau en novembre 2009…

Je n’ai le cœur ni gai ni triste. Je savoure le moment présent et ce P’tit Bonheur que j’ai enfin cessé de chercher après l’avoir simplement découvert, tapi au fond de moi...


« Voilà! C’est comme ça! » *

Je me lance seule à l’aventure dans cet immense Beijing. Quatre heures à combler avant de me diriger vers l’aéroport avec 7 des seize Chums de Trek. Les autres reviendront plus tard, un autre tantôt…

Fin de ce Défi pour l’Ange, à qui les ailes ont encore une fois, poussé un peu plus
… »

*expression utilisée aux quarts de minutes par notre Guide Sébast.

photos:
"Téquitoi?", Beijing, mai 2011
"L'éveil chinois", Beijing, mai 2011
"Coeur à rire", Beijing, mai 2011

vendredi 10 juin 2011

Comme au dernier jour



26 mai 2011
Il y eut de l’émotion dans l’air à notre souper d’adieu. Réaliser que le groupe se dissoudrait bientôt pour peut-être ne plus jamais se revoir…

Peut-être pas non plus…

Ce fut une journée de visites touristiques. Ayant escamoté le dernier trek sur la Muraille, nous avons foulé les pierres du Temple du Ciel, (où, je dois l’avouer, je me sentais bien à l’aise…); la maison des Perles, où je me suis laissée tenter par un joli bracelet et des perles pour mes oreilles; la rue des Antiquaires, où avec le Chum de Trek Pat, « j’nous » avons « bargainé » une sobre robe noire, imitation pure soie...

Fin de mes achats (ou presque!...)

Après un bon dîner, nous nous dirigions vers le Palais d’été quand tout à coup, la pluie se mit à tomber, seul après-midi d’ailleurs de toute la durée de l’expédition. La ballade en autobus nous amena jusqu’au Stade où je réalisai que ma bouteille d’eau s’était vidée dans mon sac… Quel gâchis! (l’eau, pas le Stade!...)

C’est là que nous décidâmes, une fois de plus, de changer nos plans et de troquer le Palais pour un majestueux massage de pieds! Il faut vivre ça au moins une fois dans une vie!

Dernière activité : la fameuse rue des Aliments, où, j’ai osé goûter scorpion, peau et chair de serpent, et petit bout d’hippocampe (rien de comparable cependant avec tout ce qu’a ingurgité Chum de Trek Go et non comparable au phoque fumé ou au béluga!...)

Différent c’est tout… mais je n’en ferais pas tout un plat!

Après cette journée, restera à plier bagages et reprendre le Ciel vers le Québec. L’Ange a hâte de retrouver la chaleur de son petit appart!

photos:
"Que de verre", Beijing, mai 2011
"Le Sssstade", Beijing, mai 2011
"La fameuse rue des Aliments", Beijing, mai 2011



jeudi 9 juin 2011

Mercredi, 6ième jour d'expé...




25 mai 2011
Visite à La Cloisonnée : six étapes, du cuivre brut qui se transforme en magnifiques objets d’art, aux riches couleurs et dessins angéliques

De belles pièces de collection…

Après un pantagruélique repas sur une terrasse, la Muraille nous a accueillis une dernière fois.
Changement de programme, demain nous jouerons aux touristes. Et c’est bien comme ça pour ma part. Parce qu’après tout, marcher sur la Muraille un jour ou sept, ça reste de la Muraille… des paysages magnifiques dans un pays du bout du monde, de l’exercice, des découvertes, de l’amitié…

Ben voilà! Faut quand même en revenir un moment donné…

Parlant de retour, ça approche à grands pas. Déjà... Nous sommes revenus coucher à Beijing (ça aussi c’est un changement au programme car nous devions coucher à Mutianyu et faire la route ce soir ou tôt demain matin, le Groupe a voté pour ce soir!). Nous y resterons deux nuits et nous jouerons aux touristes pour les deux prochains jours.

« Voilà ! C’est comme ça!... »

Une courte marche après souper avec mes Chums de Trek Ju, Pa, Da, Li et Jo, nous a permis de sentir un peu de la vie nocturne de Pékin. Il y avait foule sur les trottoirs en cette belle soirée chaude.

Demain un autre jour, plusieurs activités sont prévues.

L’Ange se couche, fatigué…

photos:
"La Cloisonnée", Chine, mai 2011
"Balayeur de rue... fatigué", Chine, 2011
"Oh, oh, que je t'aime...", Chine, mai 2011

mercredi 8 juin 2011

Mardi, 5ième jour d'expédition




Nous sommes le 24 mai, six heures du matin : je suis plantée là, debout dans un « no where » près du village de Daweihao, le visage tourné vers le soleil, mon cahier d’écriture à la main. Le camp s’éveille lentement, les conversations se font discrètes et le babillage chinois est entrecoupé du cri des coucous.

Une autre journée qui commence!

Spécial aujourd’hui : nous sommes cinq à avoir opté pour la visite de deux villages traditionnels au lieu de l’ascension du Mont Simatai qui se voulait encore plus ardue que celles des jours précédents.

Après à peine quelques kilomètres de route, on nous débarquait en plein cœur d’une petite rue bordée de maisons de briques rouges. Impossible pour moi de vous dire où nous étions : le « no where » avait juste changé de place!

Un couple Chinois nous a accueilli et a accepté avec plaisir de nous faire visiter les lieux. J’ai réalisé combien nous étions bien au Canada, avec nos salles de bain complètes, nos salons, cuisines, chambres à coucher.

Nous sommes bien en tout, tout court!

J’ai croisé chemin faisant, une jeune femme qui, pelle à la main, s’esquintait à bâtir sa propre maison; des hommes qui travaillaient à une fondation, un coq fier de ses « poules » (!) et pour finir, nous avons escaladé une montagne de ronces!

Chum de Trek Jo s’en rappellera sûrement ainsi que Chum de Trek Mar, car l’une portait des bermudas courts et l’autre des sandales. C’est qu’on ne devait rien escalader du tout nous ce jour!

Au retour, une marche avec Chum de Trek Ju vers un « parc d’amour », quelques clichés, tirés ici et là, une fois de plus, un agréable souper, et enfin, une soirée à déconner…

« Voilà! C’est comme ça. » Nous voilà fin prêts à nous envoler vers la sixième journée… de trek!

photos:
"Rustique mais fonctionnelle", Chine, mai 2011
"Tiens: une Fitzsou Chinoise!", Chine, mai 2011

"Time in China", Chine, mai 2011

mardi 7 juin 2011

Brève zizanie...



Quatrième jour de trek. Le soleil et les coqs étaient au rendez-vous dès le lever du jour. Nos hôtes avaient cuisiné le gruau quotidien, que j’avais saupoudré, comme plusieurs, d’un mélange de dattes et de fer.

Délicieux!

En accompagnement, des biscuits secs, sur lesquels j’avais étendu du beurre d’arachides (pâle reproduction d’un « toast au beurre de pinottes »), des tranches d’un cousin de melon miel et du thé. Du vrai, avec les feuilles qui flottent ou qui se déposent dans le fond de la tasse en étain…

Mais personne pour les lire… (les feuilles, pas les tasses!...)

Ce jour-là, nous avons accédé à la Muraille par une petite piste serpentant la montagne. Environ une heure plus tard, nous rejoignions une partie restaurée du Mur, où des marches de hauteur et de largeur inégales nous attendaient… pour un bon deux heures et demie! Le rythme était lent, la chaleur torride.

Après la courte pause du dîner, le guide Ken, nous a offert deux possibilités : poursuivre l’ascension jusqu’à la huitième tour (trajet risquant de prendre environ deux heures) et redescendre par un chemin bien aménagé, oubedon à la prochaine tour (à trente minutes de là) prendre un sentier sauvage pour environ une heure de marche.

Les avis étaient partagés : quelques gars optaient pour la première alternative tandis qu’une bonne partie de la gang, fatiguée, préférait le plus court chemin…

Que faire?

On en arriva rapidement à un consensus : le groupe serait scindé en deux. Ainsi tout le monde en aurait pour son argent!

Aussitôt dit, aussitôt fait et ce sont des gens heureux, qui regagnèrent ce soir-là, le nouveau campement où on nous offrait la possibilité, pour la modique somme de vingt yuans (soit 3.00$) d’aller prendre une douche dans un petit motel voisin.

Ce que j’acceptai de « payer » sans rechigner…

Malgré l’incongruité de la salle de bain (douche téléphone à côté du cabinet d’aisance, sans cloison, ni aucune place pour déposer nos effets sauf sur le plancher peu invitant), le jet d’eau me ravigota et me permit d’ébouriffer un peu mes plumes.

À ce stade de l'expédition, et quoiqu’avec beaucoup moins de douleurs musculaires, la fatigue planait au-dessus de moi ainsi que de quelques autres randonneurs. Mais l’ambiance demeurait chaleureuse et amicale.

Le coucher se fera vers 20h30-21h00, comme les soirs précédents, car à 5h00 demain, il risque encore une fois, d’y avoir plus que les oiseaux qui cancaneront!

photos:
"Pareilles pas pareilles", Chine, mai 2011
"Vive la compagnie", Chine, mai 2011



lundi 6 juin 2011

Le Troisième jour...




La nuit dernière fut un peu plus confortable que la précédente, surtout grâce à une espèce de « sac momie en soie », gracieuseté de ma Chum de Trek Ju, que j’avais glissé à l’intérieur de mon sac de couchage avant de m’y glisser moi-même!

Toute la différence! (en passant c’est un incontournable lorsque vous n’êtes pas trop certain de l’efficacité énergétique de votre sac!...)

On a plié bagages après le petit-déjeuner. Ce soir nous serons à un nouvel emplacement, dans la vallée, semblerait-il. En attendant, la Grande s’adoucit. Des sentiers de terre sablonneuse alternent avec des marches cimentées. Nous sommes sur la partie restaurée! Toujours aussi compréhensible que nous n’ayons marché que deux kilomètres dans notre avant-midi! Il vous faudra venir le faire pour le croire!

Le temps est magnifique : soleil, trente degrés Celsius, du vent, juste assez pour soulever nos cheveux raidis par la poussière. Le paysage est à couper le souffle : des montagnes cicatrisées de ce mur aux briques et pierres abîmées par le temps.

Incroyable, nous sommes en Chine!

17h45

Un plat d’un légume feuillu inconnu enrobé de pâte frite est déposé sur la longue table où se trouvent rassemblés les seize comparses de trek et leur trois guides. Nous sommes dans une famille, sur leur domaine. Les coqs chantent, peu importe l’heure, les poules circulent en toute liberté.

Le soleil s’abaisse sur notre troisième jour de randonnée. La montagne se fait grandiose à l’ouest. Devant moi, une maisonnette en pierre, s'est nichée sur son flanc. Au sud, une tour de la Grande Muraille, à l’est des fagots de bois empilés, au Nord, la maison typique…

Au centre de tout ça, l’Ange trône un bref instant…

photos:
"De Chine et de pierres", Chine, mai 2011
"La Grande Douce", Chine, mai 2011
"Bon appétit", Chine, mais 2011



dimanche 5 juin 2011

16 - 2 =



Nous étions quatorze à prendre la route vers la Grande Muraille ce matin. Deux ont choisi de participer à la visite d’un village.

J’ai enfin compris l’explication du peu de kilomètres à parcourir sur une si longue période de temps (la documentation disait 10-12km en 7-8heures) : l’escarpement, l’instabilité des pierres et de la terre, tant en montée qu’en descente, cadençaient nos pas d’un rythme lent!

C’est que nous explorons des parties non restaurées, non touristiques de la Grande Muraille et par conséquent, plus exigeantes physiquement.

Mais comme le dit un proverbe Chinois : « Qui n’a jamais gravi la Grande Muraille n’est pas un homme véritable. » Mao Zedong

Ça s’applique aussi pour les « femmes »!...

Cet avant-midi, nous nous sommes prouvés, que nous étions tous de braves personnes! Des vues magnifiques, une mer de montagnes (paroles de Chum de Trek M.-E., qui vit à Maria en Gaspésie), du vert, des arbres en fleurs. La magie de la Chine opère sur chaque membre de notre groupe.

À mi-journée, un pique-nique à 450 mètres d’altitude, sur des pierres vieilles de six cent ans, le visage tourné vers le soleil et le bonheur dans le fond de mon cœur (j'ai compris Chum de trek C!)…

Que demandez de plus?

Fin de l’après-midi : retour au campement. On se décide à faire du lavage pour quelques-unes, et/ou on fait une toilette sommaire sous la grande tente pour se dépoussiérer un peu.

Aubergines, tiges d’ail, pain frit, champignons « bizarres » (par chance que nous avions Chum de Trek G, nutritionniste, pour nous renseigner sur les aliments que nous ingurgitions!...), fèves germées, poulets et poissons épicés : notre souper…

En soirée, point de feu : en Chine s’est interdit. Notre Guide Sébas fait bien quelques tours de magie jusqu’à finir par se faire disparaître lui-même… Faut le faire!

Une autre nuit fraîche attend l’Ange et ses Chums de Trek : hier, j’ai même rêvé que je disais au Guide de « monter le chauffage »!

… on dort dans des tentes!... Ça aussi, faut le faire!...

photos :
« Des hommes (et des femmes!) véritables… », Chine, mai 2011
« Qui parle d’instabilité? », Chine, mai 2011


samedi 4 juin 2011

"La Grande"




Probablement que pour les Abitibiens et même les Québécois en général, « La Grande » rappellera LG1, LG2, LG3, LG4

Immenses barrages du Nord Québécois, érigés et inaugurés dans les années fin 1970-début 1980. Projet grandiose et audacieux, du règne de M. Bourassa…

Projet qui créa emplois, électricité et… dégâts!

Passons…

Aujourd’hui c’est d’une autre « Grande » dont je veux vous causer, l’une des Sept Merveilles du Monde, la seule et unique, la Grande Muraille de Chine, longue de 6 300 km (officiellement selon notre guide Chinois Sébastien… et NON… ce n’est pas vrai qu’on la voit de l’espace!...)

C’est après quelques heures à circuler sur une route pavée que nous avons effectué notre première expédition. Nous avons gravi la montagne, suivant un petit tracé sinueux, accédant ainsi à une très vieille partie de la Muraille. Marches étroites, côtés abrupts, sentiers de roches glissantes, pavés « désunis »…

Si l’ascension se fit les deux doigts dans le nez (pas très chic, je l’avoue…), la descente elle, fut plus ardue. Plusieurs chutes furent évitées, quelques-unes réalisées…

Rassurez-vous : aucun blessé grave…

À notre retour, le campement avait été monté : 8 tentes jaunes et grises, deux grandes tentes « cuisine » et deux chics toilettes rustiques…

L’Ange connaît, reconnaît, et utilise maintenant les toilettes turques !...

Il n’y a pas d’âge pour savoir s’adapter à son environnement!

photos :
«La Grande Muraille hein? », Chine, mai 2011
« Vive le camping! », Chine, mai 2011


vendredi 3 juin 2011

Décalage horreur!...


Il est 6 :30 du matin. Pour vous : 18 :30… Vous êtes encore mercredi, nous sommes maintenant jeudi…

Pas de farce : je me suis réveillée pendant la nuit et c’est ce à quoi je cogitais : le décalage horaire!... Malgré tout, j’ai assez bien dormi. Couchée à 21 :30 après un copieux léger souper « aux baguettes » (il devait y avoir une bonne dizaine de plats différents, apportés en plein centre de la table, où chacun pigeait avec ses baguettes pour se servir une portion dans une minuscule assiette d’à peine 10 cm…), le sommeil m’a portée sur ses ailes jusqu’à deux, puis cinq heures…

Beaucoup mieux que rien!

Nous avons circulé en autobus parmi les milliers de voitures circulant pare-choc à pare-choc. Des immeubles très hauts, parfois rosés, s’élèvent ici, à perte de vue. La gang est le fun. J’ai hâte de connaître les raisons de chacun d’être ici.

Ce matin à l’hôtel, j’ai pu jaser avec un groupe de sympathiques Français venant des environs de Bordeaux : de passage pour une croisière sur le Fleuve « dont j’ai oublié le nom », ils m’ont dit connaître la région d’Ouveillan où vit Méli-Mélo : « Sud-ouest, près de la mer » m’ont-ils dit.

"Dites, c’est exact?..."

Jeudi de visites et de magasinage : la Place Tiananmen et ses drapeaux rouges; la Cité interdite et sa porte du Bonheur; le dernier marché en vrac de Beijing; les toilettes communes (5 trous dans le plancher sans cloison entre chaque…); une visite au « Marché général » et ses vendeurs de « fausses montres Rolex ». Finalement, l’usine de soie, la fabrication de tissus magnifiques, du cocon à l’édredon!

En soirée, spectacle de Kung-fu, mélange de Cirque du Soleil et de démonstrations athlétiques (des jeunes qui flippent et se reçoivent sur la tête!)

Ayoye!

La fin de soirée s’est terminée par la préparation de notre sac à dos que nous retrouverons demain soir au campement. Dernière douche pour les 6 prochains jours et dodos…

Voilà! Le décalage « horreur » n’a qu’à aller se recoucher!...

Photo : « Moi j’aime… », Beijing, mai 2011

jeudi 2 juin 2011

3:24 hres dans la nuit...


… 15 :24 dans la vie!...

Le long vol de 13 heures (6 minutes…) tire à sa fin. Pendant tout ce temps s'est déroulée, une bizarre et obsédante danse, jeu de positions, aussi originale que mouvante…

Je me sens courbaturée mais peu fatiguée. J’ai pu écouter quelques films, visualiser le trajet du Boeing jusqu’à Beijing, compter quelques sièges : 315 à part ceux de la première classe!…

Comme d’habitude, les oreilles me bloquent pendant la descente. À l’avant, le patient Petit Bébé Chinois, laisse aller quelques pleurs. Si vous aviez pu voir son Flegmatique Père tout au long du vol : il l’a promené, bercé, cajolé...

Zen Chinois va!

Mais quand même, drôle d’expérience pour un poupon!

Il y avait aussi ce Vieux Monsieur (Chinois) qui valsait son Tai- Chi dans l’espace restreint, séparant la première rangée de bancs et les cabinets d’aisance.

Bel exemple de vie!

Dans quelques minutes je foulerai le sol Chinois… Je suis intriguée plus qu’excitée…

À suivre…

p.s. si vous trouvez que le récit se déroule en longueur, c’est pour vous faire vivre un peu de ce long trajet où l’on se demande où cela va nous mener…

photo: "Après l'avion, l'autobus", Beijing, mai 2011

(billet écrit le 18 mai 2011)

mercredi 1 juin 2011

Difficile à croire


Presque 10 :00heures am : une fois de plus, je suis installée sur ces bancs recouverts de cuirette noire, à regarder le tapis beige et brun, exposer ses motifs de carrés lignés et de formes arrondies…

Aéroport Pierre Elliot Trudeau, porte 3… Le vol 409 d’Air Canada est prévu décoller à 11heures.

Destination : Toronto.

La Dame qui m’a aidé à extirper mes cartes d’embarquement, a été d’une patience d’ange. Elle a dû réimprimer l’étiquette de mon bagage (le fameux sac à dos vert kaki qui se perd tout le temps…) car rien n’indiquait qu’il (le sac à dos) devait se rendre à Beijing…

La Dame, lorsque je lui eus raconté l’anecdote, me suggéra fortement de m’en débarrasser…

Je verrai dans 25 heures…

Un peu plus tard, plus loin

Les Confrères et Consoeurs de trek sont arrivés pour une part à Montréal et d’autre part à Toronto, en provenance de Québec. Le groupe est presque complet : 2 Comparses sont déjà en Chine depuis quelques semaines. Nous les y retrouverons.

14h45 –
Boeing 777- rangée 33-C, le corridor. Les jeunes bousculent avec la même insouciance, peu importe l’endroit…

Le vol durera 13 heures 6 minutes, c’est le Commandant qui l’a dit.

Mon plus long à ce jour (le vol, pas le Commandant!...)

Vraiment difficile à croire… Tout ça!...

photo: "Voyageuse vivant sur une autre planète", Toronto, mai 2011



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