mardi 30 juin 2009

... et Mardi ne perdis rien...

Quelle belle journée! Enfin j’ai pu me rassasier de toute la beauté et la « zenitude » du camp Trois-Saumons!

Premièrement ce matin, j’ai renoué avec ma rituelle marche quotidienne. J’ai retrouvé mon trajet de quatre kilomètres, sur la petite route sinueuse qui serpente la montagne. Parsemée d’érables et de centaines de mètres de tuyauterie bleutée devant servir au transport de l’eau sucrée (drôle de coïncidence si près d’un camp pour enfants diabétiques!...), la forêt s’est offerte à moi comme jujube à savourer lentement et longuement...

... Et si Lundi semble s’être évanoui sans faire de bruit, il fut en fait bien présent et exténuant... Mais il appartient déjà au passé, et peu importe alors le nombre d’enfants ayant eu à traiter hyper ou hypoglycémies, remplacer cathéters perdus ou arrachés, aujourd’hui et les jours à venir, je pourrai profiter du fleuve et de ses petits villages qui le bordent...

C’est donc immédiatement après le dîner, que Jass, une autre consoeur infirmière que j’appellerai Chris, et moi-même, sommes parties vers St-Jean-Port-Joli pour y fainéanter... et y faire, bien sûr, un peu de magasinage!...

Nous fûmes l’instant de quelques heures, transformées en trois collégiennes « tricotées serrées », à essayer des tonnes de vêtements sous le regard amusé et sympathique de la vendeuse...

Situation loufoque, j’y ai même perdu l’un de mes souliers!... Imaginez le pauvre homme qui le ramassera et se lancera comme défi de retrouver la Cendrillon qui réussira à y glisser le pied!... J’ai bien tenté, en rebroussant chemin, de remettre « le pied » dessus, sans succès...

... je vous laisse dans l’expectative de découvrir comment on peut perdre ainsi son soulier sans s’en rendre compte... Probablement que les chances que ça se produit ne peuvent qu’arriver à celles qui croient encore ...

... au Prince Charmant!...

... Vous croyez qu’il pourrait aussi avoir des ailes, ce Prince???...

lundi 29 juin 2009

Quatrième jour... dimanche, le 28...

... un mot: fatiguée!...

... et un dimanche pas comme les autres! Enfin, pas comme j’ai l’habitude de les vivre, au rythme des vagues du bout de mon quai... (dont je m’ennuie un brin, j’avoue...)

Les enfants ne sont pas tous là encore: soixante douze au total, dont onze filles et dix garçons en ce qui concerne mes groupes. Nous les avons accueillis un à un cet après-midi avec leurs parents. Je fais équipe avec une « médecin-résidente » fort sympathique. Heureusement! Notre but: aider les jeunes au mieux de notre connaissance, à gérer leur diabète et surtout, à faire en sorte qu’ils aient du plaisir, beaucoup de plaisir au camp.

J’ai retrouvé avec grand bonheur plusieurs campeuses, dont je m’occupe maintenant depuis quatre ans. C’est comme revoir des membres de sa famille pour les vacances d’été... C’est un drôle, mais plaisant feeling...

Je n’ai pas encore eu l’occasion d’aller marcher. Je crois que ça contribue à ma fatigue, moi qui suis habituée de bouger plus d’une heure chaque jour, surtout depuis les 3 derniers mois... De plus, les tâches à accomplir pour la rentrée sont exigeantes et pléthoriques*. Ce qui ne nous laisse pas de temps libre.

Déjà demain soir (après mes gardes...), l’horaire se fera plus léger... Ne restera que les six heures quotidiennes à allouer à la supervision des injections et à l’analyse des ajustements à faire. La balance du temps m'appartiendra... Je pourrai voler un peu de mes propres ailes pour faire des activités... Pour quelques jours à tout le moins...

Mardi « ne perd rien pour attendre!... » (par chance, un ami m’a corrigé cette maxime, que j’avais déformé, pas à peu près...)

* abondantes,surchargées

dimanche 28 juin 2009

Troisième jour... samedi, le 27...

... et les vacances sont déjà finies depuis 10:30 heures ce matin!...
Je ne suis pas vraiment surprise, c’est la réalité du camp!

Comme par les années passées, ce premier samedi a consisté à faire l’inventaire du matériel qui servira pour les glycémies (analyses du taux de sucre sanguin...) et les injections d’insuline, pour les deux prochaines semaines... pour les 86 enfants qui participeront au camp cet été!...

La fin de l’après-midi et la soirée ont été occupées par de la formation sur le fonctionnement du camp, les pompes à insuline, et le rituel briefing avec l’équipe de vingt moniteurs attitrés aux jeunes diabétiques.

L’équipe médicale est complète. Nous serons 5 infirmières, 5 médecins résidents, 4 nutritionnistes, un directeur médical et le directeur adjoint du CEDEQ à cohabiter et à partager, salon, cuisine et salle de bain pour les jours à venir...

... c’est la partie que je trouve un peu difficile, pour moi, la solitaire habituée aux grands espaces...

Notre journée s’est terminée à 22:15, après que l’on eut déterminé l’horaire des gardes pour la première semaine. Je ferai la garde de nuit demain soir (dimanche...), souvent la plus longue car la première, et j’enfilerai avec mes gardes de jour, lundi am et pm... Après je serai libre de vaquer à d’autres activités, qui auront plus un goût de vacance et d’évasion... Tout cela entre les périodes que l'on appelle les "piqueries", bien sûr!

Déjà presque minuit... Je dois me coucher si je veux être en forme demain. (dimanche...)En pm, nous accueillerons nos mousses. J’aurai le groupe des 13-14 ans chez les filles et les 13 ans chez les garçons, soit les plus grands...

J’ai besoin de reposer mes ailes, ne serait-ce que quelques heures avant la levée du corps, prévue à 6:45...

... mais qu’est-ce que j’ai besoin de toujours me placer dans des situations pas ordinaires... Expliquez-moi...

N.B. Vous aurez compris que j’ai écrit ces lignes samedi soir et que si vous les lisez, c’est que j’aurai réussi à vous les envoyer, tôt ce dimanche matin!... Alors, bonne journée à vous...

samedi 27 juin 2009

Deuxième jour...

Il pleut ce matin... Du salon, où je me suis installée pour écrire, j’ai une vue de grisaille sur le lac Trois-Saumons... La place, entourée d’érables, me procure un doux et inspirant refuge... À l’extérieur , les feuilles caressent la surface vitrifiée... Sombre invite à la réflexion...

« Le grand salon »: c’est comme ça qu’on l’appelle... Grande pièce au plafond cathédrale, richement éclairé par la lumière naturelle provenant des immenses et nombreuses fenêtres qui en constituent trois des quatre murs...

L’intérieur se compose de meubles anciens... Un peu amochés par le temps... Une odeur de vieux souvenirs plane dans l’air... Comme une âme trop longtemps refermée sur elle-même... Un immense foyer en pierres des champs, trônent fièrement, patriarche de temps anciens...

Les minutes que je me suis permise pour écrire ces lignes, s’écoulent rapidement... Je sens le temps qui me presse de trouver mots et palabres pour vous exprimer un peu de ce quotidien qui sera le mien pour les deux prochaines semaines...

Et en bonne « toquée » que je suis, j’ai glissé à mon poignet, 15 petits bracelets de perle, que je retirerai un à un, au fil des jours... Comme un signe du temps qui naît, qui vit et qui disparaît pour devenir passé...

Non pas que j’ai déjà hâte au 11 juillet, mais il me semble toujours à mon arrivée au camp, que ce sera long, tout en sachant pertinemment bien qu’en un coup d’ailes, les journées s’envoleront...

En terminant, je peux vous dire qu’hier, le voyage de Mont-Laurier à St-Aubert de l’Islet, s’est bien déroulé. Nous avons dû « affronter » des pluies diluviennes et des cieux zébrés d’éclairs, dans les Laurentides et dans la région de Québec. Mais je crois que ce fut comme ça un peu partout dans la province...

À notre arrivée, nous sommes allées, Jass et moi, souper dans un petit resto de la marina de St-Jean-Port-Joli, face au Fleuve... Je suis déjà sous l’emprise de cette charmante vue fluviale...

Mes racines maternelles sont ici, je le sais, je le sens...

vendredi 26 juin 2009

Première journée de mon escapade...

Parties hier en fin pm, nous avons, ma Consoeur Jass, roulé bon train sur une route ensoleillée et libre de trafic... jusqu’à...

... ce que je sente imperceptiblement, tout d’abord, et avec de plus en plus d’insistance, que mon véhicule semblait magnétiquement attiré vers les parois rocheuses bordant la chaussée...

C’est donc en interrompant ma Consoeur Jass, en plein milieu de sa phrase, que je lui dis:

« Jass, il y a quelque chose qui ne va pas... je vais m’arrêter... »

Je dois vous dire que peu de temps auparavant, lors d’un dépassement (eh oui! incroyable n’est-ce pas, que j’en sois rendue à trouver que les gens ne roulent pas assez vite à mon goût... comme quoi dans la vie, il ne faut jamais désespérer de voir les gens changer leurs habitudes, n’est-ce pas??...), le moteur de mon petit Santa Fe, avait présenté un emballement peu ordinaire, avec soubresauts et efforts... Ce qui m’avait fait craindre, que mes problèmes au démarrage des derniers jours, ne se transforment déjà en ennuis mécaniques... Ma confiance, de plus en plus précaire envers petit Santa Fe, s’étant passablement émoussé depuis quelques temps...

... Alors pour faire une histoire courte, nous n’avons pu que constater l’état lamentable de mon pneu avant droit... Crevé! Une déchirure d’environ deux centimètres sur le côté, semblait nous narguer...

Je sortis la bonbonne (que je traîne depuis cinq ans « au cas où » je ferais une crevaison dans le P’tit Nord... ) et après en avoir lu les instructions, je la rangeai et sortis mon cellulaire pour appeler, ceux que je paie depuis quelques années sans jamais ou rarement requérir leur service: CAA...

Ainsi, nous avons fait le pied de grue pendant deux heures, sur le bord de la 117... Peu de gens se sont arrêtés, signe des temps modernes du « chacun pour soi »... Seul un camionneur s’est arrêté sans autre but que celui de nous aider... Tout à son honneur...

C’est donc à 22 heures que nous sommes arrivées à... Mont-Laurier!...

...Tout un début d’escapade, n’est-ce pas?... De quoi vouloir changer mes roues pour des ailes...

jeudi 25 juin 2009

Et c'est un départ...

... après une nuit orageuse ou ( je sais, il manque l'accent... c'est que j'écris directement sur mon blog et l'accent grave reste introuvable... désolée...) des tonnes d'eau se sont déversées sur et ... dans ma maison, encore une sainte fois (!!!), je suis fin prête pour le grand départ... (en passant si quelqu'un parmi vous connaissez mon "amant-menuisier", vous pourriez lui faire le message??...que le toit a encore fuit, pas que je m'en vais...)

Effectivement, c'est cet après-midi que je quitterai en direction du Lac Trois-Saumons pour aller travailler dans un camp pour enfants diabétiques. Je vous écris rapidement ces lignes ce matin car je ne sais quand je pourrai le faire à nouveau...

Je serai absente trois semaines... si je trouve le moyen de brancher mon portable de temps à autre, je vous partagerai mon carnet de bord de camp... Vous verrez, c'est vraiment une aventure palpitante... J'espère que je saurai vous le transmettre avec autant d'ardeur et de passion que j'y mettrai dans la vraie vie...

Ce sera donc un bon deux semaines o(!)u les communications seront moins fréquentes ou régulières... Par la suite, je poursuivrai en prenant une "vraie" semaine de vacances, juste pour moi...

Je prévois visiter mon Grand Frère à Québec, tante Cloclo et oncle S à Batiscan, tante P à Pointe-aux-Trembles et enfin j'irai donner un coup de main au déménagement de ma Bonne Fée à North Hatley...

Mon retour est prévu pour le 19 juillet en fin de journée...

J'espère juste que je ne m'ennuierai pas trop de vous...

... et vous, de mes élucubrations quotidiennes...

... et c'est un "décollage"...

mercredi 24 juin 2009

Terre battue...

... Lorsque j’étais jeune, à la fin des classes, je me souviens que ma mère nous attendait, l'auto pleine à ras bord, de tout ce que nous devions avoir besoin pour les vacances d’été à notre maison de campagne, y compris la planche à repasser qui séparerait les gars des filles pour le court trajet...

À l’époque, mon père possédait une école de pilotage, louait des hydravions pour la surveillance des feux de forêt, transportait les gens vers leur camp de pêche ou de chasse, réparait les avions et en faisait la maintenance...

Nous avons grandi dans un incessant va-et-vient de voitures et d’avions...

Sur le site, mon père avait défriché à l’aide de mon grand-père et d‘autres hommes, une longue lisière servant de piste d’atterrissage. C’était une surface gazonnée sur fond d’argile, qui se transformait, lorsqu’il pleuvait des clous, en une vaste étendue de terre boueuse. Et si par mégarde un avion s’y posait, c’était pour y laisser d’indélébiles marques...

... pour les effacer, il arrimait à l’arrière d’un tracteur, une espèce de gratte faite de morceaux entrecroisés de bois, sur lesquels nous nous amusions à prendre place et à garder l’équilibre...

Méchant jeu dangereux!...

Combien j’ai fait de pique-niques sur cette piste, emportant avec moi dans une petite brouette, mon dîner, que j’allais déguster près d’un « marqueur », petite tente tôlée servant à indiquer les abords et limites de la piste...

Et comme j’ai souvenir de ces crevasses, s’incrustant dans la terre aride, traçant des sillons zigzagants et profondément enfouis dans les tréfonds de cette terre brunâtre...

... celles-là même que je retrouve quand je marche dans le champ à Jolin, alors que je suis cette « trail à vaches », titubant sur les monticules de terre amoncelées ici et là...

Inspirante terre vieillie et battue... par les années...

mardi 23 juin 2009

Vol de nuit...


Ce soir, c’est avec ma Tendre So et ses Tourbillonnants Kids que j’ai passé une
« mirlifique » soirée...

Baignade, ambiance fantasmagorique, jases... Encore une fois la vraie vie... de chalet! J’adore! Vraiment...

Je leur ai proposé que nous écrivions ensemble le présent billet... Alors voilà ce que ça a donné...

"... Un vol de nuit, c’est comme un court passage dans la vie... Une escale lumineuse, alors que l’on se croit perdu dans le noir...

... Lumières de nuit, lumières de vie... Luminescence opalescente...

... Grésillement de feux imaginaires, artifices lubriques...

... Vol de nuit, vol à vue... Vol vers l’inconnu... Sombres « racoins »...

... À peine percé par l’éclat d’une chandelle, dont la flamme vacille sous des milliards de dards... Coups d’ailes de bestioles nasillardes...

... Liberté que confère les vols de nuit... où tout est permis... ou presque...

... sans crainte ni remord..."


lundi 22 juin 2009

"Cent" inspirations...

... ma voiture a encore dû faire un tour au garage: $100 et des poussières d’or plus tard, elle n’avait rien(?)... Alors les gars qui disent connaître les problèmes de « ligne d’essence qui fuit » peuvent aller se rhabiller... Si mon amant garagiste dit qu’il n’y a rien c’est que...

... Oh! Et à qui puis-je vraiment faire confiance, dites-le moi?... J’en perds mon latin (que je ne possède pas d’ailleurs...)...

... j’essaie de toutes les manières, de balayer du revers de la main, une petite voix intérieure qui me dit de quoi, de qui, je dois me méfier, elle semble plus forte... elle me repousse et ça me désespère!...

Est-ce elle que l’on appelle « l’intuition »? Mon Consciencieux Psy saurait me répondre...

En attendant, je me retrouve seule à discuter avec « elle », pensant à tort, que j’aurai le dessus, que mon argumentation éteindra la sienne... Parfois je la questionne, et j’espère qu’elle saura trouver réponse à mes interrogations... J’attends en vain...

Parfois je comprends ce qu’elle tente de m’expliquer, parfois je me ferme comme une huître... Parce que je sens qu’elle a raison, et ça ne fait pas mon affaire...

Si j’échafaude des plans, je peux être assuré qu’elle y mettra son nez, et qu’en moins de temps qu’il n’en faut, elle aura semé le doute dans mon esprit avec ses arguties*...

Alors que faire?...

... je l’écoute... je m’endors sur mes rêves ou...

... je fais simplement confiance que la vie m’ouvrira grand ses ailes?...


* raisonnements pointilleux

dimanche 21 juin 2009

L'envol...


21 juin 2009: Fête des Pères, début de l’été et... ouverture officielle de la Base pour la saison estivale!...

Wow! Toute une journée!

... et pour mal faire (ben non, au contraire!...), il a fait un temps superbe, que dis-je, extraordinaire!... Le soleil était au rendez-vous, la chaleur et les gens aussi...

Et c’est ce même 21 juin qui a vu l’arrivée de Petite Fleur, qui sera notre pompiste attitrée. Celle qui couvrira les 100 mètres de quai, plus d’une cinquantaine de fois par jour ensoleillé, pour servir l’essence aux plaisanciers et aider les hydravions à accoster et à quitter.

Aujourd’hui fut pour elle, dix heures d’entraînement intensif, défi qu’elle a relevé d’ailleurs avec brio. Il se peut fort bien que dans les semaines à venir, se tissent des anecdotes autour d’elle.
Devinez ce que j’en ferai?...

Pour moi, ce fut la journée « tonte de pelouse ». Et je dois vous avouer que...

...J’HAÏS ÇA!!!... VRAIMENT!...

... Mais comme l’a toujours si bien dit mon petit papa:
« Dans la vie, on ne fait pas toujours ce que l’on aime, mais il faut apprendre à aimer ce que l’on fait ... », alors...

... Je me suis vraiment appliquée!... J’ai repris les p’tites couettes vertes que j’avais laissé ici et là, entre mes allées et venues, sur cette trop grande couverture veloutée... J’ai même demandé de l’aide d’un client pour la marche à suivre pour « dénoyer » la tondeuse, alors qu’il me restait toute la partie avant à tondre... (en temps normal, j’aurais tout laissé en plan...)

... Ciel! Et quand j’ai enfin pu reposer mes ailes, la journée était chose du passé et laissait sa place à Dame Soirée...

... Et j’ai l’impression de n’avoir rien fait...

Bizarre, non???

samedi 20 juin 2009

Ce feu qui brûle...


... lorsque la porte s’ouvrit, son visage se ferma... Signe de légitime défense...

... son regard, jadis si vif, fut envahi par le vide de l’incertitude...

L’hésitation chevrotante d’une incompréhensible question sans réponse, tanguait en lui... je la vis passer et repasser derrière le voile de ses yeux...

... son timide sourire, celui des jours où l’on ose penser que quelque part, notre cerveau nous joue un tour (un bien mauvais tour... ), tardait à s’affranchir...

... le doute l’habitait, je le sentais bien...

Je l’ai serré dans mes bras, tendrement, fortement, comme si je pouvais, à travers ce puéril geste, lui transmettre un peu de ma vigueur... Comme si je ne voulais pas voir...

... sa solitude...

Nous sommes sortis marcher ses rues, bras dessus, bras dessous... Celles qu’ils connaient et reconnaient... Encore...

... Et nous avons laissé couler nos larmes de désarroi, tous les deux, tendres coeurs égarés dans cette jungle mystérieuse et secrète, de cette espace de vie, entre ciel et terre...

Dans la ruelle derrière chez-lui, il s’est alors tourné vers moi et m’a demandé des nouvelles... de moi...

« Comment va S...? La dernière fois qu’elle est venue, nous avons marché comme ça... »

... « Papa! C’est moi!... », lui répondis-je.

Ses yeux se sont emplis de larmes, les miens aussi... et il m’a avoué qu’il croyait que j’étais « ma Meilleure Amie... »

C'est alors que j’ai réalisé, que le feu qui brûlait en lui, tranquillement, était en train de s’éteindre...

vendredi 19 juin 2009

La Main...



... Dans chaque ville, chaque village, se trouve une artère principale, un endroit où l’activité se fait plus intense, plus présente, là où pousse les terrasses, où circulent les badauds...

... Dans chaque ville, chaque village, se trouve un pub, un bar où se font les rencontres hétéroclites entre populace et gratin, entre bien nantis et démunis...

... Dans chaque ville, chaque village, se trouve une histoire coquine à être contée, anecdotes à raconter...

... Dans chaque ville, chaque village, errent des anges en peine... En peine d’être, tout simplement...

... Dans chaque ville, chaque village, espèrent, ces âmes de solitude, se métamorphoser en société relationnelle fonctionnelle...

... Et dans le fond du coeur des habitants de chaque ville, chaque village, bat au rythme des saisons, une vie, la vie, la « Principale».... Celle qui conduit droit au but... Celle qui ne déroge en rien aux lois de l’existence...

...Tout simplement...


jeudi 18 juin 2009

Très trop tard...

Bon, ce soir, c’est vrai... Je ne serai vraiment pas très longue... Non que je n’ai rien à vous dire, mais mon emploi du temps un peu trop chargé pour la soirée, additionné d’une dizaine de messages dans ma boîte de courriel, dont plusieurs en rapport avec le camp pour enfants diabétiques, lequel je m’en vais travailler dans...

... Oh! Mon Dieu! C’est dans sept jours le grand départ!...

Je dois préparer mes ailes!... Je dois penser à une tente, un sac de couchage, « rapailler » ma gamelle, imper, bottes etc, etc etc... Et c’est sans compter les vêtements! Je flotte littéralement dans la majorité de ceux que j’emportais avec moi...

Magasinage en vue, Tendre So, pour demain (ou aujourd’hui... quand tu liras ces lignes...)

... Moi qui voulais vous dire que je m’étais amusée à écouter ma verte campagne ce soir... pendant ma marche, et pendant la trempette de mes pieds endoloris au bout du quai...

... les grenouilles, le cri éloigné d’un huard, les odeurs de fumée de feux de bois, le cancan des canards, le cri attristé d’une tourterelle, perché sur un fil, le dernier, amenant une invisible onde d’électricité sur la butte du champ à Jolin...

... la rosée dans le foin qui me fouettait les jambes à mi-mollets...

... le drôle de bruissement qui irradiait des branches du bouleau, planté au milieu de nulle part...

... le lac si placide, si calme... Les vaguelettes empreintes d’une douceur presque sensuelle...

... Ça aurait été bien court comme billet, mais combien chargé de tout ce bonheur que je palpe peu à peu, même seule, au bout de mon quai, à caresser mon fidèle Méo, toujours bien collé sur moi...

... J’avais lu cet hiver que « le bonheur se trouve seule, mais se partage avec quelqu'un... »... Je crois que j’en serais rendu à vouloir partager...

... À qui l’honneur???...

Annexe au billet d'hier: cache-nez de moteur = kennon cowl plugs... merci à ma Meilleure Amie...

mercredi 17 juin 2009

"Cache-nez de moteur..."

... je ne suis vraiment pas certaine de l’appellation... Comment pourrait-on dénommer autrement ce machin-truc en bois, servant principalement à empêcher les oiseaux de nidifier dans les abords du moteur?...

... probablement que ma Meilleure Amie pourrait jeter un oeil dans ses immenses bibles de commande de matériel aéronautique et me dire très précisément le nom... Car le modèle dont il est ici question, est la version rustique. Il existe des versions modernes en mousse recouverte de cuir rouge, qui disons-le, font beaucoup plus
« urbain »...

... Assez de tergiversation! Je devrais être en mesure de « pondre » quelques lignes sans connaître l’exacte nomination de l’objet en cause...

En fait l’histoire de ce... truc (!), a débuté l’automne dernier après que j’eus ramassé sur le quai celui qu’utilisait mon Énigmatique Frérot pour son hydravion. À vrai dire, il était dans un état lamentable que dis-je, dans un état de vétusté avancé (le truc... pas mon Énig Frérot!...).

Le contre-plaqué se séparait en autant de strates, la peinture s’écaillait...

Alors je le « kidnappai » le temps de reproduire le modèle sur un morceau de
« matériel » qui traînait à l’atelier... Et tant qu’à faire, j’en taillai quatre, certaine que je trouverais preneur le printemps prochain...

Et c’est là que me vint l’idée de les enjoliver en les peinturant et en y inscrivant un proverbe qui serait adapté à l’hydravion auquel il serait destiné... ainsi qu’à son pilote, par ricochet, bien sûr...

J’en fis donc un premier (ça m’a pris l’hiver... mon propre état lamentable en étant la cause!!!) et encouragée (!), je me lançai dans l’élaboration d’un deuxième qui devait finir par « atterrir » sur le bout du nez de celui, qui généralement, se la « coule » douce, à son quai...

... Et comme je vous en avais parlé dans des billets précédents, alors je tenais à vous montrer le produit fini...

... Pas pire, n’est-ce pas???...

mardi 16 juin 2009

"Il faudrait ben que..."

Hier matin, à mon réveil, je me suis dit que j’essaierais... une fois de plus...

... sans trop me questionner sur le pourquoi du « il faudrait ben que... », ni du pourquoi ça arrivait comme ça, en ce beau lundi matin de congé, je sentais simplement qu’il fallait que je le fasse...

... là, là!...

... j’ai sauté de mon lit d’un seul bond et j’ai enfilé ma robe de chambre, blanche (!). J’étais remplie de cette bonne volonté qui m’envahit si soudainement... si frénétiquement... si fréquemment...

... j’étais certaine que cette fois-ci, je tiendrais le coup, que ce n’était qu’une question de temps... Après tout, il n’était que...

... puis je me suis dit que ce n’était pas parce qu’il m’avait attiré tout ce temps, aussi voluptueusement qu’un épicurien l’aurait fait, que je ne saurais trouvé le courage d’y mettre fin, une bonne fois pour toutes...

... pas non plus à cause de sa chaleur qui savait tellement me réconforter, ni de son parfum un peu suave... hum!... son odeur...

... et surtout pas question de remettre en vol, l’idée de sa force, de son côté parfois léger, parfois serré...

... quand je pense que je pouvais même me le permettre ainsi... allongé...

... Oh! Quel supplice!...

Mais je lui ai tenu tête, je ne lui ai pas cédé... Enfin, pas lundi...

... Ce matin, j’avoue: il a été le plus fort, plus fort que tout, plus fort que ma volonté... J'ai baissé mes ailes, j’ai abdiqué sans regimber...

J’ai levé l’embargo sur le « il faudrait ben que... »...

... et je me suis versé un « vrai » café... pas un décaféiné!...

lundi 15 juin 2009

Snobinarde rurale...


... C’est ce que je suis... Du moins je le crois... Pourquoi? Parce que se croisent en moi, deux entités distinctes aux goûts exclusifs de part et d’autre...

La première personnalité est plutôt angélique distinguée. Soucieuse de sa réputation, des « qu’en dira-t-on »... C’est elle qui porte la « Mona de Lambertrand », qui fréquente les gîtes aux soupers cinq services, qui déguste un rosé sur une terrasse, dans les chaleurs de l’été
« non-Abitibiennes »... et c’est la même qui porte son vison les jours glacials d’hiver
« très-Abitibiens »...

C’est cette professionnelle guindée, circulant, attaché-case à la main, ayant des idées d’habiter un condo ou un loft en plein centre ville... Celle qui choisit de bons vins, sans égard aux prix (enfin un peu quand même...)...

L’autre, je la décrirais comme un peu « givrée »... C’est celle qui regarde pousser les fleurs, vêtu d’un jean et d’un polar dans les moments plus frais... Qui s’étend dans l’herbe, un matin de printemps... qui se pend aux branches de merisiers pour s’ancrer profondément et s’imprégner de « zenitude »...

Celle qui court les coins sombres la nuit... afin de mieux y observer la brillance des étoiles... Qui s’assoit de longues minutes au bout du quai, attendant patiemment un amant imaginaire...

Celle qui rêve de son p’tit camp, sans eau courante ni goguenots*... Qui traverse le bûcher chaussé de bottes à « cap d’acier »... Enfin celle capable de se contenter d’une salade de légumineuses en plein bois... après avoir dégusté une bonne bière!...

Et lorsque les deux entités se rencontrent, elles donnent naissance à des rêves farfelus: rouler en VUS Flex 2009, chaussée de Josef Seibel, et habillée de la tête aux pieds de vêtements Chlorophylle ou North Face... pour aller passer le week-end dans les Laurentides, dans un chalet en bois rond juché dans les montagnes...

... Bon! Qui peut dire ce que ça coûte de rêvasser...

... L’important, c’est d’avoir les ailes pour le faire...

* lieux d’aisances, toilettes

dimanche 14 juin 2009

Café des Rumeurs...


... Je n’aurais jamais pu imaginer plus long trottoir pour accéder à cet endroit huppé... C’est qu’il y a foule ici, peu importe l’heure...

De drôles d’oiseaux, un peu volages, quelque peu déplumés par les brises de vie, d’autres dépenaillés par les rigueurs du temps, y traînassent tout au long du jour...

Certains ont le faciès rigidifié, sans émotion... Comme pris dans un halo métallique dont ils ne sauraient se libérer, ils semblent enchaînés avec d’invisibles liens, les retenant, bon gré mal gré...

Tous ont accès à un espace bien à eux. Ils occupent jour après jour, la même place de leur existence, sans savoir ce qui les attend un autre tantôt... Ici, tous les clients se tiennent debout, dans une éternelle pose irréelle...

Parfois le soir, on y entend rumeurs de destinées, vols impromptus prévus pour des lendemains meilleurs...

... Rumeurs d’humeur maussade quand sous la pluie, ils font leur entrée remarquée...

... Rumeurs d’odeur de terre humide, de roseaux ployés sous l’effort...

... Rumeurs de vent, les grands, les plus forts, ceux du sud...

... Rumeurs de ciel nuageux, orangé ou étoilé...

... Rumeurs de passions inassouvies, d’amours voilés...

Ici le café a peu d’amertume... Il est toujours frais et sans cérémonie...

En fait la seule personne toujours présente, à la même heure, au même endroit, tasse de café à la main...

... et bien c’est moi! Et c’est très bien comme ça...

P.S. en réponse au billet de Contes de Fée... Tag Scarabée (deuxième tentative...)



samedi 13 juin 2009

"Marchons Trécesson..."

Quel titre inspirant, n’est-ce pas?... Non?... Vous ne comprenez pas?...

Oh pardon, bien sûr!... Vous n’y étiez peut-être pas!...

En fait, à part ma Bonne Amie G., je ne me souviens pas vous y avoir vu...

Dommage! Ce fut une très belle matinée... Je vous explique...

« Marchons Trécesson » est un évènement organisé par la municipalité du même nom, pour entre autres, promouvoir l’acquisition de saines habitudes de vie, dont l’activité régulière fait bien sûr parti.

Nous avions donc statué, ma Bonne Amie G. et moi-même, d’y participer, histoire de prêcher par l’exemple d’une part, et de simplement bouger dans un décor un tant soit peu bucolique d’autre part...

Nous avions le choix d’une marche ou d’une course de 1, 5 ou 10 kilomètres... Le vol à tir d’ailes étant défendu... Selon vous, quel aura été notre défi?...

Fort certainement, vous avez raison si vous avez opté pour la marche, et disons que les 10 kilomètres furent dissipés en quelques deux heures six minutes... D’accord, nous ne parlons pas ici de record absolu, mais je peux vous assurer que ce sera celui que je tenterai de battre l’an prochain...

Et vlan pour mon exercice quotidien!!!...

En après-midi, je pris la route de Vald’Or avec le Frère de mon Amie LaRose, celui-là même qui avait si gentiment accepté de venir réparer le plancher de ciment de la cave...

Comme c’est moi qui invitait, nous nous dirigeâmes vers le pub l’Avantage pour y prendre l’apéro... À peine installée, j’aperçois deux dames qui me saluent en souriant... Non mais je rêve! Ma Meilleure Amie et ma Jeune Soeur Chérie sont assises là, dégustant leur repas...

Quel drôle de hasard! On ne peut jamais savoir ni qui, ni où, on peut rencontrer des gens de notre connaissance...

... alors, vaut mieux rester sage!...

vendredi 12 juin 2009

1972...

... sur les rabats de mes poches, deux lettres brodées: « P P » ... Non pas les initiales de quelque jeunot pour qui mon coeur aurait soupiré...

« P P » pour « Pilote Privé »... À quinze ans, je rêvais d’épater la galerie en volant avec d’autres ailes...

... c’était l’époque, où je travaillais l’été « aux foins »... avec des gens de mon village qui possédaient une ferme et qui venaient faucher sur l’ancienne terre de mon grand-père...

... l’époque où je marchais, la plupart du temps, pieds nus...

... l’époque où je cueillais des fleurs sauvages, où je m’étendais dans l’herbe pour... simplement être et « me » laisser vivre...

2009...

... ce matin, je suis « montée » au champ, comme l’aurait fait un enfant... Sautillant, courant, enjambant les coulées d’îlots de graminées... J’ai marché aux abords des eaux brunâtres de l’Harricana, découvert un amoncellement de pierres de Fée (!)... J’ai laissé le soleil se jouer de moi...

... J’ai touché l’herbe caoutchouteuse du bout des doigts...

... J’ai humé les parfums des jeunes pousses feuillues des bouleaux et des trembles...

... J’ai admiré les bouquets géants, que formait la cime des arbres, érigée vers le ciel bleu...

... J’ai entendu le clapotis des vagues s’échouant sur la berge boueuse...

Et comment aurais-je pu mieux goûter à cet instant de pur bonheur, si ce n’est en avalant, avidement, une grande goulée d’air frais...

... étendue dans l’herbe, j’ai roupillé au milieu des pissenlits et des violettes sauvages...

... Comme en 1972...

jeudi 11 juin 2009

Tout d'un coup...

... que finalement ça aurait été plus grave, beaucoup plus grave, que je ne l'avais imaginé...

... que finalement, l'observation aurait perduré plus de deux jours...

... j'ose croire que j'aurai publié cette photo pour rien...
"Nos moments de lumière sont des moments de bonheur; quand il fait clair dans notre esprit, il y fait beau..." Joseph Joubert
(escapade à Notre-Dame-du-Nord, 30 mai 2009, avec ma Bonne Amie G.)

mercredi 10 juin 2009

Oh! Un malade...



"À force de se croire malade, on le devient..."

Proust

mardi 9 juin 2009

Dr PC...

... Il y a déjà quelques semaines qu’il traîne de la patte... Il n’a jamais été bien vite, mais là, sa lenteur m’exaspère. Vraiment!...

... Il conserve ses couleurs, mais il a parfois de ces borborygmes* à faire dresser les cheveux sur la tête. Impossible pour moi de savoir si c’est la température ou s’il a le coeur trop lourd de peine... Pourvu que ce ne soit pas une infection virale...

Je n’aurais pas cru devoir en arriver là un jour. Lancer un tel appel désespéré... Mais je n’ai vraiment pas eu le choix: je tiens beaucoup trop à lui pour ne pas réagir... et avant qu’il ne rende l’âme pour de bon... Je ne peux toujours pas m’en débarrasser sans tenter au moins cette ultime démarche...

J’ai donc pris mon courage à deux mains ce matin, et j’ai signalé le numéro de celui, qui je le sais, pourra le soigner ou du moins soulager ses symptômes... Je n’ai pas eu à donner beaucoup de détails à mon interlocuteur pour qu’il comprenne mon besoin... Demain, j’ai rendez-vous... J’apporterai mon P’tit Trésor, à mon lieu de travail où on viendra le quérir...

« Ce ne devrait pas être bien long. » m’a-t-il dit. « Au plus deux jours d’observation et je saurai ce qu’il en est... »...

Tant mieux: je ne pourrais en être séparée plus longuement... Ça me couperait littéralement les ailes...

... Aucune allusion à ce que ça coûtera. De toute façon pour moi, c’est sans importance. Pour lui, il n’y aura pas de prix (enfin... pas trop...). Étrangement, je n’aurais jamais pensé, il y a à peine deux ans, que je m’y attacherais si vite et si fougueusement... On ne contrôle pas toujours nos sentiments...
... Quels qu’ils soient...

* gargouillis

lundi 8 juin 2009

La femme qui marche avec les ours...

Le lundi matin, je suis en congé. Le poste que j’occupe ne requiert que 28 heures de ma vie (parfois un peu plus...) par semaine, ce qui me laisse les lundi am et vendredi pm pour voler en toute liberté, sans surveillance...

Depuis la fonte des neiges, je dispose de ces moments en partie pour aller marcher... dans le champ à Jolin! (où je m’attends toujours d’ailleurs, d’un jour à l’autre, de m’en voir interdire l’accès jusqu’aux prochaines neiges!) En attendant, toutes ces terres n’appartiennent qu’à moi!!!

Ce matin, vers 9hres, j’ai fait mon parcours habituel. À mon retour, alors qu’à ma gauche gambadait gaiement au même rythme que moi mon Méo...
... à moins que...

... je glissai délibérément mon regard franchement vers lui... Méo était en réalité... mon ami l’ourson!... En détournant la tête vers la droite, je vis le vrai Méo, folâtrant en plein champ...

Là, j’avoue, le coeur m’a arrêté quelques secondes... C’est qu’il se trouvait à environ 50 pieds (bon d’accord: après discussion avec mon Énigmatique Frérot, il m’a fait estimer la distance à environ 150 pieds... plus plausible, vous dirai-je...). Probablement que le vent aura joué en ma faveur (ou défaveur?)...

Alors j’ai eu la réaction la plus ridicule que je puisse avoir: je me suis mise à lui parler, comme on parle à un chien... Il s’est arrêté un très court instant, a tourné la tête vers moi, puis a réintégré dignement son boisé...

Ouf! Sauvée! Une fois de plus!... Le pire de l’histoire, c’est que je trouve ça drôle! Avoir eu si peur toutes ces années, d’aller à mon camp au printemps, et là de prendre plaisir à provoquer les rencontres... Témérité de ma part? Je ne crois pas, je ne me sens pas en danger... Il y a des choses plus effrayantes que ça dans la vie... Enfin, je crois...

Et pour finir cette drôle de journée, vous ne devinerez jamais le coup que j’ai fait à mon Grand... Lui, qui m’avait emprunté un de mes sacs d’expé, où se trouve accroché mes clés de camp... Je l’obstinais mordicus qu’il les avait égaré jusqu’à ce qu’il me les place sous le nez, bien arrimé après un autre petit sac que j’avais utilisé fin mai... Oh là là!... Je n’ai pu qu’en rire et lui aussi...
Imaginez ce que ce sera lorsque le « diagnostic » sera prononcé...

dimanche 7 juin 2009

Seule au milieu de nulle part...

Ce soir, j’ai encore le corps rempli d’une saine fatigue... Mon séjour (trop court) au camp, a permis de me remplumer quelque peu, quoique insuffisamment, je crois...
Arrivée vers 14hres hier, j’ai transporté la moitié des pièces de bois qui serviront à refaire escalier plus fonctionnelle pour accéder à ma mezzanine. Puis je me suis étendue sur ma minuscule causeuse en rotin pour y roupiller un instant... Lorsque j’ouvris enfin les yeux, le soleil me dardait de ses rayons, à une hauteur de la fenêtre qui me fit penser que j’avais dormi plus que quelques heures...

Je me levai et décidai de me rendre à mon véhicule, y chercher un autre voyage de bois, histoire de m’ouvrir l’appétit un peu... Quelle ne fut pas ma surprise de constater qu’il était 20 heures! (comprenez ici que lorsque je me rends à mon camp, je n’apporte ni montre, ni cadran... je mange quand je ressens la faim, je dors quand... je ressens l’endormissement!...)
Je marchai vers mon plus proche voisin, sans toutefois oser me rendre jusqu’à son camp... Je me sentais comme doit se sentir une batterie avant de rendre l’âme (et comme je craignais de devoir passer la nuit au pied de l’un des bouleaux bordant la route...), je rebroussai chemin et posai sur mes (frêles) ailes les deux morceaux de 2 X 6 qui serviront de limons pour mon escalier...

La soirée fut vite engloutie... Souper, lecture et dodo à nouveau!... Après une nuit sans rêve ni cauchemar, la lueur du jour s’infiltra par les fenêtres sans rideau du deuxième plancher, faisant office de cadran ayant oublié de sonner l’heure...

Et sans avoir le temps de penser que j’étais « seule au milieu de nulle part » (pour reprendre les mots d’un ami...), il se produisit ce que j’ai toujours vainement attendu lorsque je me rends à mon camp: j’ai reçu de la visite! Beaucoup de visite!

Nous étions donc six à partager un délicieux dîner de fortune, dehors, attablé sous la fraîcheur du vent, nous entêtant à croire, que l’été serait bientôt à nos portes...

Que voulez-vous, il faut bien rêver un peu!...



samedi 6 juin 2009

C'est fait...

... bon, j'avoue être incapable d'écrire quoi que ce soit ce matin (c'est mon troisième essai, j'ai effacé accidentellement les deux précédents!?!?...), je dois avoir l'esprit aussi "raqué" que ne le sont mes ailes... la marche nocturne y est pour quelque chose...

... alors je serai brève, mais demain je vous promets plus de détails...

... j'aimerais seulement souligner quelle énergie et motivation habitaient les membres de mon équipe "Partenaires humanitaires"... Pour la troisième année, ils ont accepté de me suivre dans cette folle "odyssée mystique" qu'est le Relais pour la Vie... Bravo et merci à vous, GANG!...

... je vous laisse aussi promptement que je ne suis apparu dans votre vie ce matin: je me dirige vers mon camp, programme: dormir, lire, dormir, lire...

... je vous reviens demain, avec les idées plus claires qu'obscures...

vendredi 5 juin 2009

Grand soir, grande nuit...

... Ce soir, tous les pas que j’alignerai, inlassablement, l’un après l’autre pendant plus d’une dizaine d’heures, iront en rejoindre des milliers d’autres... Nous serons ainsi tous unis et réunis pour une bonne cause: ramasser des fonds pour la Société Canadienne du cancer...

... Je le ferai en pensant à toutes ces personnes qui ont eu à affronter, qui affrontent ou qui affronteront cette insidieuse maladie...

... Je le ferai en souvenir de ma mère, en l’honneur de mon père, en souvenir de mon Bon Monsieur N., en l’honneur de ma Courageuse Consoeur de travail L....

... Je le ferai par défi, pour lever le nez à la vie qui se veut parfois bien cruelle...

... Je le ferai parce que je me trouve privilégiée d’être ce que je suis, où je suis et comment je le suis...

... Je le ferai pour démontrer que l’on peut finir par gagner nos batailles si on y met tout notre coeur et notre énergie...

... et je le ferai par respect pour ceux qui les ont perdu...

... Je le ferai pour me prouver que mes Merci lancés dans l’Univers Infini chaque matin, sont entendus et atterrissent à la Bonne Place...

... Je le ferai par goût du dépassement, pour narguer la douleur et la fatigue, pour l’euphorie grisante des endorphines...

... Je le ferai parce que je suis indéniablement et dangereusement en vie... Moi, la chanceuse...

... Et chaque fois que je songerai à abandonner, j’aurai une pensée pour ceux et celles qui persévèrent, jour après jour, et qui continuent d’avancer dans leur vie malgré leur maladie...

... Alors je les imiterai...

jeudi 4 juin 2009

Passeport vers l'au-delà...

... de l’imagination...

... vers ce géant qui hante l’aéroport municipal et qui écrase nos « petits bébés » avec ces immenses pas... Qui parsème d’éclats de « diamants » le gravier du stationnement, où sont figés dans l’espace, encore quelques hydravions abandonnés par leur maître...

... du rêve...

... vers Céphalée, qui vit maintenant sur un nuage, en fait sur le même où se trouve l’hydravion qui a brûlé il y a quelques années, et qui repose au cimetière des avions...

... de l’envie...

... de pouvoir un jour monter à bord d’un « bébé qui flotte », et survoler les nuages, et par le fait même revoir Céphalée et l’avion brûlé...

... de pays lointains...

... vers ces contrées que semblent vouloir explorer mon Grand, ma Précieuse Bru et ma Douceur ma Belle à l’été 2009... Islande, France, Belgique, Espagne, Grèce, Hollande...

Autant de façon de voyager, sans billet ni passeport... Pour l’instant...

Avec Matis et Elliot, nous inventerons mille et une histoires toutes plus abracadabrantes les unes que les autres...
Et pour mes rejetons, le rêve deviendra réalité dans quelques semaines...

Et le bonheur des premiers sera malgré tout égal au bonheur des autres... J’en suis certaine...

Bien fait la vie quand même!...

mercredi 3 juin 2009

Comme une étoile filante...

... Ma vie est comme une étoile filante... Elle brille de mille feux, traverse en un éclair le temps, et devient présage de particules de bonheur qui éclaboussent le monde...

... Je rentre à peine à la maison, il est très tard, une fois de plus... Comme si j’avais perdu entièrement le contrôle de mon existence... Comme si depuis quelques semaines, les occasions de me sentir vivante, se bousculaient sans arrêt devant moi... Comme si je sortais d’une longue hibernation... comme si ma marche « existentielle » m’avait enfin entraîné quelque part...

J’ai peine à reconnaître le lieu où je me suis enfin posée... Quelque endroit lumineux, chaleureux...

Mes ailes ne sont plus plombées... Je me sens aussi légère qu’une plume, mais un peu fatiguée par tous ces vols allers-retours des derniers jours... Je dois prendre un peu de repos...

... ce que je ferai après la marche du Relais pour la vie, qui aura lieu vendredi soir... Vivement samedi matin... que je dorme enfin tout mon saoul...

... et parlant de p’tits bonheurs, ce soir, après l’ouvrage, j’ai partagé un excellent saumon avec ma Tendre So et ses Tourbillonnants Kids, avant de me rendre à la Cathédrale avec ma Bonne Amie G., pour entendre une fois de plus, la talentueuse Samantha Louis-Jean. Quelle cantatrice extraordinaire!

Et lorsque j’ai fait ma tournée sur le quai à mon retour, la lune incomplète était au rendez-vous et brillait sur un lac à l’allure d’un morceau de soie échappé du ciel...

... je vous le jure!...

mardi 2 juin 2009

À coeur battant...

Ça y est! À présent, je les perçois! Et même très bien!... Chaque soir, à mon retour, comme un coeur qui palpite... Bruit sourd à peine audible s’en allant crescendo...

... Toujours à peu près au même endroit, à la même heure...

... Et chaque fois, je « lui » dis tout bas:

« Tu sais... je les entends maintenant... »

... mais « lui » ne m’entend plus... À présent...

Pendant des années, alors que la personne avec qui je vivais à l’époque, repérait immanquablement le claquement, moi, c’était que dalle! Toujours... enfin jamais... Bref! Seuls les bruits réguliers aux alentours me parvenaient narquoisement...

J’étais incapable de déceler le pseudo tambourinement, le bref instant où le temps suspendait sa course pour laisser libre cours aux sparages...

... Incapable de concevoir l’inconcevable: mon ouïe ne me permettait pas l’audibilité de ce tintamarre...

Et quoi encore?...

J’avais beau me concentrer après son « Écoute, écoute » sentencieux: rien, niet, nothing...

Alors aujourd’hui je me demande: pourquoi maintenant?... Pourquoi si facilement?... Pourquoi n’ai-je même pas été surprise la première fois, comme si ça allait de soi...

... Ce soir, comme chaque soir ces derniers temps, là-bas, tout au fond du champ à Jolin, à l’orée du bois, j’ai entendu l’appel de la perdrix... et son provoquant battement d’ailes crépusculaire...

... comme un insatiable appel à l’amour...

lundi 1 juin 2009

Un an déjà...

... Je sais, je sais, j’avais promis de ne pas revenir là-dessus... Mais c’est plus fort que moi...

... Permettez-moi, une dernière fois, de m’exprimer succinctement sur le sujet... Probablement que l’entière guérison n’est pas encore au rendez-vous...

... Les heures, les jours, les semaines, les mois, se sont succédés, tantôt trop lentement, tantôt trop tristement...

... Et curieusement, j’ai l’impression d’avoir déjà écrit ces lignes, ne les aurai-je qu’imaginées?...
Bon, tant pis, je prends le risque de radoter! Il me serait trop long de relire tous mes précédents billets pour retrouver celui dans lequel j’aurais employé à peu près le même langage...

Redondance me direz-vous? Peut-être... Masochisme ou résilience?... Je ne saurais dire... Mais ce soir, lorsque s’imprimeront les dernières lettres de ce billet, comme dans les livres, assurément cette fois, une page sera définitivement tournée... Je pourrai parfois revenir y jeter un oeil, mais ma vie se trouve dans les pages à venir, celles qui se glisseront subrepticement sous mes ailes et m’aideront à parcourir d’autres mondes, à découvrir d’autres horizons... Celles qui me feront aller de l’avant et cesser de regarder en arrière...

En décembre dernier, une Consoeur Protectrice, m’avait remis l’image d’une chatonne se regardant dans un miroir...

« Il est plus facile de faire grand quand on se sent grand... »

avec la mention manuscrite « ... dans 6 mois... », et bien nous y voilà!...

Il y a quelques semaines à peine, j’aurais juré que je ne vivrais jamais ce jour... Que le poids déposé sur mes ailes s’y trouvait pour l’éternité... Trompée, je me suis bel et bien trompée, et je n’ai jamais été aussi fière, de m’être ainsi flouée...

C’était le premier de quatre... Il m’en reste trois à vivre, après, ça coulera tout seul, j’en suis intimement convaincue...
... Il ne pourra en être autrement...

Qui suis-je ?

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Ex-Kuujjuamiut, Abitibi, Canada
Angélique, perfectionniste- approximative, douce mais impatiente...

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