mardi 6 décembre 2016

Envolée musicale



                                  
« … Samedi soir. L’annonce d’un concert de Noël à l’église du Christ-Roi. Trois coins de rue de chez-moi. Comment ne pas y assister? En plus, j’adore les cantiques et les chants de chorale.
 
J’enfilai un jean et revêtit un manteau qui me protègerait du froid. La tuque bien enfoncée sur les oreilles, je fis le trajet en moins de deux.

L’église était bondée. Dès l’entrée, je rencontrai mon Amie Tweety (je ne vous parle plus souvent d’elle n’est-ce pas? C’est que nos Vies respectives du-Temps-retrouvé empêchent justement… de nous retrouver!) Après échange de bisous et câlin, je pris sagement place dans l’un des bancs côté arrière-gauche. 

J’écoutais les murmures des gens. L’excitation gagna un cran à l’arrivée des musiciens et du chef d’orchestre dans le chœur. Jacques Marchand, notre Nagano régional, venait de faire son entrée en scène!

Les premières notes s’envolèrent. J’étais déjà subjuguée. Gagnée. Quand on entama la pièce « Sleigh ride » d’Anderson*, j’atteignis le nirvana.

Quel grandiose succès que ce morceau! Quel rythme, nous transportant directement à bord d’une carriole tirée par un attelage fastueux?

Je vous laisse là-dessus… »
* Leroy Anderson (1908-1975)

lundi 5 décembre 2016

En route vers les Fêtes



« … Dans ma famille, nous avons toujours attendu que soit passé l’anniversaire de mon Grand avant de penser Noël. Jamais cadeau de fête ne lui fut offert dans un emballage couleurs de bonhommes de neige. 
C’était une règle immuable.
 
Les années ont passées, cette règle perdure. Ainsi hier, après le brunch soulignant une Xième année de sa naissance, je m’empressai de déposer sur la table, la cinquantaine de cartes vierges qui n’attendent que les bons mots avant de s’envoler aux quatre coins de la province. 
Et même du pays!

Tradition s’il en est une qui me tienne vraiment à cœur, c’est bien celle de souffler des coucous enrobés d’une authentique pensée en cette période de l’année.

Sans attente de retour (et je croise toujours les doigts pour que mes vœux ne se rivent pas le nez à une mauvaise adresse…), c’est un réel plaisir pour moi de prendre place virtuellement, devant toutes ces personnes que j’aime. 
J’ai l’impression de rouler les distances nous séparant, l’espace d’un court instant. 

C’est l’occasion annuelle que je me donne, pour renouer avec les membres éloignés de ma famille ainsi qu’avec mes Amis parsemés à des centaines, voir des milliers de kilomètres de distance.

C’est ce que sera mon lundi-début-de-semaine. 
Il faut bien commencer quelque part non?... »
« Qu’est-ce que ça cache? », P’tit Nord, décembre 2008

samedi 3 décembre 2016

Comme dans un songe



« … La Femme s’était levée d’un pas traînant. Non pas que la nuit eut été tourbillonnante. Même qu’au réveil elle avait salué la journée par un habituel « Namaste » et sans rapport aucun, son regard s’était porté sur l’objet symbolique accroché au-dessus de la porte de chambre.
 
Non. Le traînant au fond d’elle, ne s’expliquait pas. Comme une lourdeur, un trop plein de rien. Elle avait pourtant toute la liberté souhaitée, s’occupait d’elle-même à plein Temps, mais dans le secret de ses entrailles, se lovait une minuscule arête qui lui écorchait le cœur.

Elle fit la même routine matinale : replacer les draps à peine chiffonnés ; choisir les vêtements appropriés pour une marche à l’extérieur; déposer la petite cafetière italienne sur le feu (tient… elle aussi fuyait ce matin, laissant s’échapper la vapeur avant le Temps…).

Son bol de fruits-noix-et-granola tenu comme un précieux présent entre les mains, elle prit place dans ce qui tenait lieu de salon. Là où la fenêtre orientée vers le Nord laissait pénétrer dans son fort intérieur, les pensées qui meubleraient sa journée.

Sans s’expliquer pourquoi, elle sentit le besoin d’immortaliser ce moment. Elle ouvrit le portable et se mit à table. Comme pour rassasier cette inexplicable faim intérieure. Comme pour s’en libérer…

Il était trop tôt pour tout. Elle devait prendre son mal en patience. Peut-être qu’après, dans une heure peut-être deux, elle irait mieux. Elle laisserait passer ses pensées absurdes ou irrationnelles, les laisseraient prendre leur envol...

Alors le pesant géant se ferait douceur et acceptation du « tout-ce-sur-quoi-elle-n’avait-aucun-contrôle ».

Et ça se déposerait au fond d’elle, tel un pansement sur plaie toujours béante… »
Addenda : était-ce le fait de prendre conscience de tout ce Temps-qui- passe-sans-que-rien-ne-se-passe qui bouleversa ainsi la Femme ce matin-là? Ou était-ce le fait de réaliser que son Grand était aujourd’hui, encore plus grand d’un an?... Nul ne saura jamais…
 
« Grand en Grand ! », tiré de Paddle for the North, Yukon, été 2013

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Angélique, perfectionniste- approximative, douce mais impatiente...

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