mardi 28 octobre 2014

Ai-je à dire?...



Oui… J’ai entendu une cliente du « Signet » ce midi, clamer qu’il « mouillait depuis le printemps »! Le pire c’est que ça semble vrai…
 
Ouin… Encourageant…

Ah oui… Pis j’ai classé pour la première fois, des bouquins (des biographies plein-plein pour mon Jeune Frérot…), pis des histoires vécues, de A à Z. J’ai adoré. Je pense déjà à augmenter mes présences à deux fois par semaine. 

« Fitzsou, la petite libraire »… Ça sonne bien, non?...

Sous la pluie, j’ai récupéré à l’entrepôt, un autre bac de déco de Noël et un de souvenirs de « bébé »… Ciel que j’ai de la misère à jeter, donner, récupérer! Je termine mes tâches avec presque autant de trucs qu’avant de débuter le travail. 

« Concentre-toi Fitzsou, ne garde que l’ESSENTIEL… » que je me répète sans relâche…

Pour terminer, bien sûr, je n’ai pas oublié Papa Fitzsou. Lui non plus m’a-t-il semblé, ne m’avait pas oubliée! 

« Oh! Tu es revenue? »

J’ai failli fondre sur place…

Pour le reste, que bla-bla. Sauf que, sauf que… J’ai reçu un gratin de fruits de mer très tôt ce matin de Tendre So… Merci tellement! Et puis je suis passée rapidement embrasser ma Bonne Amie G au CLSC. Là-bas, je ne peux m’attarder, travail oblige. Alors ce ne sera que partie remise…

Me voilà l’esprit et l’estomac remplis pour le reste de la soirée… 

Chanceuse que je suis!
"Le Signet", Amos, octobre pluvieux, 2014


lundi 27 octobre 2014

Se contenter de peu



ou quand un rien nous contente… Leçon de vie…
 
«  J’étais là, assise devant Papa Fitzsou. Ce n’était pas une bonne journée pour lui. À mon arrivée, ses yeux étaient éteints, presque tristes. Son sourire semblait s’être envolé vers un ailleurs que lui seul connaissait. Allez savoir où, dans quels étranges et lointains méandres de son cerveau…

Il disait avoir mal à la gorge. Il faisait de drôles de bruits comme si la nausée allait le submerger. On fit quelques allers-retours, entre sa chambre et le salon, pour finir par nous poser dans « son » appartement pour le dîner. 

J’allai chercher son cabaret après qu’il m’eut affirmé qu’il filait mieux. Installé sur le bout de sa chaise, il plongea sa cuillère dans le bol de potage. 
« C’est à quoi Papa, ta soupe? »

« Crème de champignons. »

« C’est drôle, on dirait que ça ressemble plus à une crème de céleri. »

« Oui, une crème de céleri. Hey que c’est bon! »

« T’avais faim? »

« J’avais faim pis je l’savais pas. »

« Tant mieux… »

À la crème de champignons-céleri succédèrent des œufs brouillés et une crêpe mouillée. Même lente dégustation. Chaque bouchée était savourée comme si un Chef avait cuisiné spécialement pour lui. Arriva le moment du dessert : des pêches en morceaux dans le sirop. Je lui refilai la petite cuillère. Première bouchée : il ferma les yeux.

Deuxième bouchée : « Hum que c’est bon! »

Troisième bouchée : un large sourire étira ses lèvres, ses yeux se remirent à briller.

« Tu aimes ça? »

« Si j’aime ça?… C’est bon, c’est bon… Ça fait du bien… »

Et je suis restée là, à le regarder plonger sa cuillère parmi les pêches dissimulées dans ce petit bol de plastique gris qui ne payait pas de mine. Il était heureux, ça se voyait, ça se sentait.

Alors je me suis dit, comme dans la chanson*,  qu’il lui en fallait maintenant peu pour être heureux, vraiment très peu, et qu’il savait se satisfaire du nécessaire… 

Merci pour la leçon, Papa Fitzsou!... »

*Le livre de la jungle

Livre de la jungle (french) Il en faut peu pour être heureux

samedi 25 octobre 2014

Faire le premier pas



J’ai bien fait rire mon Tendre Neveu et mon Énergique Filleule lorsque j’ai fait allusion à mon désir de devenir nomade. 
 
« Être nomade c’est… »

« Je sais très bien ce que signifie le mot nomade » de me répondre du tac au tac mon ÉF du haut de ses dix ans.

« Ah oui, euh bon, bien sûr que tu sais… Alors, qu’en penses-tu? »

« C’est toi qui le sait… »

Oui, encore là, bien sûr que c’est moi qui DEVRAIT le savoir! Débuta alors un long palabre sur le comment je voyais ça et surtout, sur ce que j’aurais à faire pour y parvenir. J’expliquai comment je comptais alléger ma vie de tous ces trucs matériels qui l’encombraient, et qui de ce fait, congestionnaient également l’entrepôt qui avait grandement besoin de respirer un peu…

Pour finir de m’en convaincre, dès le lendemain, j’étais dans l’espace contenant ma vie antérieure et je remuais meubles et boîtes, d’un bord à l’autre, espérant du coup, que quelques-uns disparaîtraient comme par enchantement.

Ça a marché… En partie… Mais j’ai dû faire appel à mon Jeune Frérot pour avoir son aide. Deux voyages de Petit Escape plus tard, je pouvais entrevoir la profondeur de mon désir

J’extirpai entre autres, une bonne dizaine de boîtes de bouquins que j'apportai à une boutique de livres usagés ayant pignon sur la première avenue. « Le Signet » que ça s’appelle. J’y ai fait la connaissance de Mme Marie-Claire. Super sympathique. Je lui ai déballé la dernière partie de ma vie en même temps qu'elle triait les livres qu'elle voulait conserver. À la fin, comme je l’avais envisagé, je lui ai offert de venir faire du bénévolat une demi-journée par semaine.


« Quand vous voudrez. Sauf les lundis et les dimanches. À partir de dix heures. » me répondit-elle.


« À mardi alors! » lui dis-je d’emblée.

Et voilà! C’est comme ça! C’est vraiment ce que j’appelle « changer de livres …et non seulement, tourner la page… »  ;-)

"Faire le premier pas", Amos, octobre 2014

mercredi 22 octobre 2014

Voyages, voyages



Déjà deux semaines que j’ai quitté Kuujjuaq. Tout d’abord pour un week-end retrouvailles avec la gang du treck fait en 2011 sur la Grande Muraille de Chine pour ramasser des fonds pour Diabète Québec. Sur le site de l’Auberge du Mont-Albert, nous nous sommes campés, le temps d’escalader le Mont Olivine et de zieuter le magnifique Lac aux Américains. On se serait crus bien loin, dans un autre ailleurs, mais c’est la Gaspésie, dans son humble splendeur, qui s’est offerte à nous. 

Moments magiques… 
 
Puis l’autobus Orléans m’a déposée en plein Montréal, le temps d’un chassé-croisé avec ma Douceur ma Belle, qui pleine de détermination, avait décidé d’aller vagabonder la France, l’Espagne et peut-être même bien, le Portugal. Ingénieuse insouciance de la jeune vingtaine… « Je t’envie ma Puce… »

Le troisième matin de mon retour de la Gaspésie, ce fut mon tour de récupérer Petit Escape chez ma Bonne Fée à St-Sau pour me sauver vers l’Abitibi, où m’attendait, impatiemment, Gros Vieux Méo. Nous nous sommes installés en un rien de temps, dans le petit appart de ma Douceur ma Belle et nous avons adopté le rythme de la vie citadine comme s’il avait toujours battu au fin fond de nous. Comme si nous avions toujours su

« … Ainsi tôt le matin, nous remontons tranquillement, au pas de la vieillesse, le nord de la rue Principale. Nous fourchons vers la rivière et nous allons rêvasser sur le bord du rapide, là où naguère, prenait place le moulin à farine. Mais de tout cela, ne reste plus qu’un bout de bloc de ciment…

Je profite de l’heure du dîner pour visiter Papa Fitzsou, toujours aussi heureux et insouciant (lui aussi), dans sa petite vie de « retraité-dans-l’oubli ». Il affiche son sourire de reconnaissance de voir ainsi rompue, cette solitude qu’il ignore…

La journée ne serait pas complète sans une autre marche pour espérer faire perdre un peu de poids à Gros Vieux Méo. Chaque fois nous changeons de direction, explorant ici une ruelle et là, l’ancien sentier de Premier Amour… 

… Pas à pas, jour après jour, Méo et Moi, nous réapproprions des  bouts de notre vie passée…»

"Gros Vieux Méo", Amos, octobre 2014

dimanche 5 octobre 2014

Changer de livre (et non seulement tourner la page)



L’expression ne venait pas de moi. J’avais lu ça quelque part sur FB. J’avais aimé. Parce que dans le moment présent, c’était plus que vrai en ce qui me concernait.
 
Je me retrouvais, à quelques pages près, à la fin du dernier chapitre d’un livre débuté en 2009, après que j’eusse tourné la dernière page de celui commencé en 1984… 

Ça en fait des mèches de temps ça!

Je faisais face à une autre période de ma vie, où je dénudais mes alentours afin de laisser place au renouveau. Comme si à faire le tri, regarder chaque souvenir avec les yeux d’un adieu, pouvait me faire avancer plus facilement vers l’inconnu. Une fois de plus, je faisais l’exercice. Une fois de plus, je me dirigeais vers une séparation

Les jours s’écoulaient à une vitesse folle. Je ne trouvais plus le temps d’écrire, à peine le temps de réfléchir. Je n’étais pas angoissée, juste un peu effrayée face à tous ces évènements à venir dont je ne contrôlerais que dalle. Je devrais vivre et laisser vivre. 

Me laisser vivre…

J’écris en paraboles, parce que je ne suis pas prête à coucher, noir sur blanc, la fin de l’énigme. Mais ça ne saurait tarder… Promis…

En attendant, du haut du Moyen-Nord Québécois, je vous envoie idée de paysage qui s’offre de plus en plus et même déjà presque plus, à nous. Les jaunes perdent tranquillement leur éclat, signe qu’ils s’en vont, eux aussi, tranquillement vers une autre vie.

Voilà pour les nouvelles en ce dimanche matin, où la température devrait en mettre plein la vue en battant des records dans cette région dénudée d’arbres, mais tellement, tellement remplie d’amitiés…
"Jaunures", Kuujjuaq, septembre 2014