dimanche 13 avril 2014

Nouvelles fraîches…



Je vous rassure : je suis toujours en vie, toujours dans cette belle région de froidure et d’aquilon qui tient bon, et qui me fait, de ce temps, claquer les dents…
 
J’ai voyagé la dernière semaine, fait un saut de gazelle (entraînement oblige) à Puvirnituq où j’ai travaillé d’arrache-pied dans cette partie de mon métier que j’aime tant… Ma Collègue et Partenaire Inuk de l’Hudson, m’a partagée sa passion, contaminée de ses besoins, lesquels j’essaierai de répondre dans un avenir plus ou moins rapproché…

Je me fais silence sur ce blogue. Je me sens un peu coupable envers les assidus. Vous m’en voyez désolée. Je souhaite que ce ne soit que période passagère et que je retrouverai mon élan avec l’arrivée du doux temps. 

Tous les muscles et articulations de mon corps n’en peuvent plus de ce vent glacial, pénétrant sans gêne ni retenue, chaque pore de ma peau. Je rêve de chaleur, de plages à perte de vue… Ce que je ne risque pas de retrouver à mon prochain congé

Abitibiens de souche et de laine, sachez que je m’aéroporterai dans la région pour les prochaines vacances. Soyez préparés à l’arrivée d’une Fitzsou exaltée, en manque de la vie culturelle et amicale du Sud. Ainsi, j’ai déjà noté à mon agenda (tenez-vous bien!) : une arrivée toute en amitié à Rouyn-Noranda; un rendez-vous avec le dentiste et un, bien différent, avec ma Capillicultrice Préférée (ça risque d’être surprenant!!); une journée d’amitié et de magasinage à Vald’Or, un après-midi à « péter de la broue » avec mon Chum G, une autre virée à Rouyn avec ma Bonne Amie G, un souper et une soirée cinéma avec Tweety, sûrement un café avec Tendre So, un spectacle de Fred Pellerin à Vald'Or accompagné de... point d’interrogation, pour terminer en échappée dans les Laurentides, où m’attendront une Bonne Fée et un Courtier Immobilier…

Je crois n’avoir rien oublié! Le tout sera enrobé de l’amour d’une Mom-Belle-Mom-Fille-Sœur-Tante au cœur tendre… 

Et quand enfin, j’aurai revu tout mon monde, je serai fin prête à retrouver mon Nord de froidure et d’aquilon…

"L'art de laisser sa trace", Kuujjuaq, avril 2014

samedi 5 avril 2014

Vols d’oiseaux



J’avais tourné mon regard éperdu vers l’escarpement rocheux, celui me cachant des horizons lointains, quand tout à coup je les aperçus, virevoltants avec exubérance, planants avec insolence...
 
Huit gros oiseaux noirs corbeaux, corneilles dansantes, jouant, se moquant de mon regard énamouré…

Y voyez-vous signe de printemps?...

J’ai voulu suivre leurs vols, prendre mon envol et me mettre à planer moi aussi, par-delà les collines de pierres, retenir mon souffle pour ne pas troubler les glaces de la Koksoak, en revenir et plonger tête première dans la faille creusée de l’avenir…

À les regarder, libres et volages, j’aurais voulu la moitié de leur détermination. Celle qui m’aurait poussée hors de mon antre, pour aller affronter ce week-end qui tardait à devenir réalité dans ma tête emplumée de rêves inapaisés…

Je traînais… Tout s’étendait, se dardait, se taraudait…

Ils disparurent à la vitesse où ils étaient apparus. Quittèrent sans demander quittance ni pitance, je restai seule à la fenêtre, le regard perdu, sans d’autres endroits où me poser, que sur le sol, effondrée…

Trêve de hâblerie, à coups de pieds, suis… PAS SORTIE!!!… Plutôt que d’aller pédaler, jogger, haleter, ramer… j’ai cuisiné des petits gâteaux vanillés, glacés de sucre à la crème!

Au diable le Carême!...

Un petit mal de coeur plus tard, bien calée dans ma matière grise, je repris où je l’avais laissée, lecture de mon J.K. Rowling… 

Quant à « procrastiner» mon samedi

« Ingénu signe de printemps », Kuujjuaq, avril 2014


jeudi 3 avril 2014

Hurlements




Le jour tirait à sa fin. L’air avait étendu un voile de douceur sur les rochers des Nunavimiuts s’amalgamant ainsi avec l’état d’apesanteur dans lequel je me trouvais après avoir yogaté avec quelques Collègues au bureau.



Au loin, un cabot se fendait l’âme, hurlant son envie d’être en amour, son envie de faire l’amour. Mais seul l’écho de ses lamentations lui répondait. Ses cris remplissaient l’espace d’un lugubre tangible et rendait son chagrin touchable. Du coup, il chargeait l’atmosphère de peurs et d’attentes et mettait la touche finale au décor pittoresque du Nunavik.

Intense…

Plus tard, à l’heure où le tout Kuujjuaq eut sorti son pyjama, mon attention fut soudain attirée vers la fenêtre. Comme un kaléidoscope, elle se faufila entre les lamelles verticales pour se poser doucement sur ce quart de point brillant...

Quand je vis, je compris...
 
... Le cabot tentait sûrement de suspendre au quartier de lune s’éclatant dans la nuit, ses concupiscences inassouvies...

« Mille et une… envies », Val-David, juillet 2013