mardi 16 septembre 2014

Dans pas long…



Se rendre au bureau de poste de chez-moi prend environ 10 minutes. D’un bon pas. C’était vendredi et je n’avais pas mis le nez dehors de toute la journée. J’avais décidé que j’en ferais ma marche du jour.
 
Sur l’une des cartes postales se trouvant dans le sac à dos de Caramel, j’avais tracé quelques lignes informant les Élèves de la Classe de Lise du présent voyage de leur ambassadeur. Et comme il insistait pour m’accompagner, il prit donc gentiment place dans???… 

… Eh oui! Le petit-sac-rouge-aux-cordelettes-noires!

Il ventait en fou et nous avancions avec peine. Sur place, et après avoir essuyé un refus de collaborer de la part de Mme La Maître de Poste, on changea notre plan stratégique et nous nous dirigeâmes vers la grosse boîte aux lettres rouge. C’était la seule alternative qui nous restait. 

Anyway!

Avec difficultés, Caramel se hissa au sommet, comme tout bon Toutou un tant soit peu motivé, et après moult efforts, réussit à glisser la carte postale lui-même dans la gueule géante grande ouverte. 

Sans tomber dedans.

Réussite totale!

D’ici quelques jours, les Élèves de la Classe de Lise, devraient la recevoir.

Dans pas long quoi!...
"Caramel à la poste", Kuujjuaq, septembre 2014

lundi 15 septembre 2014

La gloire d'un Toutou ou… la gloire du pilote?...




La semaine suivait tranquillement son cours. Caramel s’adaptait bien à la vie nordique. Après s’être présenté pendant deux jours au travail, il profitait maintenant de ses matinées pour dormir, lire et bricoler. Chanceux va!
 
Jeudi matin, alors que j’avais emprunté le chemin le plus long pour me rendre au bureau, une camionnette un brin bourgogne, s’arrêta devant moi. Le conducteur, dont j’avais fait la connaissance dans le mini village d’Aupaluk en février dernier, et que j’avais croisé à quelques reprises depuis, s’arrêta à ma hauteur. « Il y a une activité à l’aérogare ce soir. Je crois que tu aimerais. » me dit-il dans un élan. 

Dès que je sus de quoi il en retournait, j’acceptai son offre avec empressement. Un pilote de grande renommé y ferait une présentation, celle de l’épopée du vol 236 d’Air Transat…

Comment refuser?...

18 :45- J’étais fin prête et j’attendais impatiemment dans le petit vestibule. Sur un coup de tête, je ramassai Caramel et le glisser dans le même petit-sac-rouge-aux-cordelettes-noires. Tout d’un coup?... 

J’avais le cerveau en ébullition…

Sur place, il n’en fut pas long pour que je me retrouve à discutailler avec l’Homme de la soirée, le Commandant Robert Piché, au sujet d’une photo d’avion apparaissant dans la première édition du livre de Pierre Cayouette. En fait, je m’intéressais à ce qui était écrit sur l’appareil. Il défit en deux temps trois mouvements, ma croyance qu’il avait peut-être déjà habité St-Mathieu… Nenon! L’avion, il l’avait loué à Montréal de on-sait-qui, et ne connaissait ni d’Ève ni d’Adam, St-Mathieu et encore moins le lac Figuery…

Déception

J’écoutai avec attention et grand intérêt la présentation des faits du fameux vol Toronto-Lisbonne de la nuit du 23 au 24 août 2001. Il les rendit captivants et divertissants par ces nombreuses touches d’humour. Bref, j’ai adoré!

À la toute fin, après que les derniers quêteux de photographies et de dédicaces de livre furent passés (!), j’avançai à mon tour pour… lui quêter une photographie (!). Entre mes mains, je serrais le Beau Caramel. Il écouta mon introduction avec un large sourire et accepta de bon cœur de se prêter au jeu.

Décidément, Caramel remporte un franc succès auprès des pilotes. Devrais-je lui demander conseil???...

Juste avant de quitter la salle et vraiment à brûle-pourpoint, je lui demandai s’il avait déjà entendu parler du « sky hook », ce supposé porte-bonheur accrochant tout appareil volant au ciel. « Non, mais j’ai entendu parler de la gloire du pilote  par exemple » me répondit-il.

« La gloire du pilote? Qu’est-ce que c’est? »…


Ben là! Vous attendiez-vous à ce que je me souvienne de l’explication qu’il me livra en cette fin de soirée? Je me rappelle (et mes recherches ont aussi grandement aidées!), que c’est un truc-phénomène-d’optique où on aperçoit l’ombre de l’avion sur fond de nuage, auréolé d’un arc-en-ciel circulaire. Apparemment il faut avoir toutes les conditions météorologiques réunies pour avoir la chance d’en voir une. 

Et bien croyez-le ou non, au même instant, un homme à mes côtés s’écria : « Hey! On en a justement vu une cet après-midi en revenant de Tasiujaq. »

Non mais… quelle veine!



dimanche 14 septembre 2014

Caramel chez les Inuits



La sonnerie du cellulaire s’était faite entendre bien tôt ce matin-là. En effet le vol devait quitter Montréal à 8 :00 au lieu du 10 :00 habituel. Chasse obligeait…
 
Pour ne pas prendre de risque inutile, j’avais aussi demandé le réveil de l’hôtel. Il ne fallait pas que Caramel manque cette envolée initiatique vers le Moyen-Nord Québécois. 

La température étant clémente, nous pûmes observer les Laurentides d’en-haut, puis le Lac St-Jean pour finir par nous perdre quelque part entre le Nord et le Nord. Les nuages obstruèrent notre vue du sol et nous laissèrent flotter dans ce monde imaginaire de volutes paradisiaques.

Une fois revenus sur terre, je n’osai sortir Caramel de sa cachette directement à l’aérogare. J’attendis d’être seule avec lui au Newviq’vii, l’épicerie du coin, pour l’asseoir confortablement entre les poivrons et les carottes. Sur le chemin du retour, je pensai qu’une photo au beau milieu du raccourci serait aussi une bonne idée. Ainsi, la Nuvuuk Bay Street, se déroulerait derrière lui sans façon et du coup, laisserait voir, et la Koksoak dans une mince partie de sa splendeur, et la maison où il habiterait pour les prochaines semaines.

Le lendemain de son arrivée, Caramel sauta dans le petit sac rouge aux cordelettes noires pour se rendre au bureau. Bien que situé à deux pas de là, on fit exprès d’allonger la marche, histoire de bien s’oxygéner et de prendre conscience de la zénitude de ce trajet matinal.

Toute la journée, Caramel veilla sur les écrits se déroulant sur le minuscule portable. En après-midi il offrit gentiment son aide pour monter les pochettes du programme « Drop the Pop »*. Ceci fait, nous reprîmes la route vers la maison.

En secret, Caramel espérait bien vivre quelques autres moments insolites et précieux. 

Mais ça, seul l’avenir le lui apporterait sur un plateau d’argent…

* programme faisant la promotion des saines habitudes de vie en incitant les jeunes Nunavimmiut pendant une semaine, à laisser de côté les boissons sucrées et à les remplacer par des breuvages santé







samedi 13 septembre 2014

Caramel, Toutou Voyageur



Je venais tout juste d’entrer dans l’aérogare de Vald’Or. Je me sentais un peu pressée de faire mon enregistrement que je n’avais pas réussi à faire en ligne malgré plusieurs tentatives « presque » désespérées. 

Quand je pense qu’il n’y a pas si longtemps, je ne savais même pas que je pouvais le faire à l’avance! À distance…
 
Alors que je fourrageais dans mon sac à dos rempli à craquer, j’entendis une petite voix dire mon nom. Me retournant, j’aperçus mon Énergique Filleule s’avançant vers moi et à peine plus loin derrière, venait mon Tendre Neveu. Toute excitée, mon ÉF commença à m’expliquer la raison de leur présence imprévue (décidément…). Souriant, j’exigeai un peu de temps pour finaliser les procédures de mon vol et j’allai aussitôt les rejoindre à la petite table où ils prenaient place avec ma Jeune Sœur Chérie.

« Comme on ne peut pas aller à Kuujjuaq avec toi, on va envoyer Caramel. » me dit ÉF.

« Caramellll???? » répétais-je interloquée.

« C’est un projet dans notre classe. Caramel est un toutou voyageur. Dans son sac à dos, il y a des cartes postales, dessinées par chacun des élèves de ma classe. Tu n’aurais qu’à en poster une lorsque tu seras rendue à Kuujjuaq et tu peux prendre des photos aussi.» m’expliqua-t-elle. « Est-ce que tu acceptes? »

« Bien sûr que j’accepte. » lui répondis-je spontanément.

Et me voilà, en moins de temps qu’il n’en faut pour dire « Caramel », nantie d’un toutou qui, lorsqu’on lui presse le bedon, s’empresse d’émettre quelques jappements enroués.

Comme nous avions quelques minutes devant nous, j’offris à mon ÉF de prendre une ou deux photos à l’intérieur de l’aérogare. Deux gentils pilotes de Propair, assis bien sagement non loin de nous, acceptèrent de servir de « modèles » et embarquèrent tout sourire dans le jeu. 

C’est ainsi que je passai la sécurité avec Caramel. Il demeura tranquille tout le long du vol qui nous déposa à Montréal. Après avoir traversé le grand terminal, on arriva à l’hôtel Marriott où on se reposa pour une courte nuit.

Le lendemain, Montréal-Kuujjuaq devait être un vol tout aussi agréable. 

Mais ça, c’est une autre histoire…

"Lancement de projet", septembre 2014
"Et pourquoi pas avec un pilote?", septembre 2014







"Caramel et Jazz Air", septembre 2014
"La belle vie", septembre 2014